1. Le Charmant Saint-Ouen
    © David Duchon-Doris
  2. Le Charmant Saint-Ouen
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  3. Le Charmant Saint-Ouen
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  4. Le Charmant Saint-Ouen
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  5. Le Charmant Saint-Ouen
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  6. Le Charmant Saint-Ouen
    © Le Charmant Saint-Ouen
  7. Le Charmant Saint-Ouen
    © David Duchon-Doris

Critique

Le Charmant

5 sur 5 étoiles
Avec son jardin de 400 m² et sa cuisine bourgeoise, Le Charmant s’impose comme une adresse singulière à Saint-Ouen.
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Marine Delcambre
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Time Out dit

À l’arrière de la bâtisse de 1885, protégée par un portail en fer forgé, s’étend un jardin de 400 m², comme une improbable respiration au cœur de Saint-Ouen. Voilà l’atout majeur du Charmant, boutique-hôtel ouvert en 2024 à deux pas des Puces, dans ce qui fut longtemps une maison de campagne familiale. On raconte qu’elle dominait alors les champs d’asperges et les vignes. Aujourd’hui, on profite de ce bout de terrain pour déjeuner au soleil ou prendre un verre à l’ombre des arbres, avec pour voisinage immédiat une tour d’habitation et, en arrière-fond, le périphérique à peine perceptible. 

Arrachée aux convoitises des promoteurs par Anne Oury et Selim Mouhoubi, la maison a conservé son allure bourgeoise et ses ornements d’autrefois. Les chambres s’y déclinent en divers registres : « Évasion », avec ses moulures et ses cheminées de marbre ; « Tradition », aux lignes plus classiques ; « Grange », dont les vastes volumes s’ouvrent sur le jardin ; enfin « Duo » et « Solo », logées dans les anciennes écuries, rehaussées de couleurs vives. On y dort tranquille : lit confortable, quiétude préservée, et ce charme ancien qui subsiste malgré les aménagements contemporains.

Le mobilier a été confié à un menuisier de la région ou chiné puis restauré avec l’aide de Sapide Design et de la brocanteuse Fauvette. Pupitre d’écolier, radio vintage et vaisselle dépareillée donnent l’impression qu’un oncle collectionneur vient juste de quitter la pièce. Et parmi les objets anciens, quelques reliques familiales — portraits, souvenirs, bibelots — disséminées ici et là (les anciens propriétaires ont tout laissé en quittant la demeure). Aux murs, des fresques signées par l’artiste parisienne Olivia De Bona ponctuent la visite de touches contemporaines, tandis que l’identité visuelle, dessinée par le studio local La Main Gauche, affirme l’ancrage audonien du projet. Même les produits de salle de bain suivent cette logique : cosmétiques naturels de BYCA, petite entreprise familiale normande engagée dans l’écoresponsabilité. 

Côté table, le chef Jeffrey Quetin exhume de vénérables carnets de recettes retrouvés dans la demeure. Quasi de veau rôti, jus de citron et olives taggiasche, écrasé de pommes de terre ; entrecôte, pommes grenailles et jus au thym... Une cuisine bourgeoise à la française, servie comme à l'époque, parfois en plats à partager entre convives. L’on s’attable dans des salles aux plafonds peints, où les moulures subsistent fièrement. Quant au bar, établi dans l’ancien bureau familial, on y lève son verre de bière brassée à Saint-Ouen, de vin choisi chez D’or et de Vins, le caviste du voisinage, ou d’un cocktail sec. Car, oui, le Charmant fait la part belle aux circuits courts et aux artisans locaux dans toutes ses démarches. Bon point : la beauté d’un lieu ne se jauge pas seulement à ses moulures ou à son jardin, mais aussi à ses engagements.

Infos

Adresse
53 Rue du Landy
Saint-Ouen-sur-Seine
93400
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