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Les 13 nouvelles expositions qui vont faire l’actualité dans les musées parisiens en octobre 2026

Sur la brochure ? Claude Monet, Mary Cassatt, Irving Penn, Jean-Paul Belmondo, Prune Nourry, la collection de Gustave Fayet et une panoramique expo sur les 200 ans de la photo à la Bourse de Commerce.

Écrit par
Rémi Morvan
,
Smael Bouaici
et
Julien Lambea
Annie Leibovitz, Andy Warhol, New York City, 1976
© Annie Leibovitz | Andy Warhol, New York City, 1976
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Monet, peindre le temps, au musée de l'Orangerie

Il y a des obsessions qui ressemblent à des maladies. Entre 1892 et 1893, Claude Monet loue des chambres en face de la cathédrale de Rouen, s'y enferme et peint le même portail plus de trente fois, sautant d'une toile à l'autre à mesure que la lumière tourne. Grise le matin, blanche à midi, bleue le soir. « Chaque jour, je découvre quelque chose que je n'avais pas vu la veille », note-t-il. Quand vingt de ces tableaux débarquent chez le marchand Durand-Ruel en 1895, Georges Clemenceau, futur ministre et journaliste à ses heures, en fait l’éloge dans un article : « Révolution de cathédrales » paru dans son journal La Justice. Le sujet de la peinture n'est plus le bâtiment mais l’heure qui passe. C'est ce fil que l'Orangerie déroule à partir du 30 septembre avec Monet, peindre le temps, pour les cent ans de la mort du peintre. Une quarantaine de toiles arrachées à Orsay, à Marmottan et à des prêteurs internationaux, rangées en trois séries : l'instant attrapé au vol (les Matinées sur la Seine), la suite temporelle (les Meules, les Peupliers, repris à toutes les lumières avec une obstination de laborantin), la durée dans laquelle on finit par se noyer, avec les dernières vues de Giverny. Reste le boss de fin, celui que vous croisez depuis toujours sur mug ou en fond d'écran : les Nymphéas. Plus de 200 toiles au total, dont les panneaux monumentaux offerts à l'État au sortir de la Grande Guerre, Clemenceau encore à la manœuvre, installés dans les salles ovales en 1927. Monet, mort en décembre 1926, ne les aura jamais vus en place.

Quand ? Du 30 septembre au 25 janvier, tous les jours sauf le mardi.
Où ? Musée de l'Orangerie, jardin des Tuileries, Paris 1er.
Combien ? De 10 à 12,50 €, réservation sur musee-orangerie.fr.

Cathédrale monet
© DR/Claude MonetSérie des Cathédrale de Rouen par Claude Monet, (1892 - 1894).

Octogone, à la galerie SPOT

Des Gilets jaunes, des CRS, des Ultras, des incendies, beaucoup de fumée : la nouvelle exposition parisienne de Xavier B., Octogone, du 1er au 30 octobre à la Galerie Spot dans le 11e arrondissement, porte bien son nom. Car entre deux photos lumineuses, c’est la France sous tension que chronique le photographe à travers ses clichés. Originaire de Vitry-sur-Seine, Xavier Baler a démarré la photo dans la rue il y a dix ans, avant de collaborer avec la marque de skateurs-designers Tealer. En 2018, il plonge dans la mêlée avec le mouvement Gilets jaunes, documentant notamment les violences policières. Sur l’affiche de l’expo, on voit ainsi un CRS couvert de peinture. Installé à Marseille, Xavier B. coule désormais des jours plus doux en photographiant la Fashion Week. Et ça se ressent dans son travail de photo de rue, qu’il poursuit avec souvent la Méditerranée en toile de fond. Dix ans d’archives qui font aussi l’objet d’un livre Octogone, qui sera en vente sur place. Vernissage et séance de dédicaces le 1er octobre à 18h.

Quand ?  du 1er au 30 octobre.
Où ? Galerie Spot, 50 Bd Beaumarchais, Paris 11e.
Combien ? gratuit.

