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Selon Booking.com, Paris, Marseille, Nice et Annecy dominent les recherches en France pour les ponts de mai 2026, tandis que Marrakech, Barcelone, Londres et Rome tiennent la corde à l’étranger.

Il y a ceux qui traversent le mois de mai comme un tunnel de réunions, l’œil rivé sur leur agenda partagé. Et puis il y a les autres : les orfèvres du jour férié, les tire-au-flanc très organisés, les petits génies du RTT posé au millimètre. Ceux-là savent transformer un jeudi chômé en échappée de quatre jours, un vendredi solitaire en villégiature miniature, un mail expédié depuis une terrasse en « journée de travail tout à fait normale ». En 2026, les ponts de mai n’ont pas encore sonné que leur géographie commence déjà à se dessiner.
D’après les recherches d’hébergements analysées par Booking.com, les Français semblent avoir composé une partition sans grande extravagance, mais diablement efficace : quelques grandes villes où flâner sans trop se justifier, des haltes méridionales pour hâler son moral, un peu de littoral pour prendre le vent, et des destinations assez commodes pour ne pas sacrifier son week-end sur l’autel du quai de gare. En France, Paris garde la première place des recherches sur l’ensemble des ponts de mai, devant Marseille, Nice et Annecy. La capitale pour les expos et les verres en terrasse, la Méditerranée pour se croire déjà en juillet, les Alpes pour remettre un peu d’air dans les bronches.
Derrière ce quatuor de tête, le jeu se resserre au fil des week-ends. Lyon, Bordeaux, Cannes, Toulouse, La Rochelle ou Saint-Malo reviennent régulièrement dans les envies de départ. Pour le week-end du 1er mai, Paris, Marseille, Nice et Annecy occupent les quatre premières places françaises, suivies de Lyon, Bordeaux, Biarritz, Toulouse, Cannes et La Rochelle. Le 8 mai, la carte reste cousine : Cannes, Bordeaux, Toulouse, Saint-Malo et La Rochelle complètent le haut du panier. Rien de très baroque, donc, mais une France de beaux week-ends, de valises légères et de réservations faites en douce entre deux onglets de travail.
C’est autour du pont du jeudi 14 mai que l’affaire prend un tour plus réjouissant. Les recherches s’envolent pour plusieurs destinations françaises par rapport à 2025 : Annecy progresse de 164 %, Saint-Malo de 131 %, La Rochelle de 123 % et Arcachon de 117 %. En clair, dès que le printemps prend un peu d’assurance, les Français regardent vers l’eau. Un lac, un port, une jetée, des remparts, deux huîtres, trois embruns : il n’en faut parfois pas davantage pour donner à un long week-end des allures de congé aristocratique.
À l’étranger, le scénario reste lisible, mais pas moins alléchant. Marrakech décroche la première place des destinations internationales, devant Barcelone, Londres et Rome. Quatre classiques du court séjour, quatre manières de disparaître sans vraiment partir loin : la lumière marocaine, la désinvolture catalane, le théâtre londonien ou la grande langueur romaine. Pour le 1er mai, le top 10 accueille aussi Séville, Amsterdam, Istanbul, Lisbonne, New York et Palma de Majorque. Le 8 mai, Agadir entre dans le classement, preuve que le Maroc conserve son petit pouvoir d’aimant au moment où les Français commencent à réclamer du soleil avec une insistance presque enfantine.
Le pont du 14 mai rebat, lui aussi, quelques cartes hors de France. Amsterdam grimpe à la cinquième place, Venise et Milan s’invitent dans le top 10, tandis que les recherches bondissent par rapport à l’année précédente pour Londres (+130 %), Amsterdam (+91 %) et Milan (+73 %). L’Europe des fins de semaine a donc encore du coffre : des canaux, des musées, des pâtes, des pintes, des ruelles pavées et cette petite illusion délicieuse d’avoir changé de vie parce qu’on a pris un avion le jeudi soir.
Tout cela raconte surtout une manie bien française : l’art de tirer sur le calendrier jusqu’à ce qu’il ressemble à des vacances. Selon une étude menée par Booking.com avec CSA en 2025, 65 % des salariés français déclaraient vouloir poser des jours autour des ponts et jours fériés. Parmi eux, 79 % prévoyaient d’en profiter pour voyager, en France ou à l’étranger. Plus de la moitié des répondants disaient aussi échafauder chaque année une stratégie pour allonger leurs congés tout en dépensant le moins de jours possible. Le pont de mai n’est plus une faveur du hasard : c’est une petite science nationale, avec ses calculs, ses combines et ses héros discrets.
Dernière coquetterie de l’époque : 29 % des salariés interrogés expliquaient qu’il leur arrive de télétravailler depuis leur lieu de vacances pour prolonger un week-end ou un jour férié. Chez les moins de 35 ans, la pratique concernait même 47 % des répondants. L’ordinateur a donc rejoint la brosse à dents et les lunettes de soleil dans le nécessaire de voyage. Reste à savoir si, en mai, la réunion de 9h se tiendra depuis un open space gris perle, une chambre d’hôtel à Marrakech ou une table un peu bancale face au port de Saint-Malo.
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