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Ces artistes dont on veut entendre partout la musique en 2026

Dans cette liste, on a mêlé les contrées stylistiques – le rap trône mais le R&B, la pop ou le rock sont là aussi – et les niveaux de notoriété, même si la plupart sont au début de leur ascension.

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
et
Smael Bouaici
LinLin
© Hugo Roux
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Il est temps de ressortir notre boule de cristal ! Après avoir causé des concerts les plus attendus, place aux artistes qu’on espère voir se déployer dans vos playlists en 2026. Dans cette liste, on a mêlé les contrées stylistiques – le rap trône mais le R&B, la pop, le jazz ou le rock sont là aussi – et les niveaux de notoriété, même si la plupart sont au début de leur ascension. Pourquoi ces noms ? Parce que chacune à leur manière – oui, il n’y a que des femmes – amène un propos, une aura ou une DA qui rendra 2026 plus belle. Tout simplement.

LinLin

Vous connaissez notre amour pour Ino Casablanca, eh bien sachez qu’en plus d’avoir sorti deux projets qui nous ont estomaqués, le rappeur nous a permis de découvrir LinLin sur leur feat « Blicksy ». Une artiste dont les premiers titres remontent à 2023 (oui, on est un peu en retard), au style tellement typique : il faut écouter son abrasif morceau « 925 », sorti sur son label Punk Records – le nom dit beaucoup –, pour capter le délire LinLin : une hybridation des styles avec autant des synthés lasers en intro, du chant, du rap, et une aura et attitude messianiques. « Moi j'veux prendre le monde », lâche LinLin pour commencer le morceau. Tout est dit.

Shinobihana

Qu’on l’aime bien le karaté de Shinobihana. Après quelques titres dévoilés ces deux dernières années, la rappeuse originaire du 94, petite sœur de la « Trap Mama » Le Juiice, sortait son premier projet Big Slime Sensei en octobre dernier. Sur six titres, Shinobihana présente un univers pas fâché avec le grand écart stylistique et l’expérimentation, avec des ambiances trap ou drum’n’bass, du rap ou du chant. Dans une interview avec Sephora Haze sur Rinse, Shinobihana parle de quête pour décrire son parcours et sa manière d’être, et c’est un peu ça, ce projet : une manière de créer instinctive et l’envie de voir où ce mantra la mènera. S/O pour cette pochette killbillesque et les déclinaisons confiées à des artistes particulièrement doués. « Shino, c’est une nouvelle era », dit-elle dans « Shinobi100 », on ne lui souhaite que ça.

Lynn

Depuis le 16 janvier et la sortie de son premier album La vie me va si bien, c’est acté : Lynn a déjà marqué 2026 de son sceau. Portée par une voix (en français et en anglais) de cantatrice soul des temps modernes, la chanteuse val-de-marnaise de 25 ans y déploie un projet aux confins du genre, mais aussi du jazz, du R&B ou (un peu) du rap, et dont les classieuses orchestrations le placent dans les pas de certaines fresques des années 1970 qu’elles font transpirer dans une tangible contemporanéité. Une ambiance ouatée dans laquelle Lynn est en pleine introspection, comme en « confesse », évoquant toxicité, solitude ou manque. On perçoit le bénéfice de ce disque et c’est ce qui le rend spécial. On finira par parler de la magnifique pochette réalisée par l’artiste photographe/peintre Kasaito : on y voit Lynn, habillée d’une robe à la traîne infinie, portant une coiffe démesurée en forme de couronne sculpturale. Ça lui va si bien.

Arøne

Il n’aura suffi que de quelques secondes aux gens présents à son concert du Grünt Festival pour s’en rendre compte : Arøne a un potentiel de star. Sous son alias acronymique, la Bretonne rappe autant qu’elle chante bien, pose sur toutes les teintes et tempos de la pop, et accompagne ses auditeurs aussi bien en balade qu’en noce. Au-delà de la forme, il y a ce fond chez Arøne, avec un projet Drama animique, qu’on perçoit comme une façon de se reconnecter à ses émotions et envies, pointant et mettant à distance les traumas et… les connards.

