Chaud devant : ULTRA SUAVE fête ses trois ans ! Lancée et incarnée par la DJ parisienne Rebequita, cette soirée a réussi à fédérer une communauté de fidèles ultras, attirés par son ambiance fâchée avec la monotonie et des progs affûtées comme un santoku. Des affiches construites comme des manifestes politiques pour Rebequita, avec l’idée d’hybrider ambiances grand public et sonorités underground – avec un tropisme très appuyé pour les sonorités latino-américaines, elle qui a la binationalité mexicaine. Avant cette soirée anniversaire ce vendredi 11 septembre au Point Ephémère, Rebequita revient sur trois ans d’amour ULTRA SUAVE avec la nuit parisienne.
Qu’avais-tu envie de transmettre avec cette soirée ?
Rebequita : A Paris, et c’est souvent à cause de systèmes-son pas forcément calés en raison des réglementations, je trouve les gens timides, beaucoup à se regarder. J'avais envie de revenir à l'essence de la fête où l’on vient pour se défouler, pour oublier ce qu'il y a en dehors, et créer un moment de poésie entre les artistes et le public. J'essaye d'avoir des artistes qui tentent de casser le quatrième mur entre le DJ booth et le public. Musicalement, j'adore écouter des choses différentes : ça peut être commercial – je suis une grande fan de reggaeton – comme très pointu, avec de nombreux producteurs de musique électronique aventureux. Ce n'est pas être en décalage que de jouer un titre hyper dark et un remix de Bad Bunny.
Tu personnifies beaucoup le collectif, mettant en avant les artistes que tu fais jouer. Pourquoi ?
Au-delà de ma carrière de DJ, c’est quelque chose que j’avais envie de pousser. Je souhaite bien sûr mettre en avant les têtes locales mais j'écoute énormément d'artistes qui viennent d'Amérique latine ou d'Amérique centrale. Et c’est important pour moi de leur donner cet espace à Paris, à une période où il y a, je trouve, une forme d'appropriation de tous ces genres qui sont en train d'exploser. Les artistes que j’invite ont ces mêmes valeurs, beaucoup ont des collectifs et sont nourris de cette envie de créer une vraie communauté. Il y a un esprit politique aussi dans ma volonté de programmer davantage d’artistes femmes et de minorités de genre.
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Qu'est-ce que ça représente de l'organiser au Point Ephémère ? Et que représente cette programmation ?
C'est un lieu très politique et c'était important d’y revenir car il propose des tarifs assez bas par rapport aux clubs parisiens. Ça m’importe que tout le monde puisse acheter un ticket plus ou moins facilement en ce moment. Ensuite, il y a le côté sentimental car c'est là où les soirées ont commencé à prendre et où la communauté ULTRA SUAVE s’est créée et développée. Au niveau de la prog, ce ne sont que des artistes qui ont déjà joué : Andy 4000 était là quand j'ai appris à mixer chez Rinse France pendant les workshops. J'ai invité Mensik, un producteur mexicain qui m’a beaucoup aidée à développer le projet à Mexico et à faire le lien avec la scène électronique locale. Cette soirée est un moment pour célébrer une mémoire commune. On se retrouve comme pour un mariage ou une noce.

