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L’Institut du monde arabe s’apprête à exposer les photographies de Joss Dray prises en Palestine entre 1987 et 2001

Une série de photos inédites qui documentent les territoires palestiniens entre les deux Intifadas.

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
Journaliste, Time Out Paris
Joss Dray, Première sortie à la mer des enfants du camp de réfugiés de Khan Younès, sud de la bande de Gaza, 1995. Photothèque de l'IMA.
© IMA / Joss Dray | Joss Dray, Première sortie à la mer des enfants du camp de réfugiés de Khan Younès, sud de la bande de Gaza, 1995. Photothèque de l'IMA.
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A l’heure où une photo d’un terrain de foot au milieu des décombres de Gaza a été discrètement retirée d’une exposition par la mairie de Deauville – un geste désavoué par la justice –, l’IMA a pris le parti de ne cesser de parler de la Palestine. Un an après sa rétrospective Trésors sauvés de Gaza, l’Institut du monde arabe présentera du 19 septembre au 1er novembre l’expo La Palestine photographiée par Joss Dray, une photographe française dont l’œuvre et le parcours épousent depuis quarante ans le quotidien et les luttes du peuple palestinien.

Des photos pour beaucoup jamais montrées 

Présentée dans la bibliothèque nommée d’après la diplomate palestinienne Leila Shahid (décédée en février 2026), cette expo donnera à voir 65 photos, dont une partie jamais montrée, de Joss Dray. Des tirages pris lors de reportages – le dernier a été missionné par l’IMA – dans les territoires palestiniens, les camps de réfugiés ou dans les espaces investis par la diaspora entre les années 1987 et 2001. Deux balises qui correspondent aux débuts des deux Intifadas, entrecoupées par les accords de paix signés au milieu des années 1990.

A travers la focale de Joss Dray, on est plongés dans le quotidien des Palestiniens : l’étal d’un marchand rue de la Porte de Damas à Jérusalem, les barrages militaires subis ou contournés, le partage du pain au zaatar ou ces jeunes hommes munis de pierres. En fil rouge seront exposées plusieurs photos du camp de réfugiés de Khan Younès. Etabli dès 1948, Khan Younes a été depuis maintes fois bombardé par l’armée israélienne et se retrouve aujourd’hui « presque totalement rasé » après deux ans d’une guerre qui a fait plus de 70 000 morts palestiniens. Un bilan qui a conduit plusieurs instances internationales à évoquer le terme de génocide. 

Joss Dray, Confrontation à Ramallah pendant la première Intifada, 1988. Photothèque de l'IMA.
© IMA / Joss DrayJoss Dray, Confrontation à Ramallah pendant la première Intifada, 1988. Photothèque de l'IMA.

Pour accompagner le lancement de l’exposition, deux événements sont organisés les 19 et 20 septembre pour les Journées du Patrimoine : une rencontre avec Joss Dray et les auteurs de BD Amal Khaleefa et Samir Salameh sur le thème « Mémoires de réfugiés : les Palestiniens dans les camps de réfugiés à travers la photographie et la bande dessinée » ; et un atelier des auteurs autour de De Mémoire de réfugié, leur BD publiée en juillet qui questionne la mémoire palestinienne en exil.

Quand ? du 19 septembre au 1er novembre 2026
 Où ? Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris 5e
Combien ? accès libre.

Joss Dray, Pain traditionnel au zaatar, Al-Mazra'a ash-Sharqiya, 1988. Photothèque de l'IMA.
© IMA / Joss DrayJoss Dray, Pain traditionnel au zaatar, Al-Mazra'a ash-Sharqiya, 1988. Photothèque de l'IMA.
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