[category]
[title]
Critique
Faut-il prendre ses distances avec une légende pour exister ? Arnaud Duhem, ancien directeur des restaurants du Shangri-La, semble répondre par l’affirmative. Quand en 2020, il reprend à Bruno Doucet la mythique Régalade (où, rappelons-le, en 1992, Yves Camdeborde inventa ce qui allait devenir la bistronomie), son premier geste fut de changer le nom en Petits Parisiens et de pimper la déco d’un dégradé de rose et de grège qui donne un petit air Barbie à ce bouclard de bonshommes.
Arrivé à l’automne 2025, le chef Lucas Felzine, passé par des belles maisons (Ze Kitchen Galerie, L’Arpège), insuffle, sans en faire des caisses, un peu de nikkei (la fusion nippo-andine) dans la partition bistrot. On retrouve ainsi au fil du menu miso, kombu, poulet karaage et sashimi… Ce midi-là, on entame avec des asperges vertes croquantes accoudées à un moelleux sabayon d’ail des ours dans lequel on a envie de se lover. Puis le Fin Gras du Mézenc, ce bœuf qui a pâturé dans les prés d’altitude de la Haute-Loire (disponible que de mars à juin !), met tout le monde d’accord : la viande à la cuisson chirurgicale se découvre la meilleure amie d’une puissante sauce au cacao. Et pour bien prendre conscience de la finesse des goûts de cette AOP, une bouchée en tartare l’accompagne. Splendeur carnassière ! Ce repas maîtrisé et très personnel se conclut sur la cabosse avec un torpide sorbet choco accompagnant un délicat crémeux au matcha. Aux manettes de la carte des vins se trouve un vétéran du bouchon, Loïc Mougène (ancien de La Robe et Le Palais), qui cisèle une sélection ménageant le tradi et le nature à partir de 39€ la quille.
Finalement l’essentiel de l’héritage de la Régalade reste ici préservé : celui de donner envie de revenir dans ce coin du 14ᵉ !
Discover Time Out original video