Des Gilets jaunes à la Fashion Week, Xavier Baler réunit dix ans de photos de rue dans son expo « Octogone »
Xavier BalerDes Gilets jaunes à la Fashion Week, Xavier Baler réunit dix ans de photos de rue dans son expo « Octogone »

Rafael Pavarotti, photographe, au musée des Arts Décoratifs

Le musée des Arts décoratifs ouvrira ses cimaises, du 2 octobre au 2 mai 2027, à la première exposition française consacrée au photographe Rafael Pavarotti. Une entrée remarquée dans le champ muséal hexagonal pour une œuvre déjà largement diffusée, mais encore peu montrée sous cette forme. Réunissant plus de 200 tirages, l’exposition déroulera un corpus ample, mis en regard des collections photographiques du musée. On y croisera des couvertures de magazines internationaux, des portraits de figures de la pop culture – Rihanna, Harry Styles, Beyoncé – ainsi que des campagnes réalisées pour de grandes maisons, de Dior à Balmain, de Maison Margiela à Ferragamo, sans oublier L’Oréal. Un ensemble qui témoigne d’un regard désormais solidement installé dans le paysage visuel de la mode contemporaine.

Quand ? Du 2 octobre au 2 mai 2027
Où ? Au musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, 75001 Paris

Le photographe de mode brésilien Rafael Pavarotti exposé pour la première fois en France au musée des Arts décoratifs
© Vogue, Septembre 2022Rafael Pavarotti — Nyaueth Riam et Mamuor Awak dans des tenues Bottega Veneta par Matthieu Blazy (2022)

Mary Cassatt. L’indépendante, au musée d’Orsay

Mary Cassatt est une figure clé du groupe impressionniste, et pourtant, cent ans après sa mort, s’avance au musée d’Orsay la toute première rétrospective d’envergure de son œuvre. Du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027, le temple du genre tentera de rendre compte autant de l’apport et de la singularité de l’œuvre, indissociable de son parcours marqué, tant par sa recherche d’indépendance personnelle – elle acquiert un domaine dans l’Oise qui l’inspire – que de son militantisme pour les droits des femmes. Sur les cimaises ? Autant des tableaux de jeunesse représentant ses proches, ceux figurant de jeunes femmes en société, ses toiles de « mères à l’enfant » dont elle devient la spécialiste ou la reproduction numérique de sa démesurée (4 × 18 mètres) création Modern Woman, aujourd’hui disparue, réalisée pour orner le Pavillon de la Femme de l’Exposition universelle de Chicago de 1893.

Quand ? du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027
Où ? Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur, Paris 7e
Combien ? de 12 à 16 €

Le musée d’Orsay va rendre hommage à l'indépendante et militante peintre impressionniste américaine Mary Cassatt
© RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Franck RauxMary Cassatt, "Jeune fille au jardin", entre 1880 et 1882

PENN & FASHION, à la maison européenne de la photographie

Après un passage remarqué au Grand Palais en 2017, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) accueillera, du 7 octobre 2026 au 17 janvier 2027, PENN & FASHION, une exposition consacrée à la manière dont Irving Penn (1917-2009) a déplacé les lignes de la photographie de mode. Des silhouettes de l’après-guerre aux expérimentations tardives, le parcours dessine l’itinéraire d’un regard affranchi des conventions, où le vêtement devient prétexte à une écriture visuelle rigoureuse et intemporelle.

Quand ? du 7 octobre 2026 au 17 janvier 2027
Où ?
 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris

La MEP consacre une exposition à Irving Penn, icône de la photographie de mode
© The Irving Penn FoundationIrving Penn, Red-Lacquered Lid, New York, 1994 Collection MEP, Paris. Don partiel de The Irving Penn Foundation en 2020

