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Critique
Entre l’espoir et le fromage, le très adroit Sokunthear Vong (ex-Aux deux amis) redonne du lustre au gastrobar, géniale fulgurance barcelonaise des années 2000 qui ramena la grande cuisine à hauteur de comptoir. L’archi d’intérieur Pablo Goury, ayant déjà retapé le Café du coin ou Trâmette, a roulé ici tous ses R pour donner une vibe très espagnole à cet ancien buffet jap à volonté. Résultat ? Un beau néo-rade à l’ibère: devanture post-franquiste avec enseigne rétro éclairée, alu et murs grattés, lambris vernissés et lumière bleutée qui se reflète dans les iconiques carafes d’eau Solán de Cabras. Mais le cœur battant de l’Espérance, c’est son long comptoir en étain où circulent une énergie communicative et des plats très emballants.
Des assiettes profilées et kiffantes comme ce ris de veau posé sur des cocos de Paimpol et mouillé d’une dézinguante bisque de tourteau (28 €), une rustique tarte à l’oignon et anchois presque pissaladière en entrée (12€ la part) ; une sérieuse salade de chou rave, pommes aux crevettes séchées, aigre-douce en hommage à celle à la papaye verte du Cambodge, chère aux origines du chef (12 €) ; ou en dessert, une ténébriste tarte au chocolat et caramel passée au chalumeau pour la rendre baveuse (9 €). A boire, des cocktails écrits au feutre sur miroir (dont un americano, 9€) et des vins naturels dont un Mataburro blanc (à partir de 7€ le verre) et des quilles dès (seulement) 24€.
Les appétits haut perchés sur tabourets fixes, les nouveaux foodies pointus de l’Est parisien et les vieux de la vieille qui ont connu les grandes heures de Aux deux amis (snif).
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