Ronronnante institution de la Bastoche, cette brasserie ouverte en 1864 par Frédéric Bofinger -premier Alsacien à servir des bières pression !- continue d’envoyer de la choucroute, faisant fi du désamour de Paris pour ce roboratif festin de saucisses (on ne compte plus les brasseries rhabillées façon bouillon). Sous la verrière et sur les banquettes Art nouveau (classées), les tables à touche-touche se pressent dans une atmosphère qui aurait botté Sautet. Sur les bras des garçons équilibristes lancés au petit trot, frétillants fruits de mer, flammekueche fumante et autre forêt-noire circulent avec vélocité.
Pour les budgets tenus, le menu Bofinger aux petits oignons (39,50 €) promet de faire sauter les crans de ceinture : terrine de canard au poivre vert – ou burrata et bouquet d’herbes bien vue –, puis la vedette du lieu, une plantureuse choucroute alsacienne sur plaque chauffante, combinant chou acidulé finement épicé, trio de saucisses (au cumin, blanche, de Strasbourg) et tranche de poitrine. Un superbe bombance charcutière avant, histoire d’enterrer le summer body pour de bon, une hénaurme île flottante au caramel laitier et pécan au goût de guimauve.
Pour l’hydratation, la lager infusée au houblon strisselspalt alsacien coule à flots, ainsi que les vins du Haut et Bas-Rhin de Gustave Lorentz, des crus bien plus conventionnels que ceux servis à la Grande Brasserie en face. Bref, du solide, du sapide et de l’apparat, Bofinger offre tout ce qu’on attend d’une institution parisienne !

