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Critique
Lumière ovniesque d'un quartier aussi aimable que la porte de prison de la Santé voisine, voilà une table d'angle, qui appâte les becs fins en mal de chaleur bistrotière. Les anciens du café Chinchin, Pierre Thomas, Florian Woelflinger et William Sou, veillent sur ce décor de lumières douces, banquettes céladon et chaises patinées, ouvert sur une cuisine à larges hublots. Aux fourneaux, Mickaël Falotte, passé chez Christian Constant et chez Georgette, maîtrise classiques généreux et tours de main malins sans céder aux chichis : une capsule plus Soupe aux choux que Star Trek !
Cuissons, émulsions, petits légumes, tout est saisi au garde-à-vous. Au déjeuner, velouté de cèpes au lard et jus corsé, tourte au poulet de Luteaux et chanterelles. À la carte, raviole de langoustine crousty et dodue grenouillant dans une bisque pourpre où le gingembre pointe, puis échine de cochon d'Aveyron de 36h laquée d'une sauce relevée obscènement succulente. On ne quitte pas l'orbite sans le fameux Paris-Brest, petite danseuse fauve de chou craquelin sous une crème mousseline bien beurrée ourlée de pralin. Côté verres, Pierre Thomas collectionne les pépites, surtout de Loire, Bourgogne et Champagne : pét'nat' ligérien de Bobinet (9 €) ou pinot noir de chez Georges Roy & fils (10 €). Ici, on débouche… et on décapsule.
Capsule est le repaire que les quartozièmards (mistes ?) se refilent sous le manteau. La salle ne désemplit pas et on se retrouve au coude à coude avec des tablées de copains qui ont la flemme de rallier le 11ᵉ comme avec des petites familles ou des couples nullipares.
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