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​3 questions à Patrick Roger, le chocolatier sculpteur qui ouvre sa première galerie à Paris

Pour Paris Design Week 2026, le plus artiste des chocolatiers ouvre sa galerie à côté de sa boutique de Saint-Sulpice. En plein accrochage, il nous raconte son parcours de la fève au bronze

Antoine Besse
Écrit par
Antoine Besse
Responsable des rubriques restaurants et bars
Patrick Roger
© Michel Labelle | Patrick Roger, le 9 avril 2019
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Depuis plus de 40 ans, Patrick Roger occupe une place à part dans le monde du chocolat. Cet artiste autodidacte natif d’un tout petit village du Perche, avec son col tricolore de MOF et ses idées toutes les vingt secondes, a remporté le grand prix international de la chocolaterie, travaillé les fèves pour Jean-Paul Gaultier, Karl Lagerfeld ou Guy Savoy… mais aussi décoré ses neuf boutiques de ses meubles et sculptures contemporaines. A l'occasion de la Paris Design Week 2026, il saute le pas et ouvre sa première galerie, le Roger Garage (car il est aussi féru de mécanique et de motos !), où il va exposer une -petite- sélection de ses sculptures en bronze et aluminium réalisées dans son immense atelier à Sceaux. Vous pourrez y admirer ses chaises éléphant, une cabine de WC aux reflets d’argent, un monumental piètement de table inspiré d’un moteur. Particularité : toutes ont été modelées dans du chocolat avant de devenir des œuvres en bronze ! Rodin avait la glaise, Roger, le chocolat !

 Cabine de Patrick Roger
© Michel LabelleCabine de Patrick Roger

Comment passe-t-on de chocolatier à sculpteur ?

Giacometti a eu la chance d’avoir les Noailles, moi je n’ai jamais été dans un musée avant mes 26 ans. Je ne suis pas du sérail. Mais vers 2008, il y a une cliente dans ma boutique de Sceaux qui m’emmène à la fonderie de Coubertin à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Et là je comprends qu’avec le bronze je vais pouvoir stabiliser mon travail. En chocolat, soit il y a un coup de soleil ou un choc, bref c’est un enfer. Je suis vraiment en lutte permanente… Sculpter, c’est pérenniser mon travail. C’est ça le plus important, je suis obsédé par le travail. Mon histoire commence comme ça : dans les années 80, je fais des chocolats pour des fêtes de l’époque. Ça envoyait à l’époque ! Les gens mangeaient même le polystyrène des buffets ! Jean-Paul Gaultier me remarque et là ça part. Ma pratique artistique s’est accélérée avec une collaboration, en 2011, avec Karl Lagerfeld où je devais faire une suite entière en chocolat, à la Réserve. J’ai été payé et en prime j’ai pu récupérer la dizaine de tonnes de chocolat du projet dans mon atelier et sculpter avec. 

Roger Garage
© Michel LabelleRoger Garage

Vous vous voyez comme un artiste ou un artisan ?

Moi, j’aime les ouvriers, je suis moi-même un ouvrier et même Meilleur Ouvrier de France ! Faire, c’est fascinant. La sculpture, elle est venue un peu comme ça : la façon de couper donne le goût et donne la forme. C'est lié. Je sais exactement ce que je veux et comment couper. Je voulais un banc sur une patte et j’ai fait un banc qui tient sur un point. Mais j’en ai dessiné trois… Puis des fois je procrastine, je glandouille et des fois j’appelle mes équipes à 2 h du matin comme quand j’étais en apprentissage. On parle de l’intelligence de la main, mais ça reste le cerveau qui dirige ! Ma fille dit « Si c’est pensé, c’est fait ». Après, le toucher rentre aussi en jeu… C’est paradoxal.

Assises Eléphant par Patrick Roger
© Antoine BesseAssises Eléphant par Patrick Roger

Deux sculptures inspirées des éléphants sont exposées dans votre galerie, vous avez aussi fait des hippopotames ou des grands singes. Comment expliquez-vous cette fascination pour la faune africaine ?

Moi, j’ai la chance de ne rien connaître, de ne pas avoir été à l’école. Je vois par mon propre étonnement, sans filtre. En revenant d’Afrique, j’ai été bouleversé par les rencontres faites là-bas et leur fin, par le sentiment de faire partie d’une chaîne alimentaire. On se rend compte qu’en tant qu’humain on est à la masse complet. Mes sculptures, elles vont perdurer et la matière reste 100 % recyclable. 

Où ? 4 place Saint-Sulpice, Paris 6e.
Quand ? Du mardi au samedi de 11h à 13h45 et de 14h30 à 19h. Ouvert le dimanche durant la Paris Design Week

Par ici pour d'autres plans lors la Paris Design Week 2026

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