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Critique
Le Racines des Prés de David Lanher a changé de mains et de nom. Ce BA/C devient la maison de Benjamin Arnaboldi, disciple de Christian Etchebest passé par Vaisseau. Il n’a rien changé au décor franchement réussi dans le genre adresse classieuse : même cuisine ouverte ceinte d’un comptoir en marbre, mêmes banquettes de cuir, même toile de Jouy tropicalisante.
Autour de plats aux intitulés à « / » comme dans les années 2000, le chef convoque cérémonie gastronomique (amuse-bouche et mignardise ; saucières à table…), produits bistrotier (magret de canard, cervelle de veau…) et prix relativement abordables pour le quartier. L’entrée arrive en trois ramequins : daïkon mandoliné cru titillé de thon séché, daïkon en brunoise sous une convaincante émulsion au comté et un shio pan (comme chez Salted Boy) un peu hors sujet. En plat avec plus de technique que de clarté, un médaillon de cabillaud (qui aurait mérité 1 minute de cuisson en plus) sous de sapides feuilles de blette et rehaussé d’un sabayon au porto. Le dessert signé Diane Levasseur s’impose comme le meilleur moment du repas : des dés de prunes sous une glace mélilot et – génie – un coulis d’olive noire. La carte des vins offre une belle amplitude naturiste : du muscadet de Jo Landron (39€) au meursault de Tino Kuban (1300€).
On le sait, ce bout de 7ᵉ entre Gallimard et Sciences Po ne constitue pas l’épicentre de l’underground parisien et ça se retrouve dans cette clientèle bien coiffée.
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