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Critique
On pourrait croire que ce Parcelles existait avant le cadastre avec ses atours de bistrot centenaire (casson, comptoir cuivré) à peine modernisé par des pierres grattées, des suspensions industrielles et des grands miroirs. Sa population de touristes fines gueules (Américains, Canadiens, Japonais…) et ses réservations compliquées confirment qu’il est de tous les guides.
En réalité, Parcelles date de 2021 quand Sarah Michielsen (ancienne du Temps au Temps à l’éééépoque) et le sommelier Bastien Fidelin (passé par le Saint Sébastien et désormais parti chercher du goulot ailleurs) ont repris feu le Taxi Jaune d’Otis Lebert et son épicerie en face. Le décor bouge à peine mais la carte des vins prend son envol pour devenir une des plus belles de Paris. Un livre de cave enluminé du meilleur du nature notamment en Champagne (Valérie Frison, Flavien Nowack, Adrien Dhondt) ou en Bourgogne (Bruno Clavelier, Julien Guillot, Florence Arnoux-Lachaux…)
Et pour accompagner ces vins d’exception, qu’est-ce qu’on mange ? Une cuisine bistronomique lisible, brillante et pas donnée, portée par Emmanuel Perrot venu de Des Terres : tête de veau sauce gribiche, ris de veau au beurre noisette… Ce midi-là, on entame avec une délicatesse de langoustines crues juste habillées d’épices et alanguies sur un tronçon de poireau, avant une belle côte de cochon rosée qui fait umami-ami avec une aubergine au miso. Et le dessert hyper-gourmand, figues confites et glace à la feuille de figuier sur un shortbread qui se gorge de sirop de fruit, prouve qu’il n’y a pas besoin de prouesses pâtissières pour se régaler. Bref, Parcelles n’a toujours pas été exproprié du podium des meilleurs bistrots de Paris.
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