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Critique
Vous voulez prendre un peu de distance avec la hype de la rue Saint-Maur ou vous croire en province sans quitter la rive droite ? Alors direction ce bout de 12e jadis dévolu au business vineux. Au pied d’un immeuble mo(che)derne non loin du cours Saint-Emilion, niche cette auberge reprise par Fabien Raynaud, méritant neveu du fondateur Georges Bouet, qui déploie une kitschissime déco rustico-médiévale en stuc qui ferait passer les attractions de Disneyland pour des reconstitutions d’historiens. Qu’importe, il y a foule pour s’installer aux tables nappées de carreaux.
Habitués abonnés au semainier ou gaillards venus se caler les joues, les clients savent pouvoir compter sur la caille confite, les tripoux de Naucelles ou le divin chou farci façon Lioujas. Mais la vedette ici, c’est l’aligot. Fameuse d'en organiser chaque mois de mars un concours du plus gros mangeur, cette auberge ne plaisante pas avec ce petit chef-d’œuvre fromagé, servi avec ou sans ail selon les palais. Filant doux, dense et bien poivré, ce fleuron du menu est fait sur place, une rareté en soi : c’est l’un des deux seuls à Paris (avec l’Ambassade d’Auvergne). Compagnon de l’agneau de Lozère, du veau du Ségala, de la saucisse charcutière ou de la truite d’Aubrac au foin, il cale et régale les nostalgiques du buron. Les plus braves enchaînent avec un des plantureux desserts maison, tels que le vertigineux mille-feuille, classique du lieu. Ou, plus sûrement, la merveilleuse Tatin qui coiffe au poteau ses copines des quartiers à la mode. l’Aveyron prime aussi dans les flacons : du fer-servadou de Marcillac aux Côtes de Millau et d’Auvergne, la carte des vins a elle aussi l’accent rocailleux, et c’est tant mieux.
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