Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Les concerts immanquables à regarder sur YouTube
Prince
Jeffrey Mayer/Getty Images/ Montage Time Out

Les concerts immanquables à regarder sur YouTube

Hip-hop, rock, musique électronique… Voici la sélection Time Out Paris des concerts à regarder absolument sur YouTube.

Par Rémi Morvan et La Rédaction
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Contempteurs des classements, détendez-vous, ceci n'en est pas un. Adeptes depuis un bon nombre d'années des pérégrinations sans fin dans ce capharnaüm gratuit qu'est YouTube, on a tout particulièrement poncé l'un de ses plus beaux trésors : les captations de concerts.

Une sélection réalisée avec l'idée de sonner les cloches de toutes les chapelles artistiques, pour que tout le monde s'y retrouve, de mettre en avant quelques concerts qui se sont déroulés à Paris, ainsi que des scènes locales ou des périodes artistiques majeures. Le tout donne ce dossier – sans aucun doute amené à évoluer au fil du temps et des découvertes – de 13 concerts à voir gratuitement sur YouTube.

Les concerts à voir absolument

Suprême NTM – Zénith de Paris – 1998

Bon à savoir : les deux plus belles choses qui sont arrivées à la France en 1998 ont un lien avec Saint-Denis. La première, vous l'avez, c'est le doublé de la tête de notre cher Zinédine. La seconde, c'est ce concert des deux étoiles de la ville du Suprême NTM. Fini les MJC, Kool Shen et JoeyStarr labourent pendant deux soirs le Zénith de Paris ; et que ce soit sur la droite, sur la gauche, devant et jusqu'au fond derrière, la fosse ressemble à un pique-nique de Gilets jaunes sur les Champs : chaud bouillant ! Dans la setlist, « pas de play-back et que des vraies chansons » et surtout que des tubes avec du Pass pass le oinj, du Pose ton gun, un peu de Benz et de Paris sous les bombes. Bref, le fameux Seine-Saint-Denis Style.

Le reste du concert est à voir en intégralité ici.

Prince – Le Palace – 1981

On n'est pas là pour lancer des débats, mais Prince était peut-être bien le meilleur d'entre tous en concert. Mais si la recension des classiques scéniques du natif de Minneapolis mériterait à elle seule une thèse de troisième cycle, ce concert capté le 3 juin 1981 touche particulièrement les cœurs nostalgiques des Parisiens de plus de 50 ans. Parce qu'il s'agit de la toute première date à Paris de Prince – encore loin de son statut d'icône – et qu'elle se déroule au Palace, le club le plus hype de l'époque. Un concert coorganisé par Radio Nova qui débute avec plusieurs heures de retard et devant une fosse clairsemée. Pour un résultat en forme de festin de funk, de synthés, de soul ou de solos avec une setlist composée d'une majorité de titres de Dirty Mind, de Prince et du morceau alors inédit Jack U Off. Le Love Symbol finira en slip, de quoi satisfaire, comme annoncé sur le carton d'invitation, « 53 millions de pervers ».

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Beyoncé & Jay-Z – Paris – 2014

Septembre 2014. Après avoir fait le grand tour des US avec le premier volet de leur tournée commune On the Run, Beyoncé et Jay-Z prennent une sous-loc au Stade de France pour leurs deux seules dates européennes. Et en profitent pour filmer le tout. Sur cette pellicule qui a atterri sur YouTube, on retrouve un concert de plus de deux heures et demie, pendant lequel le couple joue à saute-mouton entre plus de 40 titres issus de leurs répertoires respectifs. Il est temps d'enfiler vos chaussons de danse pour votre marathon de tubes.

David Bowie – Live at The Beat Club – 1978

Sélectionner un concert de David Bowie, de surcroît dans les années 1970, c'est faire un choix entre les nombreux avatars artistiques créés par l'Anglais sur la période. Notre Bowie à nous, ce sera celui en exil en Allemagne, jouant quelques morceaux à la télé locale, quelques mois après la sortie de son album Heroes. Ce qu'on lui trouve à ce Bowie, à part cette chemise satinée pelle à tarte jaune bonne à faire pleurer un vendeur de chez Celio, c'est d'abord cette classieuse manière avec laquelle il déballe la came Heroes. Et puis cette façon de retoucher – même sommairement – ses précédents albums à sa sauce allemande. Entendez par là avec quelques synthés et l'ajout à la guitare du funambule futuriste Adrian Belew – vu également avec Frank Zappa, les Talking Heads et King Crimson. Fantastic Voyage.

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Nina Simone – Montreux – 1976

L'excellent documentaire Netflix What happened, Miss Simone ? estime que cette performance de Montreux représente un des creux de sa carrière. Ce n'est pas le cas ! Alors oui, la First Lady de la soul américaine est erratique et criblée de conflits intérieurs. Mais son talent fait de ce concert un classique qui met en scène une femme en train triompher lentement de sa propre vulnérabilité. 

Traduit de l'article de notre confrère Oliver Keens. 

Derrick May et l'Orchestre Lamoureux – Weather Festival – 2015

Le Weather Festival… Tout un monde, toute une époque. Si l'édition 2014 sous les fusées du Bourget a marqué les esprits – ou ce qu'il en restait –, celle de 2015 au bois de Vincennes n'était pas dégueu non plus. Si l'on passe sur la programmation du week-end à l'allure de all star game de la techno/house, le préambule valait également son pesant de cacahuètes. Parce qu'il représentait une prise de risque dont les festivals de musique électronique sont assez peu coutumiers, avec l'icône de Detroit Derrick May qui croisait le fer avec le chef d'orchestre Dzijan Emin, l'Orchestre Lamoureux et le pianiste Francesco Tristano. Cette version symphonique de Strings of Life… Un moment qui restera gravé dans l'histoire du festival.

