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Critique
Mischief se traduit par sottise, espièglerie, gaminerie, mais le deuxième restaurant d’Erica Paredes (Reyna) avance un concept très sérieux : réinventer la cuisine réconfortante de sa jeunesse. On imagine que, dans le joli cadre signé ArtPill – murs terracotta, large comptoir inox sertissant la cuisine ouverte –, la cheffe voudrait rejouer la scène de Ratatouille où Anton Ego retombe en enfance à la première bouchée.
Ravioles de langoustine, réinterprétation du phò ou côte de bœuf en croûte de roquefort… Première constatation : la lecture de la carte laisse penser qu’on n’a pas tous eu la même enfance ! On entame avec une assiette de frites de polenta colorées par une poudre de cheddar pour une version gastronomique du Cheetos. Idée rigolote et gourmande mais lassante à la longue. Ça aurait été parfait en amuse-bouche (11 €). Puis un honnête duo de baos garnis d’huîtres panées sous une mayo pimentée au gochujang, avant le graphique plat de résistance : un poulet frit sur un tapis orange de sauce butter chicken. Un mix indien/coréen inédit et bien réalisé (chair marinée, panure croustillante, sauce veloutée) mais sans subtilité ni émotion. À accumuler les doudous dans l’assiette, la cheffe se perd en route…
Le dessert, un mochi au maïs chapeauté de caramel et d’un espuma de maïs, fonctionne nettement mieux. Chaque cuillère évoque bien le pop-corn de l’enfance avant le début du film. Au final, une adresse originale mais qui gagnerait à se laisser aller sur l’espièglerie pour vraiment tenir sa promesse.
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