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Musée du Louvre • Une odalisque

Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814

© Erich Lessing, musée du Louvre
Jean-Auguste-Dominique Ingres, 'Une odalisque', 1814

Parfois, en art, la subversion ne tient pas à grand-chose. Trois petites vertèbres peuvent suffire à remettre en cause l'histoire et les conventions. Trois vertèbres qu'Ingres ajoute au dos de sa demoiselle de harem, dans un mépris total de l'anatomie et de l'enseignement de son maître, Jacques-Louis David. Trois vertèbres comme un manifeste : n'en déplaise aux critiques et aux gardiens du temple qui le dénoncent alors violemment, Ingres montre ici à quel point l'art n'est pas soumis à un quelconque réalisme, le peintre pouvant parfois sacrifier la vraisemblance au profit de la beauté.

Pourquoi l'odalisque (qui, en turc, signifie « la femme du harem ») est-elle si belle ? Parce qu'elle n'existe pas. A une peinture fidèle à son modèle, le plus célèbre des violonistes préfère, pour répondre à une commande de la reine de Naples, basculer dans un onirisme ouaté. Dans un Orient fantasmé, il reprend le motif du nu de dos (notamment éprouvé par Vélazquez dans la 'Vénus à son miroir'). Le contraste entre la chair lumineuse et l'ombre de l'arrière-plan souligne les courbes soyeuses du corps féminin, tandis que l'extraordinaire réalisme des tissus ou des plumes de paon met en valeur cette beauté à la pose inconfortable, dont l'irréelle sensualité trône aujourd'hui sur le Louvre.


• A découvrir également au Louvre :


'Les Trois Grâces' de Lucas Cranach

'Tête d'idole aux bras croisés' (Grèce antique)

  'Le Radeau de la Méduse' de Théodore Géricault

'Sainte Anne' de Léonard de Vinci

  'Le Scribe accroupi' (Egypte antique)

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