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Critique
Le nom Eupatoria 5 fait forcément dresser l’oreille des habitants de longue date de ce bout de 20ᵉ. Ils ont à coup sûr reconnu l’adresse de l’ancienne brocante/buvette clandé où feue Eva Pritsky, coiffure platine et voix rauque, recevait au milieu des meubles en formica et des soupières vintage. Mais, en 2022 le ménage par le vide avait été fait lors de sa transformation en galerie d'art sous la direction de Leiris Javault. C’est cet esprit minimaliste que prolonge le restaurant ouvert par Hakim Lainceur, aidé par Surpriz. Étagères de bouteilles accrochées sur murs grattés, belle terrasse au pied de Notre-Dame-de-la-Croix et vaste cuisine ouverte où Basile Eidel (passé par Top Chef et qu’on avait bien aimé chez Boucan) propose des assiettes d’inspiration grecque. On se croirait dans une taverna de Petralona à Athènes !
Pour partager à l’apéritif : beignets de courgettes ; tarama maison ou tzatzíki à l’huile de sarriette à tartiner sur un bon pain au sésame… Voulant faire comme un dîner, on opte plutôt pour une assiette de gros haricots blancs impeccablement cuits et réveillés par du citron et de la poutargue avant un poulpe grillé se rafraichissant les ventouses dans une splendeur d’ajo blanco hellène (le skordalia). En dessert, une chimère franco-grecque séduisante : une crème brûlée à l’ouzo !
Les vins, faisant bizarrement l’impasse sur la Grèce, proposent un petit tour des vins propres hexagonaux à l’écart des grandes stars : rhône fruité de Sylvain Thevenet (37€), savoie de Gilles Berlioz (58€), loire Les Errances (32€). À noter que le lieu fait aussi caviste et il faut alors retirer 8€ de droit de bouchon. Eupatoria 5, le bon numéro des apéros !
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