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Critique
Existe-t-il une population plus labile, plus prompte à se lasser de ses idoles que celle des cuisinomanes ? En 2014, Dersou faisait se pâmer fines gueules et guides avec ses accords mets et mini-cocktails bluffants. Après le suicide du chef Taku Sekine fin 2020, l’adresse disparaît brusquement des radars, fuie par une hype plus superstitieuse qu’un équipage de marins bretons.
Changement dans la continuité en 2025, suite à une vente qui ne s’est pas faite ! Le restaurant, toujours porté par Amaury Guyot, se rebaptise Ouzala (clin d’œil au Dersou Ouzala d’Akira Kurosawa). Le décor de murs grattés, vieux plancher et bois patiné reste au rendez-vous. Derrière le long comptoir, Alexander Southward (passé par l’ancien Cheval d’Or) demeure lui aussi fidèle aux fourneaux avec une bistrote enlevée.
Ce samedi midi d’hiver, dans une formule pas donnée (30 €), on harponne une douceur de velouté de topinambours gastronomisé par un condiment à la noisette, avant un honnête poulet (fermier) rôti sur un lit d’endives braisées. En dessert, le riz au lait manque de mordant (dommage). On accompagne ces assiettes de cocktails aussi twistés que pas chers (Negroni à la gentiane à 9 €) ou de vins propres tirés d’une courte carte (Loire, Domaine de l’Écu à 37 € ; Languedoc, Binner à 38 €).
Si Ouzala ne va pas révolutionner, lui, la carte du ventre parisien, l’adresse reste un honnête arrêt sur le faubourg Saint-Antoine plutôt chiche dans ce domaine.
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