Actualités

Julien Pham : “J’ai un tatouage de Raí sur le bras gauche”

Avant la finale de la Ligue des Champions, nous avons demandé à des personnalités parisiennes de raconter leur amour pour le PSG. Episode 3 avec Julien Pham.

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
Journaliste, Time Out Paris
Raí et Julien Pham
© Julien Pham | Raí et Julien Pham
Publicité

Le PSG, Julien Pham, taulier de l’agence Phamily First, du bar Chop Chop ou de la boîte à souvenirs GiftShop, l’a dans la peau – sur son bras gauche précisément, où trône le portrait de Raí, légendaire capitaine brésilien du club dans les années 1990. Un tatouage qui affirme une “identité, celle d’un banlieusard franco-vietnamien, non-parisien devenu parisien, accepté par les siens, représentant un capitaine modèle, le dépassement de soi et la vulnérabilité”. Vous avez capté : questionner Julien Pham, c’est caresser de l’intérieur du pied la passion pour un club dans ce qu’elle a de plus viscéral. Épisode 3 de notre série Âmes de Paname avec Julien Pham.

"25 avril 1998 : ma passion naît physiquement lors d’un match de lever de rideau au Parc des Princes. Mon lycée est qualifié pour la finale de l’UNSS et mes meilleurs amis, Youness, Mamoro et José, jouent ce match. On avait pu rester pour assister au match de Paris face à Monaco : le dernier match de Raí au Parc avec le maillot du PSG… Le stade entier en larmes et la chanson “Capitaine Raí” chantée par les kops, c’est le début de la contamination éternelle.

Mais avant cette communion au Parc, l'autre moment fondateur de ce début de love story, c'est le match PSG-Steaua Bucarest en août 1997. Preuve de son importance : j’ai un tatouage de Raí, fait par mon meilleur ami Yué, qui le représente pendant ce match gagné 5-0. À travers lui, j’ai voulu affirmer mon identité, celle d’un banlieusard franco-vietnamien, non-parisien devenu parisien, accepté par les siens. J’aime qu’il représente un capitaine modèle, le dépassement de soi et la vulnérabilité via ses pleurs lors de son départ. J’aime cet autre moment précis qui est figé sur mon bras, quand il met le premier but d’une remontée historique contre Bucarest, qu’il y croit encore et harangue la foule.

Julien Pham
© Julien PhamLe tatouage de Raí de Julien Pham
“Le foot et la food sont les deux langages les plus universels du monde.”

On est dans les années 1990, il fallait avoir du caractère pour supporter le PSG dans ma ville du Val-d’Oise où la majorité était pour l’OM. Ma passion s’est construite dans les moments difficiles, durant cette quinzaine d’années faite de yo-yo, de ventre mou et de désillusions. Les moments de bonheur furent rares mais intenses : la finale de Coupe de France contre Marseille, les matchs contre Twente ou Sochaux. Puis est arrivée l’ère QSI et l’apogée avec la LDC, et ce sentiment d’avoir mérité un peu de bonheur après tant de galères. 

Au-delà du PSG, le football m’a permis de m’affirmer et de trouver ma place socialement. Le foot et la food sont les deux langages les plus universels du monde. Je suis extrêmement fier de collaborer aujourd’hui avec mon club de cœur. Bizarrement, je savais que ça allait arriver. Et je suis encore plus fier qu’ils soient venus me chercher. Avoir été égérie dans une campagne, avec ma tête et mon histoire, symboliquement, c’est fort. Organiser des dîners avec le PSG, être consulté pour mon talent, c’est encore au-dessus. Et servir un steak au poivre du Bistrot Paul Bert à Jay-Jay Okocha à Tokyo, c’est le Graal.

“Je cale mes événements les soirs où il n’y a pas de match.”

Avec GiftShop, on célèbre les institutions parisiennes, et le PSG en est une. C’est une passion qui se transmet de génération en génération et qui sera encore là dans des décennies. C’est aussi un club qui célèbre la diversité, que ce soit voulu ou non. Dans ses tribunes aujourd’hui, dans son équipe pro comme dans le centre de formation. Avec Phamily First, c’est ce que je défends depuis plus de dix ans. Et avec GiftShop, j’espère collaborer prochainement avec le PSG.

Julien Pham et Jay-Jay Okocha
© Julien PhamJulien Pham et Jay-Jay Okocha

Pendant les matchs, si je ne suis pas au stade, j’aime être tranquille à la maison avec mon pote Terence et d’autres Parisiens. Je ne regarde pas les matchs avec des gens qui n’aiment pas le foot ou qui ne supportent pas le PSG. Et si je travaille, c’est très simple, quand j’ai le choix de la date, je cale mes événements les soirs où il n’y a pas de match. Je prends le calendrier de la saison et je note tous les matchs dans mon agenda.


“Pour ne jamais oublier cette souffrance, j’ai dans mon armoire un maillot floqué Apoula Edel.”

En tant que supporter de longue date, on savoure davantage car nous avons souffert. Bien plus qu’on ne le pense. Des matchs sans saveur au Parc, après deux heures de trajet et une amende dans le train. Les crises tous les ans en octobre. La simulation de Ravanelli. Les flops Semak, André Luiz, Souza et Everton. Pour ne jamais oublier cette souffrance, j’ai dans mon armoire un maillot floqué Apoula Edel. 

Je suis très fier de voir mon club au sommet aujourd’hui, avec les titres, une philosophie de jeu magnifique et des joueurs irréprochables. Mais c’est facile de se revendiquer supporter quand on gagne. On verra qui sera là quand une spirale négative arrivera. Et elle arrivera, et je serai toujours là. 

Il faut savourer l’exploit. Nous sommes en passe de marquer l’histoire du football. J’hésite encore pour l’endroit où regarder le match. Je suis superstitieux et j’aime regarder les matchs confortablement. La dernière fois que j’ai dérogé au protocole, c’était en finale du Mondial des Clubs face à Chelsea. Je suis rentré chez moi à la mi-temps. Je pense que cette année, je vais essayer d’être au Parc des Princes.”

Son objet fétiche en rapport avec le PSG :

Une carte de membre  “L’Esprit Club” de 2003. Et la tenue complète “Wings” pour bébé que j’ai achetée l’année dernière, pour, je l’espère, mon enfant dans le futur. 

Une chanson à écouter avant le coup d’envoi de la finale :

L’hymne de la Ligue des Champions est l’unique morceau acceptable.

En 2020, Julien Pham écrit un texte pour les 50 ans du club parisien, le voici (à partir de la diapositive 8).

Épisode 1 : Johanna Tordjman : “ Je suis une psychopathe du PSG !”

Épisode 2 : Mory Sacko : “J’ai connu les années de galère du PSG, qui me font d’autant plus apprécier ce qu’on vit aujourd’hui”

À la une
    Publicité