[category]
[title]

Critique
Raide dingue de la Thaïlande depuis toute petite, Anne Coppin a écrit des livres de recettes et des guides de voyage sur le pays d’Apichatpong Weerasethakul (bien penser à respirer en le disant) avant de se lancer. Chez Naam (l’eau en thaï), avec son conjoint Franck, elle met en pratique ses nombreuses expériences en cuisine dans les restos du pays, des stands de rue aux tables gastro. L’endroit ? Une cantoche de quartier (qui existe aussi à Lille) accrochée en haut de la pente de Belleville, pas plus grande qu’un pot à offrandes bouddhiste, avec pochettes de disque folklo-rétro au mur, vaisselle amoncelée et fourneaux bouillonnants qui embuent la vitrine.
Au menu, des classiques de diverses régions du Siam régalent au premier regard. Ce soir-là, en entrée, on s’envoie un jovial som tam, salade de papaye verte aux cacahuètes grillées et piment originaire de l’Isan, région frontalière du Cambodge (10 €). Puis deux plats de curry sincères et calfeutrants : un sudiste massaman nuea au boeuf confit, lait de coco, épices douces et tamarin à écoper d’une galette feuilletée poêlée minute aux influences indiennes (25 €) ; et le nam ya, kiffant curry jaune végé et gentiment relevé de la région de Phuket (24 €). En dessert, le kluai sakou, soupe au lait de coco et tapioca, sucre le bec mais pas trop (8 €) et on boit des softs chiadés comme le reste : boissons maison à l’hibiscus, au tamarin ou au coing du Bengale (5,5 €) et plus de quelques vins en biody (dès 6 € le verre).
Les plats changent au gré des voyages de la cheffe mais sont tous animés du même feu sacré. A noter: les deux siamophiles vont ouvrir bientôt une deuxième adresse vers Bastille consacrée au clay pot, ces petites marmites à mijotage en terre cuite. Bref, Naam on n’aime.
Discover Time Out original video