Les 50 meilleurs films d'horreur : de 20 à 11

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20

La Malédiction (1976)

de Richard Donner, avec Gregory Peck et Lee Remick

L’avantage des films sur Satan et sa progéniture, c’est qu’on peut s’y permettre à peu près n'importe quoi. 'La Malédiction' (‘The Omen’) ne déroge pas à la règle, avec, entre autres, une nounou glaçante accompagné d’un rottweiler maléfique, un prêtre empalé par le paratonnerre d’une église, tout un tas de babouins au comportement étrange, et surtout, une scène de décapitation absolument culte, filmée sous plusieurs angles et au ralenti. Comme beaucoup de films d’horreur, le premier long métrage de Richard Donner ne fut pas particulièrement bien accueilli par la critique à sa sortie, mais il est désormais considéré comme un classique du genre. La légende raconte d'ailleurs que le film lui-même était maudit : d’étranges événements à répétition frappèrent plusieurs membres de l’équipe ; quant à la femme du réalisateur, elle fut décapitée dans un accident de voiture peu de temps après la fin du tournage...

19

Evil Dead 2 (1987)

de Sam Raimi, avec Bruce Campbell et Sarah Berry

Rares sont les suites de film capables d’égaler leur prédécesseur. Or, dans le cas d’'Evil Dead 2’, beaucoup de gens ignorent même l’existence du premier opus tant celui-ci le surpasse. Loin d’être une suite, le deuxième 'Evil Dead' de Sam Raimi est une version améliorée, beaucoup plus efficace, de celui de 1981 : en moins de dix minutes, les personnages principaux sont soit morts, soit possédés, soit les deux. Le premier long métrage de Raimi offrait déjà son lot de blagues, mais son objectif principal restait malgré tout de choquer les spectateurs – faut-il rappeler la scène du viol dans les bois ? Ici, on sent au contraire l’influence des carrières de Raimi et Campbell, qui alternaient alors entre courts métrages d’horreur et films à sketches. Le résultat est un mélange désopilant de flots d’hémoglobine et de comédie – qui réussit aussi bien sur chacun des deux tableaux. Alors qu’yeux et moignons volent dans tous les sens, le gag le plus mémorable reste sans doute celui où Campbell, partiellement possédé, se livre à une séance de slapstick hallucinante, attaqué par sa propre main. Sans oublier la scène où notre héros cherche désespérement à se débarrasser de la tête de sa défunte petite amie, péniblement accrochée à son poignet – redonnant alors tout son sens à l'adjectif « têtu ».

18

Audition (1999)

de Takashi Miike, avec Ryo Ishibashi, Eihi Shiina et Jun Kunimura

Le meilleur film d’horreur japonais des temps modernes, vous diront certains. Un producteur de cinéma veuf décide, sur les conseils de son fils et de son meilleur ami, de chercher une nouvelle femme. Afin de trouver la compagne idéale, il organise un faux casting, tombant rapidement sous le charme de la douce et mystérieuse Asami. Le seul problème, c’est que la délicate jeune fille fut en réalité violée et torturée lorsqu’elle était enfant, et semble éprouver quelques difficultés à faire confiance aux hommes. Après une première moitié penchant plutôt du côté du drame sentimental, ‘Audition’ adopte dans ses dernières séquences une narration schizophrène, déployant une tension sournoise et inexorable. Jusqu’à la scène finale, où l’on assiste à une séance de torture-acupuncture particulièrement crispante, pimentée par l’utilisation d’un fil à scier spécial moignons. Comme quoi finalement, être célibataire, ce n’est pas si mal.

17

La Maison du diable (1963)

de Robert Wise, avec Julie Harris, Claire Bloom et Richard Johnson

Ce long métrage de 1963 est sans doute la quintessence même du film de maison hantée ; voire, Martin Scorsese déclara qu'il s'agissait pour lui du plus effrayant jamais réalisé. Le Dr Markway (Richard Johnson), anthropologue, enquête sur des activités paranormales autour d'une pierre tombale, près d'un édifice gothique de la Nouvelle-Angleterre. Jadis, l'épouse du premier propriétaire des lieux mourut en y pénétrant. On devine la suite. Plus tard, le docteur découvre donc la maison, accompagné de deux jeunes femmes à tendance psychotique : la sympathique Theo (qui possède l'une des plus belles garde-robes jamais vue, conçue par la couturière Mary Quant), et l'angoissée Nell, qui se retrouve vite l'attraction principale des fantômes de la demeure. Le réalisateur britannique Robert Weiss réussit ici un chef-d'œuvre de suggestion : nous n'apercevons pas le moindre fantôme, mais sa diabolique caméra parvient à faire d'une sculpture, sur une porte en bois, un spectacle plus effrayant que n'importe quel type de maquillage ou d'effet spécial.