32

Fans de numérologie et de rap ? Il va falloir vous pencher sur 32. Apparue sur les radars fin 2024, la rappeuse narbonnaise a vite fait son trou, enchaînant les sons – dont ce feat avec Jade à l’instru surpuissante– avant un live avec Encore une autre aux platines au Grünt Festival. Faut dire qu’elle a un sacré truc, avec ce flow lancinant sur les prods à haute teneur en basses bidouillés de Birdschippin, une dégaine Y2K, une attitude nonchalante au possible et un empouvoirement à chaque ligne. Sans oublier un sens de la formule très développé, comme sur le titre « En pirate » : « Ton rappeur préféré le soir / y s’prend des fessées / et sa femme lui demande tous les jours / où il jette son blé. » C’était notre tuyau pour parier sur le bon numéro cette année. 

Sheng

En rentrant chez nous ce dimanche soir 16 mars 2025, on s’est félicité de s’être motivé pour aller voir Sheng à la Maroquinerie. On y a découvert, en plus d’une performeuse née, une artiste à l’aura bienveillante et fédératrice tellement salvatrice, parfait reflet de la discographie. De ses premiers morceaux en début de décennie à son premier projet J'SUIS PAS CELLE 非你所想 dévoilé il y a un an, cette artiste franco-chinoise de 25 ans entremêle le rap et l’hyperpop dans ses fréquences les plus dansantes, tout en racontant ce qui se passe au plus profond de son cœur et de son âme : déboires amoureux, tristesse palpable, désir, bisexualité, mise en miroir de la toxicité des messieurs avec la sororité. Sans oublier une envie de célébrer sa double culture franco-chinoise, que ce soit en chantant en mandarin ou en choisissant un alias reprenant le nom de famille de sa mère. Sheng sera à la Cigale le 12 décembre 2026, autant dire qu’on a hâte d’y être. 

Juste Shani

Entre son EP Diamant Noir, son passage au Zénith avec Médine, la validation de Booba et de sacrés chiffres sur les réseaux, que l’année 2025 de Juste Shani fut belle ! Et on veut que 2026 le soit encore davantage ! Parce qu’avec la rappeuse essonnienne, on tient une figure particulière du rap game, autoproduite, et dont le parcours commencé à la fin de la décennie écoulée est enfin récompensé. Avec un charisme à faire peur au charisme, celle qui met de la « musique comme un pansement » découpe les rimes entre ego trip et mise en pièces de la concu, réelle introspection et célébration du symbole de Vénus. A ce sujet, dans Jamais, son dernier feat avec Leys, elles démontent à la volée les injonctions et comportements toxiques de leurs compères masculins à ne plus jamais tolérer. En 2026, on veut juste plus de Juste Shani.

Encore une autre

Saviez-vous qu’il existait un lien entre Booba, Grünt, la new gen, les DJ Ttristana et Claude-Emmanuelle, la Flèche d’Or et Kévin Gameiro ? Ce lien, c’est Encore une autre : en une paire d’années d’activité, la Strasbourgeoise d’origine - c'est pour ça Gameiro - a mixé aux afters des concerts du Duc et du festival de l’équipe de Jean Morel, produit pour la rappeuse narbonnaise 32, côtoyé les deux queens queers et organisé des soirées dans la salle de la rue de Bagnolet. Encore une autre fédère les gens comme peu, et on a très hâte de voir comment elle va continuer à tisser sa toile en 2026.

13Jenaya

13Jenaya n’est pas entrée dans le rap game pour sagement attendre son tour. Elle prévenait dans son titre « Nada » : « Ils peuvent pas suivre la cadence tellement j'enchaîne. » Un single qui succédait à « Italie » et précédait « TreizeMbappé » pour Booska-P et « Médusa » au mois de janvier. Toujours la même formule gagnante, flow rentre-dedans sur grosses basses trap, et gros ego étalé à coups de punchlines : 13Jenaya ne fera pas de prisonniers en 2026.

