Les infamies photographiques de Sigmar Polke

Art, Photographie
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Time Out dit

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En plein Mois de la photo, le BAL propose une des expos les plus punk de la saison et met en lumière un aspect méconnu de l’art de Sigmar Polke.

Pour qui ? Les vrais outsiders
Voir quoi ? Des œuvres hybrides délirantes

De Sigmar Polke, on connaît surtout les peintures électriques inclassables. Mais en ce Mois de la photo, c’est un autre aspect de la pratique de l’artiste allemand que nous propose d’explorer le BAL. Spot de la photo alternative de la place de Clichy, la plateforme indépendante constitue un corpus à partir d’une caisse poussiéreuse pleine de clichés trouvée chez Georg, le fils Polke. 

Un point de départ narratif qui donne naissance à une expo énigmatique et intimiste où des centaines de tirages sont exposés à même le mur, sans titre ni date, renvoyant à l’une de ses rares expos photo donnée à la galerie Schmela de Düsseldorf, en 1986. Un accrochage qui aurait certainement plu à cet outsider affirmé qui se foutait royalement des conventions. Sa pratique de la photo, Sigmar Polke l’expérimente plus qu’il ne la pense. 

Influencées par les contre-cultures Fluxus et punk comme par la photo documentaire de Walker Evans, les prises de vues de Polke sont malmenées, accidentées, superposées pour se rapprocher, finalement, de ses œuvres peintes. Jouant les alchimistes fous, l’artiste fait subir à ses tirages en noir et blanc d’innombrables traitements pour s’éloigner le plus possible du médium photographique classique. Entre expérimentation graphique et création sous stups, c’est le travail d’un punk comme on n’en fait plus que nous présente le BAL dans un cadre intelligemment dépouillé. 

En plein Paris Photo m’as-tu-vu et conventionnel, l’anticonformisme de Sigmar Polke apparaît comme une bouffée d’air frais.

Par Zoé Kennedy

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