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Au cartel ? Les photographies de Palestine de Joss Dray à l'IMA, les toiles de Kerry James Marshall, les tirages d'Hassan Hajjaj ou la célébration des 20 ans de Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Alors oui, on vous l'accorde, le passage à l'automne est rarement un moment agréable. Heureusement, pour vous aider à faire passer la pilule, certains musées parisiens ont eu la bonne idée d'inaugurer leurs nouvelles expos pile cette semaine-là. Et clairement, certaines vont marquer cette fin d'année. Au cartel ? Les photographies de Palestine de Joss Dray à l'IMA, les toiles de Kerry James Marshall, le peintre qui réécrit l'histoire de l'art en noir, les tirages du photographe star marocain Hassan Hajjaj, une plongée dans le vestiaire des féminités dissidentes au 19e siècle ou la célébration des 20 ans de Marie-Antoinette de Sofia Coppola.
A l’heure où une photo d’un terrain de foot au milieu des décombres de Gaza a été discrètement retirée d’une exposition par la mairie de Deauville – un geste désavoué par la justice –, l’IMA a pris le parti de ne cesser de parler de la Palestine. Un an après sa rétrospective Trésors sauvés de Gaza, l’Institut du monde arabe présente jusqu'au 1er novembre l’expo La Palestine photographiée par Joss Dray, une photographe française dont l’œuvre et le parcours épousent depuis quarante ans le quotidien et les luttes du peuple palestinien. Présentée dans la bibliothèque nommée d’après la diplomate palestinienne Leila Shahid (décédée en février 2026), cette expo donne à voir 65 photos, dont une partie jamais montrée, de Joss Dray. Des tirages pris lors de reportages – le dernier a été missionné par l’IMA – dans les territoires palestiniens, les camps de réfugiés ou dans les espaces investis par la diaspora entre les années 1987 et 2001. Deux balises qui correspondent aux débuts des deux Intifadas, entrecoupées par les accords de paix signés au milieu des années 1990.
Quand ? jusqu'au 1er novembre 2026
Où ? Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris 5e
Depuis le début des années 1980, Kerry James Marshall peint les personnes noires dans des toiles monumentales, lui qui est né en 1955 à Birmingham, Alabama, en pleine ségrégation. Pour sa première grande exposition française, « The Histories* », le Musée d'Art Moderne de Paris accroche jusqu'au 24 janvier 2027 quelque 70 œuvres, dont huit peintures inédites créées pour l'occasion, dans un parcours conçu par la Royal Academy de Londres avec le Kunsthaus de Zurich. Ses tableaux racontent l'esclavage, la ségrégation, le moment émancipateur des droits civiques, convoquent des figures de l'histoire africaine, revisitent les icônes de la peinture occidentale ou saisissent le quotidien, pique-nique et salon de coiffure, en piochant aussi bien chez les maîtres anciens que dans l'esthétique des cartes de vœux américaines. À voir absolument : « Wake » installation évolutive entamée en 2003 autour de la traite transatlantique, bateau de bois, chaînes en or et filets de pêche, que l'artiste enrichit à chaque présentation d'un médaillon au portrait d'une personne déportée.
Quand ? jusqu'au 24 janvier 2027.
Où ? musée d’Art moderne, 11 avenue du Président-Wilson, Paris 16e.
Combien ? 15-17 €.
Jusqu'au 25 avril 2027, le musée de la Musique présente My Rock Stars, une grande célébration de quarante ans de création d’Hassan Hajjaj, ce photographe, designer, graphiste et créateur de mode marocain connu pour ses clichés colorés d’artistes (souvent iconiques) hybridant les cultures et leurs références. Bande-sonorisée par Acid Arab et scénographiée avec les cagettes de boissons utilisées dans ses œuvres, cette expo déroule bien sûr nombre de photos issues de Rock Stars, son immédiatement reconnaissable série à la colorimétrie irisante. On y voit se côtoyer nombre de stars (Rachid Taha, Billie Eilish, Amadou et Mariam, Souad Massi ou Lee Scratch Perry), toutes shootées selon un rituel codifié : un décor mêlant références marocaines et pop art, des teintures colorées et des accessoires et vêtements façonnés par l’artiste. Pour comprendre l’origine de cette série et de l'œuvre d’Hajjaj, l’expo remonte jusqu’à ses jeunes et formatrices années londoniennes. Il y ouvre des boutiques, s'initie à la mode et à la photo, fraye dans les scènes reggae et hip-hop tout en se reconnectant à la culture gnawa d’Afrique du Nord, infusée de transe et de spiritualité. Une culture qui fait l’objet d’un focus avec des séries dédiées à ses artistes et instruments mais aussi aux couleurs, clés dans les rituels et œuvres de l’artiste.
Quand ? jusqu'au 25 avril 2027.
Où ? Cité de la Musique, 221 avenue Jean Jaurès, Paris 19e.
Combien ? 6-12 €.
À l’occasion des 20 ans de la sortie du film Marie-Antoinette, tourné entre ses murs, le château de Versailles propose jusqu'au 24 janvier 2027 une exposition retraçant son tournage, conçue en collaboration avec la réalisatrice. Dépliée au Petit Trianon, l’expo présente les costumes originaux de Milena Canonero – primée aux Oscars 2007 –, les storyboards, les photos ainsi que des reconstitutions de décors et lieux de tournage in situ. Avec cette expo, le château de Versailles célèbre un biopic qui a marqué l’imaginaire populaire au mitan des années 2000. Le film raconte le parcours intime de la dernière reine de France, jouée par Kirsten Dunst, entre l’adaptation d’une enfant de 14 ans au huis clos versaillais et son émancipation du carcan. Davantage que son historicité très relative, c’est l’esthétique flamboyante du film qui a imprimé, avec ses couleurs pastel et cette BO très rock qui fait défiler Siouxsie And The Banshees, Gang Of Four, The Cure ou Aphex Twin.
Quand ? jusqu'au 24 janvier 2027.
Où ? château de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles.
Combien ? 12-15 €.
Pour porter un pantalon à Paris au XIXe siècle, il fallait une autorisation de la préfecture de police, renouvelable tous les six mois sur certificat d’un officier de santé. Rosa Bonheur, elle, l’avait. Le Palais Galliera consacre sa rentrée à ces femmes qui ont chipé au vestiaire masculin de quoi se tailler une liberté. Filant le titre de Virginia Woolf, « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle » réunit quelque 500 pièces : costumes d’amazone, pantalons, tailleurs, cravates, nœuds papillon et hauts-de-forme, mais aussi peintures et affiches de mode. L’accrochage fait dialoguer les anonymes, avec 150 photographies amateurs, et celles qui ont fait plier les normes de leur temps : la garde-robe de Rosa Bonheur y est montrée pour la première fois dans son intégralité.
Quand ? du 26 septembre 2026 au 14 février 2027
Où ? Palais Galliera – Musée de la Mode, 10, Avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e
Combien ? de 12 à 14 €
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