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Critique
Après un détour réussi par les ramens chez Toy, Solal Martin-Grondard, boss des Oeillets, revient dans sa zone de confort avec ce Selma, un barav à murs grattés et cuisine pulsée pour résidents de l’est parisien pas fâchés avec leur banquier. Dans la cuisine ouverte de cette salle brouhahante, s’active Hasan Şahin Erdal, ex-chef volant qui s’est posé dans l’affaire. Il propose des assiettes à partager en accompagnement d’une érudite sélection de bouteilles nature : Languedoc Danse de St Guy d’Antony Tortul (39€) ; Jura Là-Bas de Nicolas Jacob (100€) ; ou un litron de Fins als Kullons des Espagnols de Finca Parera (45€).
Il a la chouette idée d’infuser ses souvenirs de voyages dans ses racines turques. Ça change, se montre très instagrammable (au flash et à l’argentique bien sûr), mais ça ne fait pas tout, notamment l’assaisonnement. L’assiette de légumes – 3 tranches de patates et 3 de courgettes pour 11€ – dans sa soupe réduite tarhana manque de tranchant ; le croustillant des (2) beignets de fleurs de courgettes garnis de brandade prend le dessus sur le reste (16€). Ça s’arrange avec les plats : mantis (raviolis turcs) à la ricotta (24€) sauvés par une sauce aux épinards et chanterelles et un honnête pavé de lieu jaune et orzo (servi 10 minutes après l’autre plat car « tout arrive selon l’humeur du chef et tout se partage ». Ah.). En dessert unique, le puissant sorbet choco nappé de sumac et d’huile d’olive clôt un repas bien cher pour la cuisine proposée, qui gagnerait à être plus généreuse et franche.
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