Remember Me, à la Bourse de Commerce

Au cours de l’année 1826 – ou 1827 selon les sources –, l’ingénieur Nicéphore Niépce réalise depuis la fenêtre de sa maison bourguignonne Point de vue du Gras, la toute première photographie connue. Le point de départ d’une révolution technique, culturelle, artistique et mémorielle que la Bourse de Commerce célébrera à partir du 7 octobre avec l’exposition Remember Me, dont les œuvres seront directement puisées dans la collection Pinault. Forcément, la brochure de l’exposition fait rêver avec 700 chefs-d’œuvres de plus de 70 artistes sillonnant les époques, les courants et les avancées technologiques. Sur la photo de classe, on repère le surréaliste modeux Man Ray, l’expérimental Wolfgang Tillmans, la photographe de la Grande Dépression américaine (entre autres) Dorothea Lange, le prodige figurant les cultures afro-américaines Tyler Mitchell, Gustave Le Gray, le premier à shooter un chef d’Etat français avec Napoléon III, ou l’adepte de l’autoportrait et du brouillage des identités Cindy Sherman. Parmi les focus de cette rétrospective : une carte blanche à l’artiste américaine Barbara Kruger, dont l’œuvre Remember Me donne son titre à l’expo, sous la Coupole ; une salle entièrement confiée à Raymond Depardon pour qu’il expose des photos prises à travers la France ; ou une pièce hommage à la pratique d’Irving Penn.

Quand ? du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027.
Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er.
Quand ? 10-15 €.

Raymond Depardon. Cosne-Cours-sur-Loire, Nièvre. 2009 Colour film-to-digital print. 54 x 67.5 cm (frameless)
© Raymond Depardon / Magnum Photos. Pinault Collection)Raymond Depardon. Cosne-Cours-sur-Loire, Nièvre. 2009 Colour film-to-digital print. 54 x 67.5 cm (frameless) © Raymond Depardon / Magnum Photos. Pinault Collection)

Belmondo, le magnifique, à la Cinémathèque française

Cinq ans après son ultime cascade vers l’au-delà, la Cinémathèque française va rendre hommage à l’œuvre de Jean-Paul Belmondo avec une grande expo et rétrospective du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027. On parle d’une carrière commencée au milieu des années 1950, de plus de 90 films, qui l’aura emmené du statut de héraut de la Nouvelle Vague à vedette de films grand public, collaborant avec tout le gratin des réals et comédien(ne)s du circuit, de Jean-Luc Godard à François Truffaut en passant par Claudia Cardinale, Jean Gabin, Claude Lelouch, Jean Becker, Jean Seberg, Alain Delon, Louis Malle ou Agnès Varda. Bebel quoi ! Une carrière que la Cinémathèque française résumera en une rétrospective de 35 films, avec des rencontres et conférences.

Quand ? du 7 octobre 2026 au 31 janvier 2027
Où ? Cinémathèque française, 
51 rue de Bercy, Paris 12e.
Combien ? 11-14 €.

Jean-Paul Belmondo
Cinémathèque françaiseJean-Paul Belmondo

Gustave Fayet, collectionneur-créateur, à la Fondation Louis Vuitton

L’album Panini de l’expo consacrée au collectionneur-créateur français Gustave Fayet a de quoi faire cligner les yeux avec ses 78 tableaux de Paul Gauguin, 88 d’Odilon Redon, 10 de Vincent van Gogh, 9 d’Henri Matisse, 5 de Paul Cézanne, 1 de Berthe Morisot et 375 œuvres façonnées par Gustave Fayet. Prévue du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027 à la Fondation Louis Vuitton, cette rétrospective ne propose rien de moins que de parcourir l’une des collections d’art moderne les plus garnies (et méconnues) du circuit. Au hasard, parmi les toiles cultes présentées : Autoportrait à l’oreille bandée de Vincent van Gogh, pas vu sous nos latitudes depuis 1937 ; le triptyque de Gauguin : Le Christ jaune, Portrait de l’artiste au Christ jaune et Le Calvaire breton ; ou La Place des Lices – Saint-Tropez de Matisse. Et parce que Fayet n’était pas qu’un simple collectionneur, 375 de ses œuvres, des céramiques, des tableaux, des tapis, seront également montrées dans les espaces de la Fondation.

