0 J'aime
Epingler

Brasserie Barbès vs Paname Brewing Company

Combat de bars « gentrifieurs » en quatre rounds

Ce sont deux nouvelles adresses ultra bobo qui font beaucoup parler d'elles. Côté XVIIIe, la très controversée Brasserie Barbès, ouverte le 30 avril sur le célèbre carrefour éponyme. Un temple de l’oisiveté sur trois niveaux faisant brasserie, bar, dancing… Et surtout équipé d’un magnifique rooftop. Côté XIXe, le dernier (gros) bébé du Nord-Est parisien : la Paname Brewing Company, « PBC » pour les intimes, une micro-brasserie idéalement située en bordure du Bassin de La Villette. Seuls deux grands axes séparent physiquement ces géants gentrifieurs : le quai de la Loire et le boulevard de la Chapelle. A pied : 2 kilomètres, 27 minutes. Pas grand-chose. On en a profité pour organiser un combat de rue. Tournée générale pour le vainqueur ! 

1/6

La Brasserie Barbès atteint une certaine hauteur avec son joli rooftop sur planches de bois. Sa vue sur le métro aérien, malgré la nuisance sonore, ne manque pas de charme non plus. Mais la petite rambarde de métal qui encercle le toit ne constitue pas une couche suffisante pour nous faire oublier celle, vraiment épaisse, formée par les pots d’échappement d’en bas. C’est donc une victoire pour la PBC et sa terrasse glissant littéralement jusqu’au bord du canal. Pas grave Barbès, il reste trois rounds pour gagner la partie !

> Résultat : Brasserie Barbès 0 - 1 PBC

2/6

Les amateurs de bière artisanale que nous sommes tombent évidemment en admiration devant les magnifiques cuves argentées trônant au fond de la PBC. Sa baie vitrée face au bassin et sa déco industrielle sobre raviront les plus sensibles à l’esthétique contemporaine. Mais la Brasserie Barbès frappe encore plus fort avec sa grande salle claire du rez-de-chaussée, son adorable patio et son mini-dancefloor en bois. La bataille fait rage…

> Résultat : Brasserie Barbès 1 – 0 PBC

3/6

Ah, la qualité du service ! Cette chose immatérielle et pourtant si palpable… Et si décisive dans l'appréciation d'un lieu. A Barbès, vous ne pourrez pas vous plaindre d’attendre votre demi ou votre sole meunière… Mais votre poisson risque d’arriver tiède, voire pas assez cuit. Et personne ne vous entendra protester : trop de monde, trop de tables, l’ambiance est cacophonique. La PBC, à côté, c’est la Creuse. On passe commande au comptoir, mais ensuite, pas le moindre ricochet pour troubler l’eau tranquille du canal. Un point de plus contre la brasserie du XVIIIe !

> Résultat : Brasserie Barbès 0 - 1 PBC

4/6

Côté Barbès, des plats néo-bistrot agréables, mais un peu trop chers et prétentieux pour la qualité. Point plus positif : la maison offre un beau choix d’alcools, de cocktails (à 11 €) et de jus frais. Côté PBC, le menu est plus modeste. Un très bon burger-frites à 14 € et de délicieuses planches de mezze : on n’en demande pas davantage. On se rafraîchit bien sûr de bières artisanales brassées sur place. Vous l’aurez deviné, notre préférence va encore une fois vers l’adresse du XIXe.

> Résultat : Brasserie Barbès 0 - 1 PBC

5/6

Qui de ces deux bulldozers gentrifieurs a les plus gros pneus ? La PBC, avec sa micro-brasserie super tendance et ses chaises d’école recyclées, présente un look très hipster. Mais, sur un quai accueillant déjà le Pavillon des Canaux et le Bar Ourcq, elle ne change pas vraiment l'horizon du quartier. La Brasserie Barbès, en revanche, a jailli en plein milieu d’un des derniers endroits populaires intra-muros. Tout le monde y voit le signe d’une inéluctable métamorphose de ce coin de Paris. Aïe, c’est un point de pénalité pour cet îlot m'as-tu-vu du XVIIIe !

Oh oh : - 1 pour la Brasserie Barbès !

And the winner is...
6/6

And the winner is...

Nos critiques des lieux :

Brasserie Barbès

Quatre étages, un joli bar-restaurant au look industriel, un adorable dancing, un patio, un rooftop. Mais surtout un symbole fort de gentrification. La veille de son ouverture, nous vous parlions de la Brasserie Barbès et des réactions qu’elle suscitait déjà. L'impressionnante bâtisse qui trône face au métro Barbès-Rochechouart accueille désormais ses (nombreux) clients. Un succès sans surprise pour ses propriétaires, également à la tête des très branchés Chez Jeannette et Le Mansart. Nous nous sommes finalement mêlés à la foule qui se rue ici chaque soir, histoire de prendre le pouls du lieu. 

En savoir plus
La Chapelle

Paname Brewing Company

En longeant le quai de la Loire depuis le métro Jaurès, on entend le clapotis de l'eau, les boules de pétanque s'écraser au sol et les canettes de bière se faire décapsuler. Lorsque les beaux jours pointent le bout de leur nez, le bassin de la Villette devient l'un des lieux de villégiature préférés des Parisiens. Pique-niques improvisés et tournois de molki peuplent alors cette belle artère à ciel ouvert. Un petit coin de paradis dans un quartier jadis un peu lugubre. L'arrivée de la Paname Brewing Company (après celle du très mignon Pavillon des Canaux) sonne ainsi définitivement le glas de l'époque Stalin-crade. 

En savoir plus
Bassin de la Villette

Commentaires

0 comments