16

Le Loup-Garou de Londres (1981)

de John Landis, avec David Naughton, Jenny Agutter et Griffin Dunne

Ce qui paraît le plus brillant, dans ce thriller lycanthrope de John Landis, c'est la fabuleuse manière dont il bascule en un clin d'œil de la comédie burlesque à la terreur macabre, et vice versa. On y retrouve le génie du maquillage Rick Baker, quelques-uns des monstres les plus choquants et inventifs du cinéma d'horreur (ah, ces zombies nazis...), et une sélection d'enfer de classiques FM – sans même parler de Jenny Agutter en tenue d'infirmière... Autant dire, pas vraiment étonnant que le film se place si haut dans notre classement. A sa suite, le cinéma d'horreur parodique deviendra un genre prolifique, dont Landis – déjà réalisateur de comédies comme 'Hamburger Film Sandwich' et 'The Blues Brothers' – restera avec ce long métrage l'une des références essentielles. Et nul doute, en effet, qu'il s'agit là du sommet de sa carrière.

15

Carrie (1976)

de Brian De Palma, avec Sissy Spacek, Piper Laurie et Amy Irving

Jonglant de manière virtuose entre rêverie adolescente et séquences de pure horreur, ‘Carrie’ fait partie de ces chefs-d’œuvre cinématographiques qui dépassent amplement les limites d’un seul genre. Brian De Palma réalisa cette adaptation deux ans seulement après la parution du premier roman de Stephen King, pour en faire un classique instantané, sublimé par la musique de Pino Donaggio et, bien sûr, l’interprétation magistrale de Sissy Spacek. Difficile en effet d’imaginer qu’au début, De Palma ne voulait pas de la jeune actrice, cheveux de feu et regard corrosif, inégalable dans le rôle de l’adolescente martyrisée par ses camarades de classe comme par sa fanatique religieuse de mère. Passant en une fraction de seconde du statut de petite chose fragile à celui de vengeresse implacable, Spacek livre ici la performance de sa carrière, recouverte de faux sang de porc – en réalité, un mélange de sirop de maïs et de colorants –, inspirant des déguisements d’Halloween pour plusieurs générations. Et l’on a beau connaître la scène du bal par cœur, jusqu’à la dernière seconde, on continue de prier, en vain, pour que ce satané seau ne tombe...

14

Les Innocents (1961)

de Jack Clayton, avec Deborah Kerr, Michael Redgrave, Pamela Franklin

Adapté du roman de Henry James 'Le Tour d'écrou' (1898), 'Les Innocents' est ici coiffé au poteau par 'Ne vous retournez pas' de Nicolas Roeg (n°12), comme meilleur film d'horreur britannique de notre liste. De l'œuvre de Jack Clayton, Martin Scorsese dira pourtant combien elle fut « conçue et interprétée avec délicatesse, impeccablement tournée… et terriblement effrayante ». Deborah Kerr y incarne Miss Giddens, la nouvelle gouvernante de deux orphelins : la nièce et le neveu du riche et puissant Michael Redgrave, auxquels on donnerait le bon Dieu sans confession. Pourtant, lorsque le garçon se voit renvoyé de l'école pour sa mauvaise influence sur ses camarades, Miss Giddens se persuade que les gamins ont été possédés par les esprits d'un couple d'amants défunts – leur précédente gouvernante et un ancien valet. Le sont-ils réellement ? Ou s'agit-il seulement des fantasmes délirants d'une célibataire frigide ? Jusqu'au bout, le film joue à merveille sur cette ambiguïté. Il n'est guère surprenant que François Truffaut ait donc qualifié ces 'Innocents' de « meilleur film britannique » après le départ d'Hitchcock en Amérique.

