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Le Grand Musée du Parfum à Paris sera luxueux mais pas élitiste

Grand musée du Parfum
© Grand Musée du Parfum /ea

Un nouveau musée débarque à Paris ! Dédié au parfum sous toutes ses senteurs, il sera inauguré mi-décembre prochain. Rencontre avec son président-directeur, Guillaume de Maussion.

Vous le sentez flotter dans l’air, ce parfum de révolution culturelle ? Si non, c’est soit que vous avez le nez bouché, soit que vous n’avez pas encore entendu parler de l’ouverture du Grand Musée du Parfum. Pourtant, elle arrive à grand pas (mi-décembre 2016, précisément). Avec, dans son sillon, un concentré d’intelligence et d’innovations technologiques pour éveiller les sens de toute la famille. Notamment grâce à des diffuseurs ultra-modernes, mis au point par la maison de composition de parfums IFF afin de ne pas saturer les narines des visiteurs.

De la genèse à la conception du parcours multi-sensoriel sur quatre étages du Grand Musée du Parfum, son président-directeur, Guillaume de Maussion, nous révèle tout sur ce projet inédit. Institution capitale du secteur de la parfumerie, reconnue par ses principaux acteurs – dont la Fédération des Entreprises de la Beauté et le Syndicat Français de la Parfumerie – et appuyée par un conseil scientifique d’une quinzaine d’experts, elle exhale d’ores et déjà un parfum de réussite.      

 

 

Guillaume de Maussion, président-directeur du futur Grand Musée du Parfum.
© C.Gaillard

 

 

Comment vous est venue l’envie de ce musée ?

Une idée née toujours de plusieurs influences. En l’occurrence l’amour du parfum et le désir d’un projet pérenne. Dans ce cas, quoi de mieux qu’un musée ? Et puis, en discutant avec les gens autour de moi, j’ai compris qu’il y avait une véritable attente et un étonnement que ce genre de lieu n’existe pas déjà. A peu près tout le monde est passionné par l’univers du parfum sans vraiment y connaître grand-chose.

Vous-même, étiez-vous familier de cet univers du parfum ?

Non, j’avoue que je n’étais pas dans le milieu du parfum au départ, mais je pense que c’est une bonne chose : on a un œil neuf, un regard plus vierge sur le sujet et on repère plus vite ce qui marche, ce qui captive, ce qui accroche. De plus, pour ouvrir un musée du parfum il faut constituer une équipe de compétences diverses : dans le parfum mais aussi dans la culture, dans la finance, dans le tourisme, dans le marketing, dans la communication, etc. C’est l’assemblage de toutes ces compétences qui fait la force du projet. Comme des senteurs pour un parfum.

Qu’est-ce qui vous a donc donné envie de vous mettre au parfum, si je puis dire ?

Je suis comme tout le monde : j’adore le parfum, j’en porte mais je me suis aperçu que sur un sujet aussi large et faisant partie de notre vie quotidienne, je ne connaissais rien. Et comme je suis de nature curieuse, je me suis intéressé au parfum, à sa fabrication, et je me suis pris de passion.

Qu’aura-t-il de différent par rapport à l’actuel musée du Parfum Fragonard de Paris ?

On ne se sent pas du tout concurrents du musée Fragonard car nous avons une vision plus holistique. Nous ne sommes pas le représentant d’une Maison, nous n’avons pas d’étiquette. Nous sommes toutes les Maisons ou aucune Maison en somme. Et surtout nous sommes le musée d’un secteur, étroitement associé à l’ensemble de ses représentants.

 

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le parfum !
© Svetlana Foote

 

 

Concrètement, à quoi ressemblera ce Grand Musée du Parfum ? Que pourra-t-on y faire ?

La scénographie, imaginée par Projectiles [également à l’origine de la muséologie du Quai Branly-Jacques Chirac et du musée de l’Homme, NDLR], est organisée en trois étapes majeures : une première partie s’intéressant aux racines du parfum, et de son utilisation religieuse notamment, jusqu’à l’essor de la parfumerie française. 

