Pendant la Coupe du Monde, on s’est installés dans les tribunes improvisées de la CAN des quartiers
© Louis Lepron pour Time Out Paris | Pendant la Coupe du Monde, on s’est installés dans les tribunes improvisées de la CAN des quartiers
© Louis Lepron pour Time Out Paris

Pendant la Coupe du Monde, on s’est installés dans les tribunes improvisées de la CAN des quartiers

Alors que la Coupe du Monde battait son plein de l'autre côté de l'Atlantique, on s’est installés dans les tribunes improvisées de la CAN des quartiers à Belleville et Evry : le football comme on aimerait le voir plus souvent !

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Il est un peu plus de 20h quand survient le premier but. Les cris des supporters viennent couvrir les commentaires frénétiques du speaker, se répercutant sur les façades alentour. Ce n'est pas un soir de Coupe du Monde en terrasse avec l'équipe de France, mais un match entre une barre d'immeubles de la rue du Transvaal et les feuillages du parc de Belleville. On est au Belvédère et la CAN de quartier de Belleville organise sa finale, alors que la Fête de la musique bat son plein. 

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© Louis Lepron pour Time Out ParisPendant la Coupe du Monde, on s’est installés dans les tribunes improvisées de la CAN des quartiers

L'affiche du soir ? Guinée-Mali. Grosse ambiance, et la tension se fait sentir tant le Mali, déjà auréolé de deux étoiles, a de grandes ambitions. En face, la Guinée, dont c'est la première finale et qui vient de battre la France, a du répondant et l’emporte finalement sur le score de 3 à 2.

Autour du terrain sont réunis les gens du quartier. Des jeunes, des moins jeunes, tous massés dans un stade de la taille d'un Five serti d'une surface synthétique bleutée. Seize équipes ont participé à cette troisième édition, représentant du mieux possible 16 nations africaines, de l'Algérie au Congo, du Cap-Vert à la Côte d'Ivoire en passant par le Sénégal ou le Maroc.

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Une finale sur Prime Video

La CAN des quartiers, c'est tout ça. Née à Créteil en 2019, et renommée depuis “Coupe nationale des quartiers”, l’idée s'est propagée comme une traînée de poudre en banlieue parisienne puis dans toute la France, où des tournois opposent des équipes réunies autour des origines familiales des joueurs.

À la manière du Rucker Tournament (fameux tournoi de basket de rue de Harlem), la compétition a vu sa réputation grandir, jusqu'à voir une de ses finales diffusée en 2022 sur Prime Video. Mais c’est bien au bord du terrain que réside l’intérêt de ces tournois qui ont lieu chaque année entre juin et juillet.

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À Belleville, le public dessine une arène footballistique saisissante. Il n'y a pas de tribunes, alors tout le monde est installé comme il peut, s'aidant de bancs pour avoir un œil sur une partie du terrain, ou derrière les gardiens (même si on n'est jamais à l'abri d'une patate). A chaque but, le stade explose, recouvrant le bruit de la Fête de la Musique.

Et ce qui est saisissant en tant que photographe, c'est de voir cette proximité entre joueurs et spectateurs. L’ambiance s’en ressent : les joueurs entendent tout, encouragements et vannes. Il y a parfois du grabuge lorsqu'un joueur décide de répondre, mais ça ne dure jamais longtemps. Difficile de ne pas comparer avec la Coupe du Monde 2026, restée un rêve télévisuel avec ses prix inaccessibles pour une majorité de fans… 

Les fiertés des quartiers

Deux semaines plus tard, Évry. À côté de la RN7, le stade Jean-Louis Moulins fourmille : on est sur l'une des terres historiques de la CAN des quartiers, et ça se sent. Le niveau est impressionnant : d'anciens joueurs de centres de formation, des mecs qui ont frôlé le monde pro, des gamins de 16 ans bluffants. Les quartiers des Aunettes et des Épinettes, dont sont issus tous les joueurs, sont riches en talents.

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Aujourd’hui, ce sont les quarts de finale : l'Algérie joue les Comores, la Guinée va essayer de se débarrasser de la Côte d'Ivoire. Les matchs sont âpres, sans complaisance. Chaque duel est disputé comme une finale, chaque contact fait lever le public, et à chaque but, des petits envahissent le terrain. Il y a des tacles qui claquent, des contestations, des explications et, presque toujours, une accolade à la fin. Parce qu'ici, tout le monde se connaît. 

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Entre les deux terrains, on se pose sur des chaises pliantes et on admire le spectacle. Des gamins courent dans tous les sens, les mères regardent jouer leurs fils, les petits frères rêvent sur le bord de la touche, les anciens se souviennent des tournois d'avant. Le temps d'un été, les quartiers racontent leurs fiertés.

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