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Critique
L’adresse avait été Pastore, table rigoureusement sicilienne, la voilà devenue Patsy, où le menu - signe des temps - met de l’eau dans sa Botte et assume une cuisine fusion sinon cosmopolite, au moins pan-méditerranéenne. Le nom du resto signifie benêt en argot italo-américain, mais la cuisine de Vasyl Andrusyshyn, chef russo-ukrainien élevé en Italie et passé par l’Assagio (et Pastore), se montre carrément futée avec une vraie maîtrise des textures et des sauces.
La preuve avec cette formule déjeuner (à 38 €, par personne, pas donnée) apportée avec diligence par Alexandre Bongibault, ancien d’Eels et associé dans l’affaire : topinambours rôtis et noisettes torréfiées alanguis sur une sauce au gorgonzola et café ; agneau rosé végétalisé par une mojo verde des Canaries avec une purée de céleri plus satinée qu'un kimono de SCH, et un tiramisu recomposé avec une glace café et une gelée d’amaretto. Patsy n’est pas construit sur un cimetière indien mais sur une vaste cave, ce qui permet de proposer une carte de vins joufflue en ping-pong avec l’Italie : alsacien Complantation de Marcel Deiss (55 €) ; piémontais Derthona de Claudio Mariotto (62 €) ou luxueux Barolo Cascina Fontana (218 €). Le soir, la carte s’étoffe mais reste sur une proposition entrée/plat/dessert. Patsy s’avère une plaisante surprise dans la catégorie de la bistronomie voyageuse où fêter quelque chose !
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