Le tatouage à Paris

Tour d’horizon d’un art en pleine effervescence

© Claude Bencimon

Née il y a des millénaires, la pratique du tatouage n'a cessé de se démocratiser au sein des populations, notamment en France. Importé en Europe à la fin du XVIIIe siècle à la faveur des grandes explorations maritimes, le tatouage a rapidement été considéré comme une pratique de mauvais garçons. En effet, au départ pratiqué par les marins et les soldats, il glisse rapidement au début du XIXe siècle sur la peau des prisonniers, tous unis par l'ennui de la vie en réclusion. Dès lors, et pour de nombreuses décennies à suivre, le tatouage est synonyme d'exclusion sociale.
Et puis, peu à peu à partir des années 1990, le tatouage se dissocie de sa mauvaise image pour devenir un réel phénomène de mode : adieu majestueux voiliers tatoués sur le torse, bonjour tribal et autres dauphins incrustés dans le creux des reins.

Fort heureusement, dans les années 2000, le tatouage se refait une réputation. Grâce à de nombreux artistes-tatoueurs très talentueux, il s'empare d'une image plus noble, allant jusqu'à être considéré par la majorité comme une forme d'art. En France donc, mais également dans de nombreux pays occidentaux, le tatouage est passé d'un synonyme d'exclusion sociale au statut d'art à part entière, et il suffit d'observer notre cher pays à la loupe pour le comprendre.

Tout d'abord, les Français sont de plus en plus friands d'encre. Autrefois réservé aux bad boys donc, le tattoo est aujourd'hui devenu l'apanage de tous, y compris des femmes qui sont de plus en plus nombreuses à passer sous le dermographe. Selon une étude de l'Ifop, un Français sur dix serait aujourd'hui tatoué, et un jeune sur cinq âgé de 25 à 34 ans déclare avoir un tatouage.

Enfin, les évènements dédiés au tatouage fleurissent un peu partout dans l'Hexagone, qu'il s'agisse de conventions, de festivals ou d'expositions. Le plus gros événement de l'année ? Le Mondial du tatouage, une convention présidée par le tatoueur Tin-Tin, qui réunira les meilleurs artistes tatoueurs du monde du 9 au 11 mars dans la Grande Halle de la Villette. Pour acheter son billet d'entrée, c'est par ici.

La crème des tatoueurs

Tin-Tin tatouages

Charismatique tatoueur à la taquinerie facile et au dermographe rapide, Tin-Tin est un autodidacte passé maître dans l'art du tatouage. Ici, c'est l'effervescence, contrepartie d'un gisement créatif et d'un professionnalisme certain. Vous pouvez proposer vos propres modèles ou vous faire conseiller sur d'éventuels motifs réalistes, tribaux polynésiens ou autres dessins japonisants. 

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Saint-Georges

Hand in Glove

Originaire du Mans, Romain monte à Paris en 1998 pour percer dans ces deux disciplines et continue en parallèle à faire des dessins pour des marques de skate et des groupes de musique. Finalement, il se lance. A 37 ans, après une dizaine d’années de pratique dans des salons réputés de la capitale, il ouvre Hand in Glove. Ici, les tatoueurs font ressortir leur culture graphique à travers à peu près tous les styles de tatouage : old school, new school, jap, traditionnel...

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Charonne
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Abraxas

L'une des plus grosses enseignes du tatouage parisien. Au total, c’est une quinzaine de tatoueurs et perceurs résidents qui travaillent en rotation sur l’ensemble des boutiques, ainsi que quelques tatoueurs freelance qui viennent ponctuellement. Avec un tel panel d’artistes, forcément, tous les styles sont balayés : old school, new school, japonais, tribal, réaliste, etc.

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Le Marais

Mystery Tattoo Club

Après avoir passé douze ans à faire ses armes chez Tribal Act puis chez Tin-Tin, Sacha, plus connu sous le nom d’Easy Sacha, décide en 2008 d’ouvrir sa propre boutique : le Mystery Tattoo Club. Dans son club, Easy Sacha s’est entouré de trois talentueux acolytes : Manon, Fred Om, Just et Yom. A eux cinq, ils couvrent une large palette de styles et, même s’il a un penchant pour l'esprit japonais, Sacha ne se ferme jamais de portes.

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Canal Saint-Martin
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Bleu Noir

Voici un salon bien décidé à montrer que le tatouage est un art à part entière. Ici, on parle d’œuvres et la boutique ressemble à une véritable galerie d’art. Au rez-de-chaussée se trouve un espace d’exposition et un mini-store où sont proposées des sélections d’œuvres exclusives, des installations temporaires. Des artistes – peintres, illustrateurs mais aussi tatoueurs, qui officient également chez Bleu Noir comme Mast Cora, Frank Pellegrino ou Supakitch – y sont accueillis en résidence. Bref, vous l’aurez compris, Veenom et Jeykill mettent l’accent sur la créativité artistique.

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Abbesses

Sailor Roman

Il s’appelle Romain Foucher, mais à Paris, les gens le connaissent sous le pseudo de Sailor Roman. Grand passionné de voyages et de découvertes, Romain est un tatoueur spécialisé dans l’univers marin. Dans son salon du 11e arrondissement, ouvert depuis 2011, Romain tatoue des capitaines de sous-marins, des membres de l’unité américaine Navy Seals, bref, pas mal de gens liés à ce monde marin. Mais il sait également explorer d’autres univers. 

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Folie-Méricourt
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Commentaires

3 comments
Chloé L

Bleu Noir est une vraie perle ! Des artistes très talentueux avec un savoir faire et une finesse de trait ! ou quand le tatouage est un vrai ART !

Clotilde G

Je lance l'opération "exhibe ton tattoo", qui me suis ? ;)