C’est le genre d’emplacement que l’on croyait réservé aux boutiques de prêt-à-porter et aux agences bancaires. À la surprise générale, une immense librairie indépendante de 500 mètres carrés (la plus grande de la capitale), Ici, s’est implantée fin 2018 à la sortie du métro Grands Boulevards. Le pari était risqué, il est réussi.
Sur deux étages, l’établissement ouvert par Delphine Bouétard et Anne-Laure Vial propose une vaste sélection d’ouvrages – 75 000 refs allant de la littérature générale aux mangas en passant par les sciences humaines et la cuisine – mais aussi du bon café, que l’on peut savourer à l’une des quelques tables installées au rez-de-chaussée. C’est joli, c’est cosy, et une fois passé à la caisse, on résiste difficilement à la tentation de s’attarder un peu, pour feuilleter ses achats en dégustant un latte chaud.
Les choix des libraires, signalés par de petites notices manuscrites, sont visiblement l’œuvre de vrais passionnés. Loin de se contenter de mettre en avant les derniers bouquins à la mode, ils attirent l’œil sur des titres originaux et donnent des idées enthousiasmantes. Cela fait d’Ici le lieu idéal pour trouver un cadeau à la dernière minute, et ce d’autant plus que la boutique, ouverte jusqu’à 20h, dispose d’un vaste rayon papeterie, où l’on trouve – c’est assez rare pour être souligné – des cartes de très bon goût.
Seul bémol : en décidant d’être généraliste, l’établissement s’oblige à faire des choix dans chaque catégorie, et ne peut donc...
De la rue, impossible de rater la façade d’un orange électrique plus 70’s qu’un clip d’ABBA. Après l’historique Salatim (et ses schnitzels de légende) puis son annexe Maafim, voilà la troisième adresse de Yariv Berreby, qui continue de tirer le fil (à la pâte) de la boulange franco-juive. Du labo enfariné sortent belles miches au levain, croûte assez épaisse, acidité tangible, farine digeste et une gamme de viennoiseries alléchantes bien dans l’époque (mais pas de pâtisseries) : brioche à la fleur d’oranger à portionner, croissant bicolore et excellent roulé à la cannelle feuilleté avec cet irrésistible fourrage caramélisé à la cuisson.
Venez – surtout – pour les produits typiquement juifs, comme la toujours excellente hallah tressée dodue comme un pouf, les pitas bien moelleuses, natures ou coiffés d’un mélange de zaatar et huile d’olive pour un snack salé express. Sans oublier la babka, dont Yariv régalait Paris avant tout le monde. Du bon boulot, simple, sans prétention, mais qui ravit à toute heure.
Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Sandra Mielenhausen et son compagnon Nicolas Rozier-Chabert ont lâché leurs jobs dans la com et le marketing pour lancer en septembre 2019 Plaq. Une chocolaterie immaculée jouant la carte de l'épure et de la transparence, tant dans le design du spot que dans le packaging des tablettes, ultra-graphique. “C'est un vrai parti pris, explique Nicolas. Traditionnellement, la chocolaterie est un lieu inaccessible, mystérieux, caché. Et la fabrication du chocolat un secret jalousement gardé.” Eux ont eu envie de tout montrer, de démystifier, en donnant à voir à qui veut la chaîne du chocolat dans son ensemble. Au mur, une affiche stylisée reproduit les grandes étapes, tandis que sous nos yeux ébahis les petites mains coupent les cabosses ou enfournent les fèves dans le four.
Ancré rue du Nil, dans la rue des gourmets parisiens (à quelques numéros de Terroirs d’Avenir et du super torréfacteur L’Arbre à Café), leur atelier/boutique tout en poutres blanchies et baies vitrées séduit une clientèle adepte du bean to bar – littéralement “de la fève à la tablette”. “C'est une petite tendance mondiale, nous éclaire Sandra. Aujourd'hui, on est de plus en plus nombreux à vouloir sourcer et torréfier nous-même les fèves, qu'on va ensuite toaster et concasser pour fabriquer le beurre de cacao.” Eh oui ! Du fait du lourd investissement en temps et machines, la plupart des artisans chocolatiers parisiens se contentent d'être des chocolatiers assembleurs. Et achètent directement à de grandes...
Mais comme c’est malin ! Jade Genin, fille de Jacques Genin, boss des cabosses (lui-même pas mal cabossé par la vie), a ouvert sa première boutique à un jet de M&M’s de celle de Cédric Grolet et sa file d’attente format Disneyland. Si vous n’avez pas envie de poser une journée de RTT pour un croissant, poussez donc la porte de cette lumineuse joaillerie à chocolat, tout en blancheur, transparence et dorure.
