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Critique
Après les Bains et avant le Palace, une autre légende parisienne des nuits boomeuses tente un come-back. C’est Chapitre Six (Hana, La Folie Barbizon) qui conduit ce nouveau Bus Palladium devenu hôtel 5 étoiles. Si vous étiez un habitué, apprêtez-vous à ne rien reconnaitre après la rénovation néo-70's signée Studio KO. Le restaurant occupe maintenant le rez-de-chaussée et le club passe au sous-sol. Des parois en béton brut délimitent plusieurs espaces. Là, un bar central en miroirs et onyx, ici un petit jardin d'hiver cerclé de banquettes en velours cerise qui se reflète dans un immense verre bleu nuit. Un disc-jockey chenu s’occupe de la BO funk et pop vintage devant un mur de vinyles chinés. Beau ? Oui ! Rock ? Pas tant.
La courte carte est signée par l’ex-enfant terrible de Marseille, Valentin Raffali (Livingston), qui signe ici une première collaboration parisienne avant – sans doute – de voguer pour son adresse à lui. On y retrouve ses obsessions : collisions hardies (tête de veau à la thaï, truite et bouillon de rhubarbe), flamme omniprésente et saisonnalité stricte… à des prix format Elvis 1977.
On entame avec une assiette d’asperges blanches fumées (22€), lustrées d’un jus de volaille (non annoncé… tant pis pour les végétariens !) où d’inattendues maras de bois dealent du bon acide. Puis arrivent les « trois belles langoustines », qui sont en fait quatre (48€), juste saisies et emmitouflées d’une puissante sauce XO, charnue et umamiesque. Une assiette réussie, escortée d’une délicate salade de kumquat et fenouil mais également de frites, certes bonnes, mais hors-sujet. Quel dommage aussi de ne pouvoir manger les pattes des crustacés qui finiront à la poubelle (ça jure un peu avec le respect des produits claironné sur le menu). Le repas se clôt sur un Barry White et un régressif donut tressé -un classique de chez Livingston- au sirop d’amande et soft serve. Bref voilà une cuisine qui bouscule (un peu) les lignes d’une adresse plus bling que rebelle, et dont les prix confirment que le rock est désormais une affaire de riches.
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