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5 nouvelles expos peinture qui vont marquer la rentrée 2025

En file indienne : un maître allemand contemporain, une figure américaine, une icône française, un illusionniste fan du quotidien parisien ou… Pierre Soulages.

Rémi Morvan
Alix Leridon
Écrit par
Rémi Morvan
et
Alix Leridon
Bilal Hamdad
© Bilal Hamdad
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Pas la peine de vous faire un tableau : en cette rentrée, le moral est souvent aussi sombre qu’une toile de Pierre Soulages. Le pot (de peinture) qu’on a, c’est que cette reprise 2025 charrie également une kyrielle de bonnes expos, à même de mettre un peu de fluo dans nos cœurs. Parmi elles, les rétrospectives de peinture brillent particulièrement avec, en file indienne : un maître allemand contemporain, une figure américaine, une icône française, un illusionniste fan du quotidien parisien ou… Pierre Soulages.

Gerhard Richter, à la Fondation Louis Vuitton

Gerhard Richter, le gars sûr de la Fondation Louis Vuitton. Après avoir pris part à plusieurs accrochages collectifs depuis sa création – dont l’inaugural –, le peintre allemand a cette fois-ci droit à sa monographie perso du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026. Cette exposition au programme gargantuesque retracera chronologiquement près de 70 ans de création et se déploiera dans toutes les salles de la Fondation. On sera plongé dans toutes ses périodes et explorations artistiques : premières années où il extrayait ses peintures depuis des photos ; réflexion autour de l’abstraction ; retour sur l’histoire allemande ; célébration du compositeur de musique concrète américain John Cage ; rejet puis rabibochage récent avec la peinture ; mais aussi explorations sculptées, dessinées et photographiées. 

Quand ? du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026.
Où ? 8 avenue du Mahatma-Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e. 

Gerhard Richter
© Gerhard Richter 2025 (18102025)

Nina Chanel Abney, à la galerie Perrotin

Une nouvelle collab et un come-back sur la capitale. Pour marquer le coup de sa signature avec le tycoon français de l’art Emmanuel Perrotin, l’artiste américaine Nina Chanel Abney a annoncé un solo show – le premier à Paris depuis son passage au Palais de Tokyo en 2018 – dans l’antenne rue de Turenne du galeriste. Cette monographie retracera presque vingt ans d’une carrière durant laquelle elle a marqué le monde de l’art avec ses toiles grand format colorées aux formes géométriques, questionnant tout autant les notions de race, de genre que les grands mythes et les dérives du modèle américain.

Quand ? du 6 septembre au 11 octobre 2025.
Où ? galerie Perrotin, 76 rue du Turenne, Paris 4e.

Nina Chanel Abney
Courtesy Nina Chanel Abney and Jack Shainman Gallery, New York. © Nina Chanel Abney.

Paname, Bilal Hamdad, au Petit Palais

Bilal Hamdad est un illusionniste. Tour à tour formé aux Beaux-Arts de Sidi Bel Abbes et de Paris, l’artiste algérien nous fait voir trouble : est-ce de la photo ? De la peinture ? En réalité, un peu des deux. Il faut s’approcher de ses créations pour saisir la virtuosité de son coup de pinceau, la frontière ténue entre les photographies qui l’inspirent et ses toiles à l’huile en grand format ultra-réalistes représentant des paysages urbains. Pour les voir à Paris : du 17 octobre au 8 février 2026, une vingtaine de ses tableaux (dont deux inédits) figurant la capitale et la collection permanente du lieu seront exposés au Petit Palais. 

Quand ? du 17 octobre 2025 au 8 février 2026.
Où ? Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris 8e.

Bilal Hamdad
Bilal Hamdad, Reflets, 2024 Huile sur toile, 245 × 200 cm, Collection particulière. Courtesy de l’artiste et TEMPLON, Paris – Bruxelles – New York. Photo Isabelle Arthuis Adagp, Paris, 2025

Soulages, une autre lumière, au musée du Luxembourg

Si Soulages travaille le noir, c’est paradoxalement pour trouver la lumière. Tout au long de sa carrière, une manière pour lui de la faire surgir fût notamment de peindre sur papier. Un support qui permet au maître de l’abstraction de jouer avec la transparence, de créer des contrastes palpables, et de travailler avec une plus grande spontanéité que sur la toile. Pourtant, ses très nombreuses œuvres sur papier - peut-être parce qu’elles sont plus fragiles - ne sont que rarement exposées. À la rentrée, l’exposition « Soulages, une autre lumière » présentée au musée du Luxembourg vient combler ce manque. Du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026, l’exposition présentera un vaste ensemble de quelque 130 œuvres, toutes réalisées sur papier. Autre spécificité notable de ce pan de la création de l’artiste, la plupart des œuvres papier sont peintes au brou de noix, un colorant naturel essentiellement utilisé par les ébénistes. Sur ces différentes pièces, dont certaines sont aussi réalisées à l’encre ou à la gouache, c’est encore le contraste entre les pigments sombres utilisés et le blanc du support qui intéresse Soulages. Mais on y découvre aussi des œuvres dominées par la couleur bleue, pour la plupart réalisées dans les années 1970, avant qu’il ne s’adonne presque entièrement à l’outrenoir, faisant jaillir la lumière à l’intérieur même de l’obscurité, dans des toiles monochromatiques jouant avec les reflets.

Où ? Musée du Luxembourg, 19 Rue de Vaugirard, Paris 6e.
Quand ? Du 17 septembre 2025 au 11 janviers 2026.

Pierre Soulages, Gouache sur papier marouflé sur panneau, 1977 Collection C.S. © Adagp, Paris, 2025. Photo Vincent Cunillère
Pierre Soulages, Gouache sur papier marouflé sur panneau, 1977 Collection C.S. © Adagp, Paris, 2025. Photo Vincent Cunillère

Jacques-Louis David, au musée du Louvre

En 1825, Jacques-Louis David mourait en exil, à Bruxelles. 200 ans plus tard, à partir du 15 octobre 2025, le Louvre (qui possède la plus vaste collection d'œuvres du peintre néoclassique au monde) lui rend hommage à travers une rétrospective inédite, réunissant une centaine de prêts exceptionnels. Une exposition qui promet de mettre en avant la puissance expressive inégalée de sa peinture, mais aussi d’offrir à chaque visiteur une véritable traversée historique de la France au tournant du XVIIIe. Car l’art de David est habité par son époque, et dépeint la plupart des événements majeurs de la Révolution et du premier Empire, du Serment du Jeu de Paume au Sacre de Napoléon. Avant d’être nommé premier peintre de l’Empereur, sous Napoléon 1er, Jacques-Louis David fût un fervent révolutionnaire, allant jusqu’à occuper d’éminents postes politiques pendant la Terreur. Si bien qu’il échappe de justesse à la guillotine après la chute de Robespierre. L’une de ses toiles les plus célèbres, Marat assassiné, témoigne de cet engagement sincère, et devient aussitôt un emblème révolutionnaire. L’oeuvre originale, qui appartient aujourd’hui aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, sera à admirer dans cette exposition historique, aux côtés de toiles tout aussi emblématiques à l'image de Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard ou des Sabines

Où ? Musée du Louvre, Paris 1er.
Quand ? Du 25 octobre 2025 au 26 janvier 2026.

Marat assassiné © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles), photo J. Geleyns
Marat assassiné © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles), photo J. Geleyns

Par ici, notre dossier des expositions incontournables à voir à Paris.

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