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Tyler, The Creator – Camp Flog Gnaw – 2019

Vous voyez la formule « concert à domicile » invoquée dès qu'un artiste joue dans sa ville natale ? Tyler, The Creator a été encore plus loin en créant en 2012, avec ses potes d'Odd Future, le Camp Flog Gnaw, son propre festival en Californie. Et si la programmation défie les lois de la décence, le clou du spectacle reste chaque année le concert de Tyler himself, avec mise à jour de la discographie du bonhomme. En 2019, la nouveauté, c'était IGOR. Coiffé d'une perruque blonde, le Californien a présenté ce qui ressemble à l'un des albums essentiels de l'époque avec cette canopée de synthés et claviers, son R&B 8.0 et ce flow toujours aussi sauvage. L'avantage d'être littéralement à domicile ? Le public qui reprend en chœur tous les morceaux, et ça fout sacrément les poils. 

King Gizzard & The Lizard Wizard – Porto – 2017

S'il est clair que l'auteur de ce texte nourrit une véritable obsession pour le groupe, son objectivité le pousse aussi à considérer que les sept Australiens ont redéfini le concept de prestation scénique ces dernières années. Des concerts de King Gizzard, il y en a des dizaines sur YouTube, et le groupe vient même de sortir un docu-concert sur sa dernière tournée européenne. Pourquoi celui-là ? Capté en plein air de nuit en 2017 à Porto, il intervient au milieu d'une année durant laquelle ils ont sorti cinq (!) albums entre expérimentations microtonales, jazz et krautrock. Mais c'est surtout l'ambiance presque bestiale qui fait le tout, avec ce souci technique du début qui prend l'allure d'une allumette craquée au-dessus d'une station-service.

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Beastie Boys – Live in Japan – 1992

Un jour, dans un futur lointain, une personne sera chargée de coller des étiquettes de genres musicaux aux Beastie Boys. A cette personne, on souhaite bien du courage. D'autant plus si elle tombe sur ce concert. Capté au Japon en septembre 1992, quelques mois après la sortie de leur disque Check Your Head, on y voit les New-Yorkais entrechoquer avec une impressionnante maestria leurs flows et cette séminale énergie punk hardcore. L'espace de 45 minutes, on les croit partis en mission, enchaînant les mesures sur les tueries de leur DJ Mix Master Mike (qui n'hésite pas à passer au mic), avant de prendre directement leurs instruments. Bref, ils cassent tout simplement la baraque. It's Time for Livin', n'est-ce pas ?

Justice – AccorHotels Arena – 2017

Justice ? Le produit d'exportation phare de l'industrie musicale française. Mais si le duo formé par Gaspard Augé et Xavier de Rosnay a bien fait exploser son solde de miles lors de la tournée Woman, il faut reconnaître qu'ils ont tout particulièrement soigné leur prestation parisienne. En octobre 2017, Justice a régalé ses paroissiens de Bercy, enchaînant les tubes entre basse trampoline, fresques synthétiques et vocaux entêtants. Le gros plus ? Ces créations visuelles à ne surtout pas montrer à votre pote épileptique… 

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Aphex Twin – Printworks – 2019

En septembre 2019, deux semaines après avoir retourné Rock en Seine, le cerveau le plus innovant et respecté de la musique électronique installait son attrape-rave dans le démesuré club Printworks à Londres. Le résultat final est une leçon de deux heures durant lesquelles Richard D. James enfile les perles acid avec des pépites d'IBM sur fond de créations visuelles, aussi égotiques, fantasmagoriques que délirantes. Soyez bien attentifs aux alentours de la 33e minute, quand AFX révèle son aspect prophétique. 

Red Hot Chilli Peppers – Live at Rockpalast – 1985

Mais que viennent faire ici les Red Hot Chilli Peppers ? Eh bien figurez-vous qu'avant de servir de la soupe, il fut un temps où les Américains régalaient avec des albums à mi-chemin entre Parliament-Funkadelic et les Stooges. Avec ce concert capté en Allemagne à l'été 1985, on tient là l'une des plus belles lignes de leur palmarès scénique de l'époque. L'espace d'une heure, ça rebondit, ça saute, ça se fout à poil et ça assaisonne le public avec un funk punk surcocaïné, featuring un caméo de George Clinton himself et une reprise de Fire de Jimi Hendrix pour clôturer le tout.

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Petit tour de Manchester en 6 concerts

Manchester n'est pas ce qu'on appelle un best-seller touristique. Mais dès que ça cause musique, notamment sur les vingt dernières années du siècle dernier, les Mancuniens se retrouvent vite surbookés. Histoire de ne pas avoir à faire de choix entre ces groupes à parka, les coiffures à plateau et les adeptes du bob, on a préféré lister plusieurs légendes de la scène locale.

On débute par un des premiers concerts de New Order – et pas Joy Division (oui !) – à New York, avant de revenir en ville à l'Haçienda pour mater l'astre noir du punk Mark E. Smith avec The Fall. La suite ? Le premier concert de Morrissey en solo après la fin des Smiths et une date in town des Happy Mondays. Et comment passer à côté des Stone Roses et leur prestation à Blackpool, avec Liam Gallagher dans la salle selon la légende. Forcément, on finit avec Oasis et leur concert à Knebworth en 1996 : un Anglais sur 20 qui essaye de choper un billet (ce qui fait beaucoup de monde) et John Squire, le guitariste des Stone Roses, qui vient claquer son solo sur Champagne Supernova. Fin du voyage, la boucle est bouclée.

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