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Pia Van Peteghem, une céramiste argile de ses mains

Pia Van Peteghem
© EP

La céramique est un art délicat et capricieux. Céramiste, un métier exigeant. « Très loin de l’image que l’on a de la poterie dans 'Ghost', mais tout de même très sensuel », sourit Pia. En cette belle matinée d’hiver, Pia Van Peteghem, céramiste de talent, nous reçoit dans son atelier au Kremlin Bicêtre. Un petit coin bordé de verdure, une sorte de Silicon Valley de la création artistique. Un bel espace baigné de lumière dans lequel elle modèle la terre et réalise ses pièces. Sucrier en forme de sein (Mademoiselle M), pichet moucheté (collection Ink) pour les utilitaires et polyèdres en porcelaine pour les sculptures : les réalisations de Pia racontent de nombreuses histoires, et notamment la sienne.

 

Mademoiselle M, Pia Van Peteghem

 

 

Une histoire d’amour qui dure depuis toujours.

« La céramique a toujours été là, depuis que je suis toute petite. A l’école primaire, les mercredis après-midi, j’avais un atelier céramique. Et j’ai aussi beaucoup observé ma grand-mère qui faisait beaucoup de céramique. »

Après une formation en histoire de l’art et en céramique à l’école nationale supérieure des arts visuels à Bruxelles, Pia intègre à Paris la formation Art et Technique Céramique où elle rencontre Grégoire Scalabre avec qui elle fonde cet atelier à la périphérie parisienne. Soixante-dix mètres carrés dépliés en mezzanine et entièrement dédiés à la céramique : bacs à terre, fours, tours de potier, cabine d’émaillage et placards de séchage pour que chacun travaille la matière à son rythme.

Et pour Pia, c’est quasiment du sept jours sur sept. D’autant qu’elle prend du temps pour modeler chacune de ses pièces à la main. Un travail méthodique soumis aux aléas de la cuisson, à la délicatesse de l’émaillage... « La porcelaine a une mémoire de forme très importante, si tu fais la moindre déformation au tournage, si tu essayes de bidouiller et de la camoufler, tu es sûre qu’à la cuisson, ça va ressortir. De la même manière, si la terre n’est pas bien fermée, si elle n’est pas montée à son maximum de température, ça peut se tacher. C’est toujours une émotion de dingue quand tu ouvres ton four, tu as l’impression d’être le premier homme. C’est comme à Noël, sauf que comme à Noël, tu as parfois des cadeaux que tu attendais et d’autres moins. »

D’après Pia, la céramique apprend l’humilité. « Elle a vraiment son rythme, ses principes, il faut les respecter, les apprendre, ça sert à rien d’aller contre. »

 

Mo, Pia Van Peteghem

 

 

 

Les Polyèdres de Pia

 

 

Utilitaires, mais pas que…

Ces pichets, bols et assiettes se vendent (presque) comme des petits pains lors de ventes de créateurs (Hôtel Bohême, Boutique éphémère) et dans de très chouettes boutiques parisiennes (Klin d’œil, Les Pétroleuses) pas seulement parce qu’ils sont archi beaux mais parce qu’ils racontent des histoires.  « Les vases soliflores, je les ai appelés Mo parce qu’ils sont inspirés de l’univers du peintre Giorgio Morandi qui a fait beaucoup de natures mortes avec des bouteilles. Je me suis aussi beaucoup inspirée des paysages industriels, des cheminées, des ustensiles de brocante… Pour les assiettes Verso par exemple, j’ai voulu utiliser les contraintes de la porcelaine. J’ai tourné une assiette et pendant la cuisson à cause de la déformation de la matière avec le poids, l’assiette se creuse naturellement. »

Avec l’assiette Verso, Pia revisite l’assiette de grand-mère qu’on épingle au mur et que l’on décroche à l’heure du souper. Quant aux sucriers Mademoiselle M, c’est un clin d'œil de la céramiste au bol sein de la Manufacture Nationale de Sèvres, qui aurait été moulé sur le sein de Marie-Antoinette.

 

Un jour un bol, Pia Van Peteghem

 

 

Rien d’étonnant donc à ce que son style et son savoir-faire aient tapé dans l’œil du Bon Marché qui pour son expo sur Paris lui a commandé à l’époque des centaines de pièces. Aujourd’hui, Pia a mille projets en tête : continuer sa collection d’objets utilitaires pour nourrir les boutiques, renouer avec la sculpture et les pièces uniques et poursuivre son projet 365, un espace de recherche au long cours « un jour un bol ». Sur Instagram, elle publie chaque jour les photos de ses créations en porcelaine. Un travail de création, d’imagination et de savoir-faire qui force assurément le respect.  

 

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