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Petit traité d'orientation

A l'usage du Parisien en milieu agricole

© Emmanuel Chirache
Ah, le Salon de l'Agriculture ! C'est toujours dépaysant d'aller humer un peu de campagne Porte de Versailles, d'oublier les intermédiaires pour traiter directement avec les producteurs, de faire le plein de bons vins, de fromages, de charcuterie... Mais comme nous vous le rappelions dans notre article de l'année dernière, il n'est pas toujours évident de faire la part des choses entre producteurs et simples revendeurs, plus flous et beaucoup moins intéressants au niveau de la qualité des produits. Il faut savoir qu'une place ici vaut de l'or (environ 7 000 euros) et que tous les exploitants, même aidés ou financés par les régions, ne peuvent pas se permettre pareil investissement. 

Alors pour vous guider dans les méandres de la ripaille, voici un petit traité d'orientation à l'usage du Parisien en milieu agricole : - D'abord, méfiez-vous de l'apparat. En règle générale, trop d'investissement sur le costume cache quelque chose de louche. Evitez donc les total looks (béret basque + foulard + pantalon blanc + pelote à la main). Ce qui est vrai dans la vie l'est aussi au Salon de l'Agriculture.

- Cherchez les confréries gourmandes. En général, les Compagnons du Brie de Meaux savent où manger un brie qui se respecte et où boire le vin qui va avec. En plus, ce qui est pratique, c'est qu'avec leurs jolis costumes, vous ne pouvez pas les louper.

- Jouez au ping-pong, rebondissez d'un stand à l'autre. Demandez à chaque fois à ce que l'on vous dirige vers un autre étal. Ainsi, vous pourrez fanfaronner en arrivant : « Je viens de la part de Michel ». On vous aura directement à la bonne.

- Jetez un œil aux mains des exposants. Bah oui, on ne cultive pas de vignes avec le dos de la cuillère. Travailler la terre, ça use les menottes (oui, beaucoup plus que taper sur un clavier) : « Ah, c'est tellement râpé que ma femme n'a plus de poil au... bref. »

- Ne vous jetez pas sur la nourriture offerte en dégustation, avant de repartir sauvagement vider une autre assiette de saucisson. Ça a le don d'énerver tout le monde. Le Salon, c'est aussi l'occasion de prendre le temps de parler avec les producteurs, d'écouter l'histoire de leur exploitation, de leurs produits. Ça ne mange pas de pain, et ce n'est pas comme si on vous faisait le coup à chaque fois que vous descendez au Monoprix.

- Achetez. Pas grand-chose, personne ne vous oblige à claquer 200 euros. Mais une bonne bouteille de vin, un fromage, un saucisson. Pour une fois, qu'il n'y a pas d'intermédiaire, profitez-en.

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