Quand ? du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027
Où ? Fondation Louis Vuitton, 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris
Combien ? de 5 à 18 €

À la rentrée, la Fondation Louis Vuitton va présenter la collection de Gustave Fayet et ses centaines de chefs-d’œuvre de l’art moderne
© Collection particulièreVincent van Gogh, "Autoportrait à l'oreille bandée", janvier 1889

Aurore Guez, à la Maison Delano

Au printemps dernier, Aurore Guez imaginait « Le Café », exposition immersive aux airs de bistrot qui invitait le public à s'asseoir devant ses portraits et à leur faire la conversation (grâce à un ingénieux dispositif sonore). Avant ça, l’artiste n’hésitait pas à disséminer ses œuvres dans les rues mêmes de Paris, pour que d’heureux élus puissent tomber dessus au hasard d’un chemin. Changement de décor cet automne : direction Maison Delano, cinq-étoiles installé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle à deux pas du Faubourg Saint-Honoré. Dans un récent post LinkedIn, la jeune peintre raconte être partie à la rencontre de ceux qui font vivre l’hôtel, « en cuisine, dans les étages, à la conciergerie, au voiturier… Une manière de déplacer le regard vers ceux qui sont habituellement hors champ ». Comme pour « Le Café », les portraits issus de ce travail auront bien des choses à dire au visiteur, qui pourra les écouter évoquer leur histoire et leur rapport au lieu dans lequel ils se trouvent exposés. Pour faire leur connaissance, rendez-vous à la Maison Delano entre le 9 octobre et le 15 novembre. À noter : divers événements et dîners seront organisés pendant l’exposition, pour continuer de donner vie au projet. 

Où ? Delano Bar, Maison Delano, Paris 8e.
Quand ? Du 9 octobre au 15 novembre 2026. 

Aurore Guez : « On a mis l’art à la poubelle ! »
© Aurore Guez -La peintre Aurore Guez

Finally, Something Good, à la Gaîté Lyrique

Le célèbre designer Stefan Sagmeister, qui a dessiné des pochettes d’albums pour les Rolling Stones, Lou Reed ou David Byrne (raflant deux Grammy au passage), fait son retour à la Gaité Lyrique avec Finally, Something Good. Une expo qui succède à The Happy Show (présentée en 2014 au même endroit, dans laquelle il explorait la notion de bonheur), et qui pose une question un peu contre-intuitive : “Et s'il était temps d'être optimiste ?” Encore une fois, l’Autrichien en mettra partout sur les murs. Sagmeister a pioché dans la banque de statistiques de l’Organisation des Nations unies et de la Banque mondiale pour en ressortir des dessins/datas résolument optimistes, qu’il pose sur des peintures du XVIIIe siècle (un siècle à la mode en ce moment). Des visuels qui permettent de prendre du recul et de voir l’évolution des choses sur un temps long, que ce soit en matière de conflits, d’alimentation ou de santé, rappelant que le progrès prend du temps et que, même si elle fait parfois des détours, l’humanité est sur le bon chemin.

Quand ? du 15 octobre 2026 au 27 avril 2027.
Où ? la Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin Paris 3e.

Stefan Sagmeister
Stefan SagmeisterFinally, Something Good, de Stefan Sagmeister

Visionnaires. Carte blanche à Prune Nourry, au Petit Palais

Seulement quatre sculptrices sont présentes au Petit Palais. Alors Prune Nourry a décidé d’y buriner une expo manifeste. Pendant trois mois (du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027), l’artiste investit tous les espaces de l’institution (les jardins, les différentes galeries ou l’esplanade) avec Visionnaires, une rétrospective pour visibiliser et rendre hommage à dix-huit artistes femmes aux parcours et œuvres l’ayant inspirée, parmi lesquelles Hélène Bertaux, Jane Poupelet, Consuelo de Saint-Exupéry ou Sarah Bernhardt. Après avoir missionné trois historiennes de l’art pour réunir le maximum d’archives (photos, écrits), Prune Nourry a ensuite sculpté le buste de ces femmes en plâtre et avec des yeux en marbre noir et blanc, et selon des dimensions allant de 70 centimètres à 3,50 m. Ou comment en une expo – gratuite en plus – faire exploser la représentation des femmes au Petit Palais.

