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Critique
La dernière fois qu’on avait vu Nazareno Mayol Curti, il était tout sourire et de noir vêtu pour recevoir le « prix spécial du turfu » aux Time Out Food & Drink Awards 2025. Un prix caréné pour ce prodige de 29 ans, qui a fait des étincelles chez Mauro Colagreco, David Toutain ou Fulgurances. Et le revoilà, quelques mois plus tard, à inaugurer, avec sa complice Mara Ballester, Eme, son adresse chic aux ambitions ouvertement gastronomiques.
Murs gris (colorés de quelques œuvres de Mara), parquet clair et jazz en fond donnent le ton : voilà une table sérieuse, limite compassée, où Nazareno ne cuisine pas pour amuser la galerie.
La formule midi en 5 étapes à 65 € (le soir, celle en 9 monte à 115 €) montre ses plus convaincantes réussites quand le chef va creuser autour de ses racines uruguayennes : éclatante gaufrette de peau de poulet et ail noir escortant un bouillon de champignon ; étonnant pain au gras de canard cuit au barbecue ; ou tropicale Saint-Jacques au lait d’amande et combava. Mais d’autres étapes peinent à soulever l’enthousiasme comme ce pigeon (certes parfaitement rosé) escorté d’une palette de purée d’ail noir, de quinoa frit, de cèpe, de purée de persil brûlé… un peu confuse à vouloir trop en faire. La petite carte des vins concentre de belles références de vins propres : Pouilly-Fuissé du Château des Rontets (95 €) ; Loire Fief de Chaintre de Jean-Baptiste Hardy (65 €)… Bref, une adresse prometteuse qui va vraiment trouver ses marques quand la cuisine, très carrée techniquement, arrondira les angles avec plus de fantaisie.
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