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Jardins partagés : mode d'emploi

« Il faut cultiver notre jardin »

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Jardin partagé Terrassse du T3
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Jardin partagé Halles Pajol
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Jardin partagé Terrassse du T3
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Jardin partage Le 56
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Jardin partage - jardin insolite

Lopins de terre dans lesquels fleurissent biodiversité et sociodiversité, les jardins partagés sont de véritables lieux communautaires autogérés. Ils constituent un terrain d’expérimentation pour l’agriculture biologique urbaine et un vaste terreau pour de nouveaux modes de socialisation. Leur approche du territoire a de quoi réconcilier les tensions entre partage de l’espace public et respect des espaces privés.

Accepter que ce que l’on plante pousse aussi chez le voisin, et que ses graines fassent germer les nôtres, s’approprier la terre sans en être le propriétaire, tout un art de l’apprentissage.

 

Bourgeon de définition

Bourgeon de définition

Les jardins partagés en tant que tels naissent aux Etats Unis dans les années 1970. Les community gardens ornent petit à petit les friches délaissées par l’industrie. En France, dès les années 1980 les prix des terrains flambent et le mètre carré de verdure en milieu urbain se fait rare. Le modèle des jardins ouvriers d’après-guerre (à voir, une vidéo de l'INA sur les jardins ouvriers) originellement très « alimentaires » voient arriver un nouveau discours autour du partage et du respect de l’environnement. Ces jardins de quartier sont alors familiaux, mais les échanges de plants et d’idées sont déjà au cœur de la motivation des participants.

Au cours des années 1990, des associations d’habitants militants s’associent à la volonté de certains élus de se réapproprier la ville sur le modèle des jardins new-yorkais : pesticides prohibés, animations et repas de quartier fortement conseillés. New York dénombre aujourd’hui plus de mille jardins partagés. Avec une centaine de jardins seulement pour Paris, les gars il va falloir se mettre à bêcher !

Mixité sociale contre pression immobilière : l’alliance choc du bobo et du prolo

La terre a toujours été un engrais fertile pour les rebelles. Au premier abord, nos jardins partagés n’ont plus grand-chose à voir avec les communautés de villageois au Moyen Age, défendant leur « droit d’usage » face aux seigneurs. Mais l’on constate bizarrement que l’occupation collective de terrains vacants a souvent fleuri en période de crise économique.

De tout temps l’usage collectif de parcelles a permis de lutter contre l’appropriation individuelle des espaces communs. Provinciaux en manque de verdure, immigrés nostalgiques de leur verger et Parisiens allergiques au gluten partagent désormais quelques mètres carrés.

Jardins partagés à Paris

Où trouver un jardin partagé près de chez soi ? 

La mairie de Paris a mis en place une carte qui répertorie tous les jardins partagés disponibles à Paris. 

Comment choisir son jardin ? 

On distingue plusieurs types d’usages et d’organisations, mais quel que soit le modèle, les associations doivent signer avec la marie de Paris la charte Main Verte (lire la charte) qui se résume en trois engagements : développement d’une démarche participative, création de lien social et jardinage dans le respect de l’environnement.

Tous les jardins coulent de la même sève et ont en commun les valeurs du partage et de la diversité. Découvrons leurs ramifications.

 Jardins partagés dans les lieux publics

Jardins partagés dans les lieux publics

Intégrés au sein même des jardins parisiens, ces jardins sont gérés par les écoles, collectifs d’habitants ou associations qui en font tout simplement la demande.

Quelques exemples de jardins à visiter : 

Le jardin de Théodore, 5e 
Jardin de Falbala, 14e
Jardin partagé Halles Pajol, 19e
Jardin Les haies partagées, 20e
Jardin partagé Terrasse du T3, 20e

Jardins partagés d'insertion

Jardins partagés d'insertion

Ouverts à tous, ils sont prioritairement gérés par des personnes isolées de l’emploi, dans le but d’une professionnalisation vers les métiers du jardinage.

Ici en photo, le Jardin partagé sur le Toit, 20e

Jardins partagés AMAP

Jardins partagés AMAP

Lieux d’échange entre producteurs et consommateurs, ils permettent aux AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) de vendre leurs produits et de sensibiliser les Parisiens à une agriculture locale.

Ici en photo, le jardin partagé Le 56, 20e 

Jardins partagés à investir

Jardins partagés à investir

De nombreux jardins sont en manque de mains vertes et contrastent encore avec l’idée verdoyante que l’on peut s’en faire. Allez sur place et demandez quelle association gère ou di-gère l’espace, ces jardins n’attendent que vous !

Ici en photo, le jardin Insolite

Parisiens en milieu partagé

Manuel de survie

Manuel de survie

Certes ces espaces communautaires sont source d’échanges interculturels et intergénérationnels. Ils sont en deux mots, super cools. Pourtant, les apprentis jardiniers devront ponctuellement lutter contre l’envie irrésistible de se replier chez soi devant leur ordinateur. Car une chose est sûre, la mise en situation de responsabilités partagées n’est facile pour personne.

Nos conseils :

1 • Inspirer quand une graine de voyou (Théo 5 ans) mange devant vos yeux votre maigre récolte de tomates cerises

2 • Garder la tête haute face aux rires de Bernard après avoir dit que vous étiez impatient de « cueillir » vos radis

3 • Sourire lorsque Annette vous rend votre pelle cassée en vous conseillant de ne plus acheter des outils de pacotille

4 • Expirer quand Ernesto vous propose ses pommes de terre en échange de vos aubergines (alors qu’on sait bien qu’une aubergine, ça ne vaut pas une patate ! Le fourbe)

Quelques infos pour creuser

Quelques infos pour creuser

Trois sites pour s'y retrouver : 

Carte des jardins partagés à Paris

Association Graine de Jardins  

Maison du jardinage

Hors des jardins : le permis de végétaliser

Avec le permis de végétaliser les Green Guerillas s’institutionalisent ; le lancer de bombes végétales est désormais remplacé par le formulaire en ligne de la mairie de Paris. Aux graines citoyens !

Conseil lecture à l’ombre d’un citronnier :

Rousseau, 'Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes'

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne. »

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