Janis

Anciennement connue sous l’alias Sliimy, qui avait vécu un (trop) soudain succès mondial avec sa reprise du « Womanizer » de Britney Spears, qui l’avait emmené jusqu’à Bercy pour la première partie de l’icône de la pop, Janis revient avec une nouvelle identité après sa transition et un nouvel album Cry With Us qui sortira au printemps. Un disque de soul électronique solaire en forme d’hommage et de célébration des communautés queers, on aura clairement besoin de ça pour équilibrer 2026.

Clara Kimera

La première fois qu’on a vu Clara Kimera en concert, c’était en 2016 à l’Espace B, avec son groupe de rock d’alors Cannery Terror. Elle était déjà au firmament de la hype et n’a depuis cessé de frayer avec cette celle-ci, bifurquant ensuite vers les teintes électroniques avec son autre groupe de l’époque Agar Agar, pour un succès critique et public. Depuis l’an dernier, Clara Kimera a commencé à sortir des sons en solo, explorant les marges de la pop électronique avec deux projets sortis avec les producteurs chéris du moment notinted et helen island. Tout ça en connectant avec les fuseaux nocturnes et le label/collectif berlinois Live From Earth. Vivement la suite et surtout une date en solo. 

Creamy G

L’an dernier, on avait déjà placé Creamy G dans notre liste d’artistes à suivre en 2025. Elle venait de sortir un projet ultra wavy et on se disait qu’elle avait tout pour briller. Finalement discrète, Creamy G est réapparue en ce début 2026 avec le morceau « Vice2Ouf », prélude d’un projet annoncé pour février. Disons-le direct, on est ouf de « Vice2Ouf », où, sur cette prod mi-kéta mi-proto de Lomi, Creamy G raconte cette solitude face au spleen (amoureux ?) qu’on a un peu toutes et tous connue. Forcément, ça donne envie d’en entendre plus.

Ile de Garde

Si vous regardez les résumés de JT les jours de manif, Nantes brille souvent par l’incandescence de ses cortèges. Le 20 février, au JT du rock indé, ce sera rebelote avec la sortie de Rage Blossom, le premier EP du trio venu de la Venise de l’Ouest Ile de Garde. En six sons, le groupe formé de Klara Coudrais, Cécile Aurégan et Morgane Poulain, respectivement au chant, aux synthés et à la batterie, usine une atmosphère cinémato-synthétique bonne à accompagner un thriller féministe. C’est à la fois entêtant, suffoquant, dansant et orageux, comme sur « Homicide volontaire », dans lequel est évoqué un meurtre avec les codes des échanges entre Christophe Hondelatte et Dominique Rizet dans Faites entrer l’accusé. Ile de Garde à vous.

Sydo

L’année dernière, la rappeuse d’Asnières se faisait remarquer avec « 2MLP », un rap emo avec son clip qui racontait une angoisse existentielle universelle. Depuis, elle a creusé le sillon sur « Changer », avant de prendre confiance sur « Belinda » : « Ils avaient pas misé sur ma tête de toubab mais ils sont choqués des scores. » Sydo bat le fer tant qu’il est chaud avec un nouveau single « 5 étoiles » et son clip fumeux tourné à Amsterdam pour bien démarrer une année 2026 où l’on risque d’entendre parler d’elle.

Flore Benguigui 

Après son départ de L’Impératrice et son passage au micro de la radio FIP entre deux DJ sets et un podcast, elle démarre 2026 avec un nouveau projet musical, Flore Benguigui & The Sensible Notes, dont le premier extrait vient tout de juste de sortir, « Didn’t I Tell You So », un titre de jazz soyeux qui laisse présager d’une année où la chanteuse sera sur tous les fronts, à commencer par un concert (déjà complet) le 25 mars au New Morning avec son trio composé de Pierre-François Maurin (contrebasse), Charles Tois (piano) et Maxime Mary (batterie) et ce motto : « C'est du jazz mais c'est marrant. »

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