Quand ? du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027
Où ? Petit Palais, Avenue Winston-Churchill, Paris 8e
Combien ? Accès gratuit 

Au Petit Palais, une exposition gratuite de la sculptrice Prune Nourry pour rendre hommage à 18 pionnières de l’art
© Elea Jeanne Schmitter © Adagp, Paris 2026Prune Nourry en pleine création

Le temps des récoltes, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain

Fertile rétrospective en vue. Du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, la Fondation Cartier offre son nouvel espace du Louvre à l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama. Celui-ci présentera Le Temps des récoltes, une première expo parisienne pensée dans un cadre collectif avec neuf artistes associés*. Comme depuis ses débuts il y a une quinzaine d’années, l’artiste questionnera – en réactivant les utopies des indépendances – l’héritage colonial et post-colonial du Ghana à l’aide d’installations façonnées à l’aide d’archives et de matériaux récupérés. Des réflexions qui prennent notamment corps dans les centres d’art créés par Ibrahim Mahama au Ghana, lesquels promeuvent la création et la transmission locale par la pédagogie. Parmi les œuvres présentées : Things Fall Apart, cette reconstitution d’une usine de bouteilles en verre parmi les derniers projets du premier président ghanéen Kwame Nkrumah ; ou une installation textile directement réalisée sur les arcades de la façade de la Fondation. La récolte s’annonce très bonne.

*Dorothy Akpene Amenuke, Gideon Appah, James Barnor, Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC), Courage Dzidula Kpodo, Zohra Opoku, Postbox Ghana, Tjaša Rener, Feda Wardak.

Quand ? du 22 octobre 2026 au 28 février 2027
Où ? Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2, place du Palais-Royal, Paris 1er

Cet automne, la Fondation Cartier accueille la précieuse expo collective de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama
© Ibrahim MahamaRed Clay, Tamale, 2025

Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins, au Musée national de l'histoire de l'immigration

C'est un travelling de côté sur l'histoire du cinéma français que nous propose le musée national de l'histoire de l'immigration. Du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, l'institution du Palais de la Porte Dorée célèbre les figures maghrébines qui ont changé la face de notre cinéma depuis soixante ans, sous un titre qui annonce la couleur : « Une nouvelle histoire du cinéma français, héritages maghrébins ». La nuance est essentielle : il ne s'agit pas d'inventorier une fois de plus la façon dont les écrans français ont représenté l'immigration, mais de regarder les artistes eux-mêmes, ceux qui tiennent la caméra et occupent le cadre depuis les années 1960. On y croise donc le pionnier Ali Ghanem, dont plus personne ne parle, Mehdi Charef, passé de l'usine au roman puis à la caméra avec « Le Thé au harem d'Archi Ahmed », à qui l'exposition est dédiée, ou Rachid Bouchareb, dont « Indigènes » valut en 2006 un prix d'interprétation collectif à Cannes, une nomination aux Oscars et, accessoirement, la décristallisation des pensions des anciens combattants des colonies. Suivent Hafsia Herzi, dont « La Petite Dernière » a valu en 2025 le prix d'interprétation féminine de Cannes à Nadia Melliti, footballeuse et étudiante en STAPS repérée dans la rue sans avoir jamais tourné, et Lina Soualem côté réalisation, tandis que Jamel Debbouze, Rachida Brakni, Roschdy Zem et Sami Bouajila tiennent le versant plateau. Pour raconter tout ça, le commissariat réuni autour de Clémentine Deroudille, autrice et réalisatrice, a rassemblé des extraits de films, des affiches, des photos de tournage, des storyboards, des archives de presse et quelques Césars sortis de leur vitrine. Le tout examine autant les formes inventées que les thèmes travaillés, de l'exil à la quête d'identité, et la place qu'y ont pris les personnages féminins.

Quand ? du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027
Où ? Musée national de l'histoire de l'immigration, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e
Combien ? de 9 à 12 €

Cette importante expo raconte l'apport crucial des figures maghrébines dans le cinéma français
© June FilmsAffiche du film "La Petite Dernière" d'Hafsia Herzi
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