Après avoir coupé avec le barreau (elle fut avocate d’affaires) et le daron (elle a bossé deux ans à sa boutique rue de Turenne), Jade Genin a tracé sa voie, s’est investie dans l’asso contre les violences en cuisine de Manon Fleury et a développé sa propre collection, sensible et pointue, de douceurs cacaotées. Pointue littéralement puisque ses créations sorties du labo vitré de la boutique sont en forme de pyramide, en écho à l’obélisque et au quartier (heureusement qu’elle n'est pas installée à Bourse…) mais aussi par des saveurs voyageuses pas croquées partout : incroyable ganache iodée à l’algue nori ou au gingembre électrisant, sapide praliné au sésame noir ou à l’avoine et zaatar… Des bouchées suaves, précises et subtiles, toujours à l’équilibre. Bien dans son époque, la chocolatière pratique un sourcing carré (fruits bio, recettes de saison, fèves Mayan Red travaillées par Xoco Gourmet) et limite au max l'utilisation de produits animaux. La boîte (en métal doré) de 15 pyramidions s’affiche à 15 €, pas donné mais à la hauteur de la qualité de ces produits. Et...
A l'origine (2008), Terroirs d’Avenir fournissait les chefs en produits ultra frais, se fournissant en direct auprès des artisans producteurs les plus quali de l'Hexagone.Aujourd'hui, ce sont huit boutiques parisiennes, ouvertes au grand public, concentrées dans trois rues. La première, historique (notre préférée, celle où on peut croiser le chef Piège !) planque au cœur du Sentier. Centre névralgique, son épicerie-primeur aux étals débordant de légumes et fruits; avec, à quelques numéros de là, une boucherie, une poissonnerie... Et tout au bout, une boulangerie délivrant pains et viennoiseries à base de farines bio et moulues sur pierre.En 2017, trois autres échoppes à miam ouvrent dans le 11ème arrondissement, au 71, 82 et 84 rue Jean-Pierre-Timbaud. Suivis en 2018 d'une épicerie, sise non loin, au 5 de la rue Paul Bert. On aime tellement qu'on pourrait y passer nos journées.
Oubliez les dépôts-ventes poussiéreux et hors de prix. Bobby Second Hand met un coup de pied dans la fashion fourmilière et propose de véritables bombes accessibles à toutes les bourses, tout en squattant bien au chaud un espace hypercool.
À première vue, on se croirait dans une friperie branchouille de Paris. Que nenni : à quelques enjambées du métro Sentier, Bobby Second Hand est une caverne d’Ali Baba de deux étages au je-ne-sais-quoi de tropical jonchée de déco rigolote et de lampes en papier japonaises. Un joyeux bordel dans lequel l’espace est bourré à craquer de portants hommes et femmes pour toi, plus moi, plus tous ceux qui veulent.
Nina, la (jeune) fondatrice du lieu, nous explique en toute détente qu’elle ne trouvait jamais son bonheur dans les dépôts-ventes classiques. Son offre, ultradiverse, est tout sauf snob : des pièces de saison, pas forcément griffées mais toujours mode avec une pincée de vintage. Chaussures, jupes, robes, sacs, maillots, chapeaux, lunettes de soleil, vestes… Impossible de ne pas trouver son bonheur dans le choix de Nina, qui s’étale dans cet espace gigantesque baigné de lumière et qui nous fait nous sentir comme à la maison, en beaucoup plus vaste.
Si l’on ne devait emporter qu’une pièce :
Sus aux robes de petites marques de l’année dernière, genre Sandro, pour 60 euros.
Le quartier Étienne Marcel n’est pas connu pour ses boutiques bon marché, loin de là. Créateurs branchés et adresses pointues y sont légion, au grand dam des modeux fauchés. Ce coin de Paris reste pourtant la destination idéale pour faire du lèche-vitrine et fuir la maigre imagination des grandes enseignes. L’ouverture de la friperie Kiliwatch avait, il y a quelques années, enfoncé le clou en vendant du seconde main à prix d’or. C’est pourtant cette même rue Tiquetonne que la chaîne néerlandaise Episode a choisi pour installer sa succursale parisienne en 2009. Comme dans toute friperie digne de ce nom, on y trouve robes des années 80, sacs en cuir, bottes, jupes, jeans, etc.
