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Critique
Un peu de permanence dans un monde shooté à la nouveauté et à l’éphémère, comme ça fait du bien ! Prenez Mokonuts, en une décennie, le décor n’a pas bougé d’un iota : un alignement de bouteilles, des livres, dans la cuisine ouverte, Omar Koreitem, concentré, qui popote tandis qu’en salle Moko Hirayama s’active (quand elle ne s’occupe pas du sucré).
Si le couple a essaimé dans le quartier (Mocoloco) cette salle de poche d’une vingtaine de places, occupées par des convives très anglophones (résa indispensable et compliquée !), reste leur QG de cœur et fut un véritable pionnier des coffee shops gourmands. Seul changement : le petit déjeuner se prend désormais chez Mokochaya, Mokonuts n’ouvrant qu’au déjeuner.
La carte, aussi réduite que le local et rassurante que l’atmosphère, conserve vivace cette philosophie de plats voyageurs (un peu de Liban, un peu de Japon, beaucoup de France) ancrés dans la saison, où l’équilibre reste la boussole gourmande. Comme dans cet œuf mollet et ces cèpes poêlés, caressés par une crème automnale d’une suavité extraordinaire ; ce thon blanc juste saisi, subtilement titillé par une sauce verte aux anchois ; ou ce lieu jaune et ces cocos de Paimpol, là encore stratosphérisés par une sauce pilpil à l’acidité maîtrisée. On termine avec les desserts de Moko, une délicate tarte aux figues et pâte au sésame et, bien sûr, ces désormais mythiques cookies (chocolat, yuzu et gingembre). La douceur reste une valeur refuge !
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