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Musée Jacquemart-André • Saint Georges terrassant le dragon

Paolo Uccello, c. 1430-1435

 (Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon', c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André  - Institut de France / © C. Recoura)
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Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon', c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André - Institut de France / © C. Recoura
 (Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon' (détail), c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André  - Institut de France / © C. Recoura)
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Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon' (détail), c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André - Institut de France / © C. Recoura
 (Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon' (détail), c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André  - Institut de France / © C. Recoura)
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Paolo Uccello, 'Saint Georges terrassant le dragon' (détail), c. 1430-1435 / Paris, musée Jacquemart-André - Institut de France / © C. Recoura

Peu de musées peuvent se targuer de conserver entre leurs murs un tableau de Paolo Uccello (1397-1475), grand innovateur en matière de perspective, dont très peu d'œuvres ont survécu à l'usure du temps. Perle rare de la collection d'Edouard André et Nélie Jacquemart, ce panneau en dit long sur les recherches visuelles du Florentin. Sa composition étrange trahit un style tiraillé entre deux époques : d'un côté, une Renaissance florentine bourgeonnante qui produit encore des peintures sur fond d'or, aux constructions planes et sans épaisseur, et de l'autre, une Haute Renaissance qui pointe déjà son nez et ne va pas tarder, sous les pinceaux de Raphaël ou de Michel-Ange, à maîtriser à la perfection les proportions de la nature et de la profondeur de champ.

Avec cette curieuse interprétation de la légende de saint Georges et du dragon, Uccello s'inscrit presque littéralement entre les deux. Au premier plan, l'action, simplement dépliée à l'horizontale, se joue entre trois personnages de profil, représentés de manière très linéaire. Au centre : le dragon planté devant sa grotte, la queue en tire-bouchon. A sa gauche, la fille du roi, qu'il s'apprêtait à dévorer ; à sa droite, un saint Georges qui lui transperce la gueule avec une lance pour sauver la donzelle et délivrer la ville de l'emprise du monstre. Et puis, érigé en toile de fond : un paysage brinquebalant, qui hésite entre mise en perspective et jeux d'optique.

« Uccello use de toute une série de simulacres de façon à donner la suggestion de la profondeur. Sur le côté gauche du tableau, on est face à une perspective expérimentale : les champs, les chemins qui les traversent, les monuments et les arbres ne respectent pas des proportions objectives, explique Nicolas Sainte-Fare Garnot, conservateur au musée. De l'autre côté, il y a au contraire une vraie perspective. La ligne d'horizon se dessine, à plat, dans le lointain. Les éléments représentés n'ont pas subi de déformation optique et plus on s'éloigne, plus ils deviennent petits. » Synthèse des efforts d'Uccello dans sa quête de la bonne perspective, en définitive « ce tableau propose, à gauche, une vision archaïque de la peinture et à droite, une vision moderne ».


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