Si, walkman et jean neige, vous vous promeniez à Belleville en 1987, il y avait déjà un bon raidillon à grimper, déjà le Baratin et déjà Lao Siam ! Quarante ans plus tard, tout a changé mais rien n'a changé. La cantine ouverte par la famille Souksavanh exilée du Laos tient toujours le pavé, passée du statut de boui-boui à celui d'institution. Les trois frères, Fred, Nicolas et Alexandre ont repris l'affaire des parents, rajouté du superflu (de la merch, un livre de recettes), gonflé un peu les prix mais conservé l'essentiel : une carte à rallonge et à l'ancienne où se mêlent des plats de Thaïlande, de Chine et du Viêt Nam (reconnaissables aux lettres T, C et V sur le menu) : Tigre qui Pleure, riz cantonais et porc char siu, bo bun… Une profusion qui fait un peu désordre en 2026.
Sous le regard indifférent des poissons rouges dans leur aquarium, on décide d'opter pour les recettes typiquement laotiennes (précédées d'un S, comme spécialités) avec des crackers de riz à tartiner d'une redoutable sauce curry à la crevette et au porc haché, avant un Mou nam tok, une grillade de porc mariné au bon goût fumé, à plonger dans une sauce au tamarin et escortée de riz gluant. Sur le versant glucidique, on repère un mystère (qui fut longtemps et pour une raison inconnue le dessert de tous les restos asiatiques de Paris) mais on choisit un « rubis » au lait de coco et gelée de fruits, plus coloré qu'une tenue d'Eurovision et vraiment très (trop) sucré. En conclusion, voilà une adresse...