La France rêvée de Lolo Zouaï
© Louis Lepron pour Time Out Paris | Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.
© Louis Lepron pour Time Out Paris

La France rêvée de Lolo Zouaï

Née à Paris mais élevée aux États-Unis, Lolo Zouaï signe avec « Reverie » un album en forme de reconnexion avec ses racines françaises. Pour Time Out, la chanteuse revient sur son amour de la chanson française, sa joie d’écrire et de manger du fromage.

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Entre Lolo Zouaï et la France, c’est d’abord l’histoire d’un déracinement. Née à Paris en 1995, elle n’a pas le temps de visiter : trois mois plus tard, le destin l’envoie éclore aux Etats-Unis. Ses parents remportent une green card à la loterie et s’envolent pour San Francisco, où elle a grandi. Quand on la retrouve mi-mars dans le hall d’entrée des Bains pour discuter de son nouvel album Reverie (sortie le 24 avril), on entend les échos de cette transplantation dans sa façon de mêler français et anglais, qu’elle parle tous deux sans accent.

La France rêvée de Lolo Zouaï
© Louis Lepron pour Time Out Paris. Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.

A 31 ans, c’est désormais une histoire de retrouvailles qu’elle veut écrire à travers un album en forme de lettre d’amour à la musique française. Installée à New York depuis quelques années, une énergie qui convient bien à sa triple identité (son père est algérien), elle aimerait vivre avec un pied à Paris, même si « c’est un peu crazy ». « Je pourrais manger du bon fromage. Aux Etats-Unis, il n'a pas de goût. »

Des références twistées

La culture française, Lolo Zouaï l’a imaginée toute sa jeunesse, à travers des chansons (Françoise Hardy et Amel Bent surtout) et des plats à la maison. C’est cette distance qu’évoque en creux le titre de ce troisième album, Reverie, truffé de symboles de la chanson française, à commencer par Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg, dont elle rappe les paroles de « Harley Davidson » sur les lourdes basses du morceau d’ouverture « 100 ». « J’aime beaucoup la façon dont cette chanson est écrite, elle représente l’indépendance féminine donc ça m’allait bien. C’était cool de reprendre un classique de la chanson française et de le twister avec du hip-hop West Coast. Ce sont deux genres avec lesquels j’ai grandi. »

La France rêvée de Lolo Zouaï
© Louis Lepron pour Time Out Paris. Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.

Et sur « Les Mots », c’est l’esprit d’Edith Piaf qu’elle incarne dans un refrain chanté et mixé comme s’il venait d’outre-tombe. « Sa voix était surnaturelle. J’ai d’abord enregistré la partie vocale puis je l’ai modifiée pour qu’elle semble venue du passé. » Il ne restait plus qu’à poser tout ça sur un instrumental drill et appeler Dinos pour assurer les couplets. 

Les featurings de cet album en disent long sur le poids de Lolo Zouaï dans la scène française. Tout s’est fait en direct, sans passer par les maisons de disques. Disiz lui a envoyé un message sur Instagram en 2019 avant de la rejoindre en studio deux ans après pour enregistrer « Coquelicot » et son beat drum’n’bass. Pareil pour Dinos, qui était dans le public lors de son dernier concert parisien à la Cigale. Quant à Lous and The Yakuza, présente sur l’instru flamenco de « Lemon Squeeze », c’est une « amie ». « On était à Los Angeles ensemble, elle a posé sur la chanson naturellement. C’est comme ça que je préfère travailler. »

Ecrire sans pression

De toute façon, chez elle, quand c’est forcé, ça ne sort pas. Elle a essayé après la mort de sa meilleure amie en 2021 : « Je me forçais à écrire quand je ne me sentais pas bien et ça ne marchait pas. Et j'ai réalisé qu'il fallait simplement travailler sur soi-même. » Tant pis pour le mythe de l’artiste écorché vif. Elle traverse les différentes étapes du deuil, puis se met à la musculation, et au bout d’un an à soulever de la fonte à la salle, son cerveau est recalibré, prêt à reprendre son activité favorite depuis toujours : écrire des chansons. 

La France rêvée de Lolo Zouaï
© Louis Lepron pour Time Out Paris. Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.

Que ce soit pour elle ou pour les autres, ça ne change rien. La chanson composée pour H.E.R. en 2017, « Still Down », a d’ailleurs reçu un Grammy, même si ce n’est pas elle qui a ramené le trophée à la maison. Ces derniers temps, Lolo Zouaï travaille avec de jeunes chanteuses, qu’elle aide à composer leurs premières chansons. « Ça m'apporte beaucoup de joie parce que c'est leur début de carrière, et c'est aussi une façon d'écrire de la musique pop qui n'est pas pour moi. C’est une manière de continuer à faire ce que j'aime, mais sans la pression. »

Si elle explique ne ressentir aucune peur au moment de la sortie de ce nouvel album, contrairement aux précédents, Lolo Zouaï se dit un peu fatiguée de toujours « être en avant ». « Il y a certains côtés de ce métier dont je pourrais me passer. Justement, hier, je me suis demandé pourquoi je me stressais tellement avec cette idée d’être artiste. Et puis je me suis rappelé que personne ne me forçait à faire ça (rire). C’est cool, je me suis enlevé de la pression ! » 

La France rêvée de Lolo Zouaï
© Louis Lepron pour Time Out Paris. Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.

© Photos de Louis Lepron pour Time Out Paris. Séance photo réalisée dans les différents espaces de Les Bains Paris.

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