On a ensuite une deuxième séquence, encore plus sensorielle que la précédente, où les visiteurs pourront voir avec leur nez et comprendre comment tout le processus olfactif fonctionne. Pourquoi une rose sent la rose ? De combien de molécules est-elle composée ? Comment reconnaît-on des odeurs ? On vous invitera d’ailleurs à jouer avec, à les deviner... C’est une partie très participative où il y a beaucoup d’interaction. 

La troisième, elle, est consacrée à la célébration du parfumeur comme un artiste, un créateur, et à l’exploration de sa palette de matières premières. Car être Nez ce n’est pas simplement une affaire de mélanges au hasard. De véritables créateurs nous expliqueront donc leur métier au travers de vidéos, comme un dialogue.

J’ai cru comprendre qu’il y aurait aussi un jardin sensoriel…

C’est un double jardin : celui à l’intérieur, assez magique et contemporain, proposera de découvrir plus d’une soixantaine d’odeurs. Quant au jardin extérieur, il fera 1200 m2, ce qui est assez exceptionnel à Paris intra-muros. Les visiteurs pourront y déambuler de la serre chaude au labyrinthe odorant, entre autres espaces. Ce jardin sera donc purement botanique alors que le premier sera plus spirituel, disons.

Y aura-t-il des ateliers pour que les visiteurs puissent expérimenter le métier de Nez ?

Au cours du parcours il y aura bien sûr quelques manipulations possibles, mais assez légères, avec un orgue à parfum. Par contre, à partir du mois de février, seront mis en place des ateliers de confection, ou en tout cas d’approche, parce que créer un véritable parfum n’est pas si facile. Ce seront des ateliers pouvant accueillir 20 personnes maximum et qui coûteront environ 50 €, soit le prix des accessoires et des matières premières.                                            

© Kzenon

 

 

 

                                 

Combien de temps ont duré les travaux ?

Deux ans, sans compter le temps de maturation du projet.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Pas tellement, nous avons été chanceux. Les choses se sont déroulées sans encombres majeurs grâce au secteur du parfum et à ses talents qui nous soutiennent. Tels la Mairie de Paris et du 8e arrondissement dont nous avons obtenu le patronage. Il faut dire que c’est à Paris, la capitale du luxe, que ce Grand Musée du Parfum a toute sa place.  

Pourquoi avoir choisi l’Hôtel particulier du 73 rue du Faubourg Saint-Honoré pour s’installer ?

Pour ne rien vous cacher, c’est un coup de chance extraordinaire ! Cet Hôtel particulier est l’écrin idéal qui permet d’allier le luxe, la modernité et la chaleur d’un lieu de vie tout en créant un contraste magnifique entre installations contemporaines et architecture plus classique.

Quel public espérez-vous toucher ?

C’est un sujet très large, donc je pense que l’on peut intéresser tout le monde. Nous n’avons pas envie de faire un musée élitiste, bien que le cadre et le thème soient luxueux. Nous sommes un musée de nouvelle génération, avec beaucoup d’interaction et d’originalité, qui offre plusieurs lectures du parcours suivant les âges : les jeunes et les familles sont donc principalement ciblés. Mais on peut cibler bien au-delà des Parisiens et toucher des personnes peu habituées à visiter les musées.

Enfin, hormis le Grand Musée du Parfum, avez-vous des adresses parisiennes à nous conseiller, que vous affectionnez particulièrement ?

Je peux vous citer Le Fumoir, un endroit agréable à toute heure, où les tables sont confortablement espacées. Le Bar du Bristol également, nos chers voisins, juste en face ! Un lieu intemporel avec un service d'une rare gentillesse. Et enfin le Palais de Tokyo, dont les expositions et installations sont toujours surprenantes.

 

Quoi ? • Le Grand Musée du Parfum
Où ? • 73 rue du Faubourg Saint-Honoré, 8e 
Quand ? • Inauguration mi-décembre 2016

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Commentaires

2 comments
Mariateresa M

Bonjour Clothilde, merci pour votre article. Avez vous un contact telephonique du museé? Je suis journaliste en Italie pour Io Donna. Merci

Emmanuel Chirache

Merci pour l'article et l'interview, qui sont très intéressants. A quand une salle dans le musée dédiée aux senteurs parisienne ? Métro, poubelles, mais aussi odeurs de fruits et légumes des marchés, boucheries, nature qui bourgeonne, cuisines des restaurants, urine, bière et transpiration !