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Critique
C’est une success story à la française — donc qui tourne autour de l’assiette — celle de Bakary Sokhona (dit Boudou), Mauritanien de 40 ans arrivé clandestinement en 2003 par bateau. Cet ancien soutier de la restauration a commencé à cuisiner les recettes maternelles dans la chambre de son foyer de la rue Desargues à Belleville et, par la magie des réseaux, a vu débarquer Kaaris, Fary ou Willian Pacho du PSG. Trop à l’étroit dans les 17 m² de son studio, Bakary a ouvert son restaurant à 200 m de là. Une petite salle au rez-de-chaussée et un mini salon au sous-sol pour une déco pierre grattée, plante en plastique et moleskine.
La petite carte récite des classiques de Mauritanie : accras de morue, pastels au thon ou yassa. Mais Bakary s’étant autocouronné roi du thieb « international et mondial », on opte évidemment pour cette icône de la gastronomie d’Afrique de l’Ouest, en version « blanche » — sans tomate donc — et au poulet. L’assiette arrive avec un pilon bien grillé, des sapides allocos caramélisés et un bol de riz très parfumé. On sirote un bissap maison en se demandant quel est le secret du bouillon du chef qui apporte cette saveur acidulée et umami (le tamarin ?). Le roi mérite sa couronne : il a réussi le miracle de transformer le thieb en un plat pop !
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