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La Réserve et son Grand 8 : le QG culturel de l’été se trouve à Malakoff

Grand 8 Réserve Malakoff
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© C.Gaillard
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© C.Gaillard'Une maison pleine de nous tous' de Mart Aire
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© C.Gaillard'L'identité d'une Blonde' de Iza Zaro
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© C.Gaillard'La forêt chamanique' de Mademoiselle Maurice où se cache le tigre de Mosko
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© C.Gaillard'La maison oubliée' de Swar
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© C.Gaillard'Le Nosbestomac' de Nosbé
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© C.Gaillard'La Divine Comédie' de JBC et ses géantes effigies des vices et péché capitaux.
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© C.Gaillard'CyKlop toi-même' de Le CyKlop
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© C.Gaillard'Imaginarium Tremens' d'ANTI
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© C.Gaillard'Histoire de cube' de Photograffée
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© C.GaillardQuelques oeuvres de Mademoiselle Maurice dans la 'Galerie'
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© C.GaillardLa 'Galerie'
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© C.Gaillard'Cent Titres' de Philippe Hérard
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© C.Gaillard

Durant tout l’été et une bonne partie de l’automne, La Réserve de Malakoff vous réserve une bien belle surprise : un parc d’attractions du street art.

Si vous cherchez l’originalité, sachez que vous la trouverez au bout de la ligne 13, aux abords du 7 rue Paul Bert à Malakoff (92). Ici, La Réserve s’est posée avec la délicatesse d’un coléoptère chamarré, sans faire de bruit. Tel un papillon éphémère, elle vous transporte sur ses ailes d’oeuvres incroyables en univers curieux. Et prouve – comme le Salon de Montrouge ou la Ferme du Buisson à Noisiel avant elle – que Paris intra-muros a de la concurrence en matière de concepts artistiques innovants.

Idée lumineuse et artistes brillants

Avant d’entreprendre ce voyage merveilleux aux confins de l’imagination, rappelons quand même la genèse du projet. Tout commence il y a environ un an, lorsque Jean-Marc Vibert, chef d’entreprise et passionné d’art, propose de convertir son entrepôt de stockage voué à la démolition en un espace de création insolite. Anis, graffeur dont l’atelier se situe à proximité du bâtiment, et Hanna, avocate de métier, se chargent alors de donner vie à cette bonne intention.

 

Le Grand 8 : 50 artistes, 30 installations, 1418 bombes de peintures vidées, 140 kilos de merguez trop cuites, 35 286 "On ne sera jamais dans les temps !" et une dose de talent infinie.
© C.Gaillard

 

 

 

 

 

Le tandem se met d’abord à démarcher ses amis puis, en cours de route, est rejoint par d’autres artistes séduits par l’idée. Finalement, ils sont une cinquantaine de talents à répondre présents, tous animés d’un enthousiasme fou et d’une belle énergie. « Il y avait un côté colo, ils venaient tôt le matin et restaient jusque tard le soir pour travailler. Il régnait une magnifique ambiance de partage artistique et humain », nous décrit Hanna.

Douze mois de préparation (dont trois mois de création in situ) et trente installations plus tard, nous sommes en juin 2016 et La Réserve ouvre son lourd portail – redécoré par les soins de ses nouveaux occupants – au public. En vue d’offrir aux amateurs d’art comme aux néophytes, aux jeunes comme aux moins jeunes, un tour de manège dans une exposition d’un genre inédit : Le Grand 8.

 

A la découverte de nouveaux mondes

Déjà, de l’extérieur, une effusion de couleurs vient frapper nos photorécepteurs. Du félin jaune de M. Chat aux Hommes blancs de Jérôme Mesnager, des origamis de Mademoiselle Maurice au crâne d’ébène d’ANTI déjà croisé lors de Street Art Tour, c’est comme une mosaïque de l’imagination. Un manège dans lequel on se laisse emporter avec plaisir et émerveillement.

 

© C.Gaillard

 

 

 

 

 

Mais les montagnes russes émotionnelles atteignent véritablement leur sommet à l’intérieur du hangar. Pris dans les deux tourbillons du Grand 8 – l’organisation du parcours, imaginée par Alexandre De Laporte qui est aussi à l’origine la scénographie de l’Albatros de Montreuil, reprend la forme du chiffre 8 –, on a la tête qui tourne et le souffle coupé. Jamais l’art ne nous a procuré de sensations aussi fortes (et aussi diverses).

