Ce n’est pas un concours, mais avouons que les puces de Vanves sont les meilleures de Paris. D’abord parce qu’elles conservent vaillant l’esprit biffin, avec ce mélange d’invraisemblable camelote et de vraies bonnes affaires (sans Nike de contrefaçon omniprésentes). Ensuite parce qu’après avoir bravé les frimas pour acheter une collection de santons ou des pinces à escargot Vieux-Paris, on peut se réchauffer à La Caravane, une aubaine de baraque à frites qui régale son coin de trottoir les samedis et dimanches.
Là, Souheyla Bounia a repris en solo l’affaire où son père a trimé pendant 40 ans, en décidant – elle – de tout faire maison. Les frites en deux cuissons (d’huile végétale pour rester compatibles avec les végé), bien sûr, mais aussi la sauce blanche au yaourt (« c’est healthy », assure la cuisinière), l’ail mariné et le pickle de piment doux. Une barquette généreuse, croustillante et pleine de goût (4 €). Les plus nordistes peuvent même la compléter d’une fricadelle pour 2 € de plus.
Jonglant tout sourire avec les multiples nationalités qui prennent d’assaut son camion (chalands japonais, brocanteurs kurdes...), Souheyla propose aussi des soupes du moment (aux champignons, garnies d'oignons frits ou à l’oignon), des maousses sandwichs baguette bourrés de bœuf bourguignon effiloché, ou un cappuccino au lait entier. C’est simple, bon, ouvert dès 6 h du matin pour nourrir les chineurs déjà levés depuis trois heures, et bien moins cher que cette paire de tables de nuit style maison Regain qui vous fait de l’œil là-bas.

