Si vous aimez manger avec les yeux, vous êtes sans doute déjà tombé sur les créations épurées et élégantes du studio culinaire The Social Food sur Instagram. En plus d’être des gourmets, Shirley Garrier et Mathieu Zouhairi sont des bourlingueurs attentifs aux détails. À l’occasion de la parution de leur livre sur les cafés en collaboration avec la Maison Nespresso, on a interviewé le duo le plus gossebo de la foodosphère.
Votre livre rassemble des photos prises partout dans le monde, avec le café en fil rouge. Depuis quand le photographiez-vous ?
« On a voulu faire un “coffee table book” très visuel, avec beaucoup d’images, pour raconter le café, son univers, ses objets et celles et ceux qui le consomment. Des thématiques reviennent souvent quand on voyage, on prend toujours la même chose en photo : les ferrys, les toilettes, et les cafés. Depuis dix ans, on a accumulé plein de photos de cafétérias au Japon, en Italie, à Singapour, à La Nouvelle-Orléans, en Grèce ou en Espagne, sans jamais savoir qu’on en ferait un livre. Alors, quand l’opportunité d’en publier un s’est présentée, on a fouillé dans nos archives et réalisé qu’on avait pas mal de matière. »
À la lecture, on mesure à quel point le café est l’une des denrées les plus mondialisées : 2,6 milliards de tasses sont bues chaque jour dans le monde. Un sujet en or pour des photographes, non ?
« Chaque pays a ses rituels, mais le café rassemble partout au petit-déjeuner. C’est un moment très important pour nous : la lumière du matin nous plaît beaucoup, sa douceur correspond à l’esprit de The Social Food. Pour ce livre, on est allés dans des plantations en Indonésie et on a découvert une culture villageoise, avec une vraie réflexion sur le recyclage agricole et l’usage de tous les éléments du café dans la culture des sols. De quoi suivre le café du grain à la tasse. »
Dans votre livre, on apprécie aussi la variété des préparations du café : chaud, froid, sucré, salé, servi en tasse, en gobelet, en canette, parfois même sous forme de glace. Une boisson qui se décline de centaines de façons...
« Entre le riche café à l'œuf du Vietnam, le sobre expresso italien ou les V60 techniques dans les kissaten japonais [salons de thé et cafés rétro, ndlr], les approches sont tellement différentes d’un pays à l’autre ! Chaque café est un petit monde en soi, et c’est ça qu’on voulait capter : une atmosphère, une ambiance, un style. D’ailleurs, on ne s’est pas interdit d’intégrer d’autres boissons, comme ce verre de sirop au melon avec une boule de glace à la vanille croisé au Japon – pas très bon, mais très beau ! »
Au fond, plus qu’un livre sur le café, il s’agit d’un livre sur les cafés comme petits théâtres alimentaires ?
« Oui, on a d’ailleurs ajouté des recettes exclusives d’aliments solides, comme ces beignets inspirés de notre dernier voyage au Japon, fourrés au shiso et au cassis, ou au caramel et à la lie de saké. Au passage, on a lancé une huile d’olive infusée au café avec notre marque Olea Pia. Bref, on boit du café tous les jours, il scande nos existences : c’est une petite fraction de nos vies quotidiennes. »
The Social Food Café x Maison Nespresso, auto-édition, imprimé par Deux Ponts, 35 €