Sous les mobiles galactiques du collectif 9e Concept, on se sent tout petit tandis qu’on navigue dans le ‘Nosbestomac’ organique de Nosbé. On s’amuse à dissimuler son visage derrière les globes oculaires de CyKlop et on médite dans l’antre énigmatique de Mosko. On se pose la pertinente question du déracinement migratoire devant les ‘Tribulations’ du duo Evazésir de même qu’on demeure abasourdis devant la ‘Divine Comédie’ de JBC – dont c’est la première installation immersive.

 

 

'Tribulations' du duo Evazésir
© C.Gaillard

 

Car là réside toute l’originalité du Grand 8 : la majorité des œuvres qui y sont exposées ne sont pas de plates toiles ou des collages sans relief mais des mondes en trois dimensions dans lesquels le visiteur peut s’aventurer, se perdre, voire effleurer du bout des doigts la surface (même si l’ouverture est récente, la peinture a eu le temps de sécher, rassurez-vous). Il en va ainsi de la case totémique, un brin art brut, de Seize Happywallmaker, de la forêt enchantée imaginée par Vinie et Réaone ou encore de la ‘Maison oubliée’ de Swar, qui pousse le réalisme jusqu’à reproduire l’odeur de renfermé.

 

'Natural Vibration' de Vinie et Réaone
© C.Gaillard

 

Des univers très différents qui ne s’opposent pas mais au contraire se conjuguent. Certains artistes associent même leur style et leurs médiums pour dévoiler toute la pluralité technique de l’art urbain. Bref, La Réserve déborde de virtuosité et de petits ornements à dénicher mais n’a rien d’un fourbi pour autant. Tout y est pensé, réfléchi, construit. Pour preuve, Le Grand 8 s’avère fidèle à la philosophie fondamentale du street art : la récup’.

Avec peu de moyens mais beaucoup de soutiens – de la ville de Malakoff et d’Olivier Ginet, qui a fourni la peinture par le biais de sa société AkzoNobel, notamment –, La Réserve a pleinement appliqué le principe de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » La sculpture géométrique qui nous accueille à l’entrée est ainsi ouvragée dans des chutes de bois de la Cop 21. Une touche éco-responsable qui achève de faire du Grand 8 l’expo du moment, tout simplement notre coup de cœur estival.

 

 

'Il sera une fois...' des Frères Coulures
© C.Gaillard

 

 

 

Pari gagné

En plus d’accueillir en résidence des artistes sensationnels, La Réserve et son Grand 8 se veulent aussi un point de rencontre et de partage formidable. « L’objectif était d’en faire un lieu à la berlinoise », nous confie Hanna. Tout comme en faire un endroit accessible puisque l’entrée coûte seulement 3 € (et est gratuite pour les Malakoffiots) ! 

Un peu guinguette, un peu friche et un peu aire de jeux, La Réserve permet donc de boire un verre en terrasse, assis sur un fauteuil en cuir ou un pouf en pneus customisé par CyKlop, tout en regardant les enfants jouer au baby-foot. Et si l’envie de titiller le cochonnet vous démange, il y a aussi un terrain de pétanque aménagé dans la cour. Une seule règle à respecter : prendre son temps et savourer l’instant présent.

© C.Gaillard

 

 

 

Quoi ? Le Grand 8, parc d'attractions du street art

Où ? A La Réserve de Malakoff, 7 rue Paul Bert, métro Gare de Vanves-Malakoff (ligne 13)

Quand ? Jusqu'au 30 octobre 2016. Le mardi de 14h à 18h, du mercredi au dimanche de 14h à 20h

Combien ? 3 € (tarif unique) et entrée gratuite pour les Malakoffiots

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Commentaires

5 comments
Philippe T

Ce fut L’ÉVÉNEMENT de l"art urbain en France en 2016. Ce fut beau, ce fut grand et c'est malheureusement terminé. Les soirées de clôture furent belles et conviviales à l'image de ce que fut cet endroit magique et magnifique pendant quelques mois. 

Communicare

Fantastique lieu en banlieue ! Ca fait plaisir !

Emmanuel Chirache

Une bonne occasion de sortir de Paris et de découvrir autre chose ! L'endroit a l'air incroyable et super accueillant.

Elsa Pereira

Merci pour cette découverte, ça a l'air mortel comme endroit. Heureusement que ça dure jusqu'a fin octobre, je vais peut-être pas le rater cette fois-ci !