Là où Episode se distingue des autres, c’est par l’organisation de son magasin : ici, on fouille comme ailleurs, mais c’est ordonné, et les vêtements sont rangés par genre. Les prix y sont raisonnables : environ 10-15 euros pour une chemise ou 30-40 euros pour un manteau fourré type militaire qui vous tiendra largement l’hiver. Episode, c’est aussi la friperie où on fonce quand on a une envie particulière qui devient obsessionnelle. Contrairement aux friperies habituelles où on a intérêt à acheter direct la pièce qui nous plaît, même une fourrure en plein mois d’août, sous peine de ne plus jamais en dénicher une aussi cool quand la température dégringole, le large stock Episode répond à tous nos caprices de hipsters en un clin d’œil. Grand avantage de cette bonne adresse aussi, les hommes ne sont pas...
Le quartier de la rue Saint-Denis, dit « le Sentier », est principalement occupé par les grossistes en vêtements ou en fournitures liées à cette industrie. Le passage du Caire n’y échappe pas. Vestes en faux léopard, robe de soirée made in China et breloques en toc, en gros ou au détail, voilà ce que vous pourrez trouver dans ses allées.
Le passage le plus long de Paris (370 mètres en tout) est dans un état déplorable, presqu’aucune décoration ne subsiste au sol et la verrière semble bien délabrée. Mais il y règne tout de même une ambiance particulière, que l’on ne retrouve que dans les allées lumineuses et calmes des passages parisiens, où le bruit de la ville semble bien loin.Ne manquez pas la façade du bâtiment place du Caire. Là où on verrait normalement des cariatides drapées d’une toge, elle arbore l’effigie de la déesse égyptienne Hathor, des frises semblant tout droit venues des bords du Nil et des colonnes à chapiteau en forme de lotus. La façade du passage vaut à elle seule le détour.
Ils ont leur boutique dans le Passage du Caire : en grande majorité des grossistes en vêtements.
Quelque part entre la friperie et le dépôt-vente de luxe, on trouve dans les multiples rayons des deux adresses parisiennes de Bobby une quantité impressionnante de vêtements et accessoires de seconde main, bien souvent issus de grandes maisons de la mode et du luxe. L’accumulation fait qu’il faudra faire l’effort de fouiller pour trouver la pépite ancienne ou étonnamment récente à un prix raisonnable, à moins que vous ne convoitiez l’un des it-bags de luxe en vitrine derrière les caisses. L’impressionnant rythme de ventes fait aussi de Bobby l’endroit idéal pour mettre en dépôt les belles pièces de votre vestiaire (sous réserve d’acceptation des équipes de l’enseigne, qui savent très bien ce que leurs clients recherchent en ce moment), si vous n’avez pas la force de négocier avec les acheteurs de Vinted.
Souvenez-vous de cette course-poursuite incongrue dans le film Zazie dans le Métro (Louis Malle, 1960). Elle se déroule en partie dans le Passage du Grand Cerf. La petite fille espiègle court entre les passerelles en fer forgé qui relient chaque côté du passage puis en suivant les formes arrondies dessinées par les mosaïques sol. Le personnage, imaginé par Raymond Queneau, nous emmène également jusque sur les toits du bâtiment. Avec une verrière qui s’élève à 12 mètres de hauteur le Passage du Grand Cerf est le plus haut de Paris. Trait d’union entre la rue Saint-Denis et la rue Dussoubs, il contraste avec son voisin le Passage du Bourg-l’Abbé, plus exigu et sombre.
Au cœur du très commerçant quartier Montorgueil, à deux pas des Halles, s’est construite une sorte de « deuxième génération » de passages réalisés après la Restauration dans le Paris industrieux. La première génération étant celle des passages dédiés à la flânerie et au lèche-vitrine comme la Galerie Vivienne. Laissé à l’abandon pendant près d’un siècle le Passage du Grand Cerf dû fermer pendant quelques temps car sa verrière était devenue dangereuse. Par chance, il a été repris. Des travaux de réhabilitation ont restitué son esprit d’origine. Attention, le passage est fermé le dimanche.
Ils ont leur boutique Passage du Grand Cerf : Lil Weasel, As'art, Rickshaw, Dear Boutique & Dearest...
Un e-mail que vous allez vraiment aimer
🙌 Génial! Vous êtes inscrit!
Merci de vous être inscrit! N'oubliez pas de jeter un œil dans votre boîte mail, pour découvrir très bientôt votre première newsletter!
En entrant votre adresse mail, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre politique de confidentialité et de recevoir les emails de Time Out à propos de l'actualité, évents, offres et promotionnelles de nos partenaires.
🙌 Génial! Vous êtes inscrit!
Merci de vous être inscrit! N'oubliez pas de jeter un œil dans votre boîte mail, pour découvrir très bientôt votre première newsletter!