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Critique
Derrière Saint-Michel, se cache une intrigante porte rouge miniature. On dirait le sas d’accès d’une villa hobbit, c’est en fait celui d’un izakaya silencieux qui joue à cache-cache avec le tumulte des passants dans une ancienne cave de poutres et de pierres. À l’intérieur, s’imbriquent des comptoirs de bois clair où faire tenir tout juste une équipe de foot (sans les remplaçants).
On s’y installe façon Tetris pour un gueuleton nippon bien troussé. Bandana enroulé autour de la tête, le chef Ryota Suzuki (ancien de chez Abri) chantourne, au dej, une formule à 21€ qui jure avec les rapports qualité/prix scabreux du quartier. Après une soupe miso et un zensai (petit hors d’oeuvre de haricots verts-thon), est servi avec le sourire un plat pour appétits dimensionnés comme la porte d’entrée : assortiment de tranches de poisson cru, bar, saumon, thon, toro en degradé de couleur avec son -vrai- wasabi, ou poulet frit karaage et salade verte voire chirashi pour quelques euros de plus. En supplément dessert, on ajoute une pimpante mousse choco-yuzu sous une poire confite au whisky japonais (9 €). Le soir, à la carte, le chef passe en mode super saiyan et envoie des kamehameha: croquettes fondantes à la crème et chair de crabe (12 €), morue charbonnière au miso (19 €), sushis et sashimi sans afféteries (25-29 €)...
A boire, de sacrés sakés, chauds ou tièdes, venus des quatre coins de l’archipel: d’Akita à Gifu, en passant par Yamaguchi (9-17 € les 12cl) mais aussi quelques vins dès 8 €. Muku, c’est le Japon dans un mouchoir de poche.
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