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Les 10 tables ouvertes en 2025 qu'il ne fallait pas manquer

Entre gastronomie ambitieuse et bistrots affûtés, le meilleur des ouvertures parisiennes

Antoine Besse
Écrit par
Aitor Alfonso
et
Antoine Besse
St Jacques marinées
© Aurore Nguyen
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C’est l’heure du bilan ! Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, Time Out s’est penché sur 160 restaurants. Il y a eu des fermetures (certaines ont fait mal, comme Bob de Tunis), des mises à jour, mais surtout des ouvertures. Le témoignage d’une scène culinaire parisienne foisonnante (presque trop ?) où l’on a croisé aussi bien les additions à trois chiffres des tables gastronomiques que les formules midi à vingt balles des bistrots du coin. On vous lâche nos 10 adresses qui ont fait, en toute subjectivité, l’année écoulée.

Wani

A Sèvres - Babylone, le chef japonais Sugio Yamaguchi déploie cuisine poétique et boissons sourcées
© Aurore Nguyen


Dans le bouillonnement des ouvertures de coffee shops, Wani du chef Sugio Yamaguchi se démarque nettement avec, comme escorte des thés et autres matchas, des assiettes (pas données !) où la délicatesse se dispute à l’inventivité. Il illustre, une madeleine au caviar à la fois, que la cuisine d’un chef n’a pas besoin d’un restaurant pour s’exprimer (et remporter un Time Out Food & Drink Awards 2025 !).

Où ? 7ter rue Saint-Placide, Paris 6e

Vivide

La voilà, la table vegan gastronomique qui manquait à Paris ! Une adresse enthousiasmante, pile à sa place entre le canaille bourgeois d’un Daimant Saint-Honoré et les solennités inabordables d’un Alain Passard. Ce deuxième bébé de Michelle Primc (en salle) et Jérémy Grosdidier (en cuisine) aligne, dans un unique menu à l’aveugle, des assiettes qui conjuguent créativité débordante et grande maîtrise des assaisonnements. Pas d’animal, que du régal.

Où ? 3 rue Dancourt, Paris 18e

Mantra

Fusion franco-malaisienne
© Aurore NGuyen


Manogeran Shasitharan, cuistot malaisien à l’œil de tigre et à la natte serrée, est arrivé par un coup du sort en France, où il a touché le fond de la galère avant de trouver une échappatoire dans la cuisine tradi. Après une adresse à Mers-les-Bains, le voilà à Paris avec son acolyte sommelier Jonathan Caron. Le menu en une dizaine d’étapes révèle une gastronomie de confluences puissante et singulière entre Kuala Lumpur et Paris. Sambal à base de homard fermenté à l’umami ravageur ; sériole en marinade d’oignons ; mousse au chocolat au caramel de crevettes… Une adresse malaise très balaise !

Où ? 17 rue Claude Rodier, Paris 9e

À La Renaissance

Bistrot parisien
© A la Renaissance


Après trente ans de règne, Régine Robert d’À la Renaissance a donc passé la main dans ce monument de bistrot qu’elle régentait avec une poigne de velours. En habiles repreneurs, Carina Soto Velásquez et Joshua Fontaine de Quixotic Projects (Candelaria, Mary Celeste) ménagent l’ancien et le moderne pour accorder l’adresse au temps présent sans dénaturer son esprit 50’s. Dans les assiettes, le chef sud-coréen Minwou Choi (passé par le Dauphin) fait dans la rétronomie bien tempérée, entre minimalisme et nostalgie. Tout pour devenir un nouveau QG !

Où ? 87 rue de la Roquette, Paris 11e

Johny Dwich

Sandwich bourguignon
© Antoine Besse


La dernière adresse en date du petit empire local de Loïc Estimbre (il a trois autres lieux dans un rayon de 200 m) frappe un grand coup dans le milieu de l’entrepain parisien. Le banger des lieux ? Le sandwich baguette bourguignon hyper gourmand, avec carottes et paleron relevé de moutarde à tremper – innovation ! – dans un ramequin de sauce de cuisson. Cela peut sembler anecdotique, voire gadget, mais, en réalité, cela transforme radicalement le produit : d’un en-cas à avaler vite fait, il devient un plat plaisamment libidineux à déguster avec les mains. Bien joué !

Où ? 1 Rue Emilio Castelar, Paris 12e

Orson

Assiettes coréennes
© Antoine Besse


Quelle année pour Esu Lee ! Après JIP, meilleur rapport kif-prix aux Time Out Food & Drink Awards 2025, le chef coréen ouvre le flamboyant Orson dans la très appropriée rue du Dragon. Depuis un dantesque barbecue chromé, il concilie, dans un plantureux menu gastronomique en quinze assiettes, l’inventivité et la précision de la haute cuisine avec la générosité des tables familiales coréennes. Cela fait – déjà – d’Orson une grande table singulière !

Où ? 5 rue du Dragon, Paris 6e

Shuzo

Dans le 11e, une séduisante cuisine fusion qui mêle Colombie et Japon
© Juan Arias


Cette élégante cambuse du 11e a illuminé la fin de l’été 2025. La posture d’« izakaya tropicale » autoproclamée pouvait apparaître comme un concept incongru entre Colombie et Japon. Le chef Andrés Ramirez, qui pioche dans ses racines colombiennes et sa nippophilie, nous donne tort et concilie brillamment les deux gastronomies dans une cuisine très personnelle, pleine d’idées et d’équilibres.

Où ? 44 rue de Saint-Sébastien, Paris 11e

Prévelle

Prévelle
© Prévelle


Dans le quartier des Invalides très encravaté, Romain Meder, en orfèvre de la naturalité, s’offre un restaurant comme une pension de famille où il cisèle une cuisine unique, à la fois rustique et raffinée. Une gastronomie pastorale où le zéro déchet n’est pas une posture (le premier amuse-bouche ? Une umamiesque tuile d’épluchures !), et le local de saison, une évidence (le chef travaille avec les mêmes producteurs dans le Perche depuis plus de 15 ans).

Où ? 34 rue Saint-Dominique, Paris 7e

SENsation

Un sino-bistrot sensass qui connaît ses classiques sur le bout des baguettes.
© SENsation


Le chef hongkongais Samuel Lee (Sen, de son prénom chinois) a quitté les cuisines cossues du Shangri-La pour le pavé de la rue Saint-Maur, où il interprète, entre murs de pierre grattés et luminaires en forme de pagode, les grands classiques de la gastronomie de Canton et du Sichuan avec maestria : porc laqué, succulent de minimalisme, magnifié au cognac ; poulet frit et épicé kung pao rendu à son rang impérial ; bouchées vapeur siu mai, si souvent galvaudées, ici totalement maîtrisées.

Où ? 32 rue Saint-Maur, Paris 11e

Lissit

Caille farcie
© Lissit


Sous des apparences de bar à vin so 2020 (pifs nature, pierres grattées, taulier à bonnet et moustache), le Lissit – diminutif d’Alexis Lissitzky, patron-sommelier gouailleur passé par Soces – cache un enthousiasmant « bar-restaurant » à l’âme ancienne où s’enchaînent de brillants classiques hexagonaux. Merci qui ? Merci Claire Grumellon, qui officie en solitaire dans la petite cuisine où elle prépare ses caillettes ardéchoises, ses pâtés en croûte ou ses tripes à la romaine… Difficile, après ça, de retourner vers les « petites assiettes » des autres barav qui servent une betterave coupée en huit.

Où ?  48 rue de la Folie Méricourt, Paris 11e

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