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Critique
Oh qu’elle porte beau, cette brasserie nouvelle sortie de terre à Saint-Germain-des-Prés, quartier jadis épicentre du chic mondial et qui depuis semble avoir perdu son latin. Un élégant lettrage en cursives style années 50, des airs jazzy et un piano rouge où l’on croirait voir jouer Boris Vian, des velours à motifs et des boiseries caramel, le tout pomponné par la décoratrice Dorothée Meilichzon qui redonne du souffle à l’imaginaire germanopratin. Le temps d’un repas, on surfe à nouveau sur une Nouvelle Vague rêvée et chaleureuse.
Les indéboulonnables du genre sont solidement chevillés à la carte. On opte donc pour le poireau vinaigrette sur son trente-et-un (9 €), cerclé au centre de l’assiette, gominé d’une subliminale sauce surette et emperruqué de persil frais par le chef Amine Boudali, qui a fait ses armes au Murat, autre brasserie du groupe Maison Bucher (qui a aussi le Gallopin). En résistance, on convoque une bonne vieille saucisse (bio et au couteau), volumineuse et sans raideur, allongée contre une généreuse virgule de purée – nickel pour 19 € en ces terres à 16K du mètre carré. Et en dessert, la crème brûlée est enflammée devant le bourgeois épaté pour un petit surcroît de spectacle qui sied bien à l’esprit des lieux (9 €).
Et comme Brass ne coûte pas un bras, la cave recèle des gros canons et des godets à prix abordables (8 € le chardo blanc bourguignon). Au fond du restaurant, une salle en alcôve façon cocktail club nous fait fantasmer des nuits folles à conter fleurette à la nouvelle Juliette Gréco. Une adresse sûre dans ce 6e arrondissement parfois dur à mâcher.
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