13

La Nuit des morts-vivants (1968)

de George A. Romero, avec Duane Jones, Judith O'Dea, Marilyn Eastman

C’est ici que commença le cinéma d’horreur des temps modernes. Tourné en 1968, le film culte à petit budget de Romero ouvrit en effet la piste à tous les autres, y compris Wes Craven ('La Dernière Maison sur la gauche'), David Cronenberg ('Frissons'), Tobe Hopper ('Massacre à la tronçonneuse') ou encore Sam Raimi ('Evil Dead'). L’histoire est classique : isolé dans un coin reculé de campagne, un groupe de personnes se retrouve assailli par des mangeurs de cerveaux toujours plus nombreux. Mais caractérisé par une approche radicalement subversive, un nihilisme social viscéral et un militantisme anti-Vietnam enragé, ce film de zombie révolutionnaire piétine allègrement toutes les règles, tabous et conventions préalablement établis : l’acteur principal, afro-américain, finit abattu par la police (celle-ci l’ayant pris pour un zombie) lors du générique de fin. Ainsi, si Romero réalisa par la suite d’autres films de zombies (‘Dawn of the Dead’, ‘Day of the Dead’, ‘Land of the Dead’), aucun d’entre eux ne parvint à égaler celui-ci.

12

Ne vous retournez pas (1973)

de Nicolas Roeg, avec Donald Sutherland et Julie Christie

Dans le peloton de tête de notre classement figure donc 'Ne vous retournez pas', délire onirique et hallucinatoire mis en scène par Nicolas Roeg en 1973, d'après la nouvelle éponyme de la romancière britannique Daphné du Maurier. Le film suit l'histoire d'un couple, joué par Julie Christie et Donald Sutherland qui, suite à la mort accidentelle de leur fille par noyade dans un lac en Angleterre, profite d'une opportunité professionnelle pour s'enfuir dans la mystérieuse ville de Venise. Beaucoup de choses peuvent être à l'origine de son succès... Le film parvient à la fois à remplir tous les critères du genre fantastique et à combler les adeptes du cinéma d'art et d'essai. Il utilise le cadrage, le son, le montage et le mouvement de la caméra pour construire un conte fascinant autour de personnages terriblement réalistes. Il ose attirer par la ruse les fantômes tapis dans les innombrables canaux de Venise, et donne probablement à voir l'une des plus belles scènes d'amour jamais filmées... Ou alors, disons simplement qu'il s'agit d'un film magnifique, dont la moindre image regorge de sens, d'émotion et de mystère, et qui reste le couronnement d'un des plus grands iconoclastes et maîtres du cinéma britannique.

11

Les Dents de la mer (1975)

de Steven Spielberg, avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss

'Les Dents de la mer' a beau être devenu l'archétype du blockbuster estival, autant que la matrice de tous les 'Piranha 3D' sortis depuis (le film d'Alexandre Aja étant d'ailleurs également une réussite, dont on s'est laissé dire que Jean-Luc Godard lui-même était fan), le long métrage de Steven Spielberg n'est pas non plus sans rappeler les grandes fresques marines d'un Conrad ou d'un Melville... Sauf qu'il fait de son Moby Dick un requin d'une intelligence redoutable, perverse et sanguinaire, qui terrorise (et dévore goulûment) les joyeux touristes d'une petite station balnéaire. On connaît l'histoire ; bientôt, Roy Scheider, Richard Dreyfuss et Robert Shaw partent à l'assaut du thalassoraptor... Evidemment, depuis 1975, Spielberg a souvent succombé à la guimauve, au tape-à-l'œil facile, voire à des détournements honteux de ses propres œuvres (l'impardonnable 'Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal') et, du coup, paraît souvent un tantinet surestimé. Pourtant, il serait regrettable d'oublier l'immense maîtrise du suspense dont ses premiers films témoignent. Reprenant ici le thème général (et assez kafkaïen) d'un harcèlement absurde et meurtrier (déjà à l'œuvre dans 'Duel', en 1971, dans lequel un automobiliste se retrouvait pourchassé pendant deux heures par un semi-remorque sans qu'il parvienne jamais à comprendre pourquoi), Spielberg orchestre une tension dramatique mémorable, montée en puissance qui convoque par moments une maestria toute hitchcockienne. A l'époque, le futur réalisateur de 'Rencontres du troisième type' n'a que 29 ans – c'est ce qu'on appelle un génie précoce...

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