Les 50 meilleurs films d'horreur : de 50 à 41

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50

Vampyr (1932)

de Carl Theodor Dreyer, avec Julian West, Jan Hieronimko et Sybille Schmitz

Produit en 1932 par le baron Nicolas de Gunzburg (qui, sous le pseudonyme de Julian West, en interprète le rôle principal), 'Vampyr' fait suite, dans la filmographie de Dreyer, à sa célèbre 'Passion de Jeanne d'Arc'. Adapté de deux nouvelles de l'Irlandais Sheridan Le Fanu, le film suit l’aventure d'un jeune homme, David Gray, en visite au village de Courtempierre (France), hanté par de biens étranges habitants – avec, pour certains, deux curieux petits points rouges au niveau du cou. Sa réalisation singulière, ‘Vampyr’ la tient de l’époque-charnière où il se situe dans l'histoire du cinéma : ainsi, Dreyer y utilise simultanément des techniques du muet et du parlant (apparu en 1928), pour aboutir à une forme hybride, onirique et saisissante. Intertitres, illustrations musicales, dialogues parlés, silences et bruitages répondent aux jeux de surimpressions et de contrastes du cinéaste, tout comme à la photographie brumeuse de Rudolph Maté. Selon Dreyer, il s’agissait pour lui de « réaliser un rêve éveillé, et de montrer que l’horreur ne se trouve pas autour de nous, mais à l’intérieur même de nos inconscients » : inquiétante étrangeté qui se traduit, visuellement, par des scènes hallucinées, souvent stupéfiantes, où l’on peut voir des ombres valser dans un grenier vide, ou adopter la vue subjective d’un mort, transporté dans son cercueil.

49

L'Au-delà (1981)

de Lucio Fulci, avec Katherine MacColl et David Warbeck

Hors des salles d’expositions ou d’art et d’essai, l’horreur est le seul genre cinématographique où le surréalisme le plus débridé soit non seulement acceptable, mais même fortement apprécié – et à cet égard, il existe peu d’exemples graphiquement comparables aux bains de sang louisianais de ce film du cinéaste italien Lucio Fulci. L’intrigue de base est assez classique : une jeune femme hérite d’un hôtel dont elle découvre qu’il fut construit au-dessus d’une des sept portes de l’enfer (laquelle, manque de bol, se trouve avoir été ouverte). Enfin, tout cela n’est qu’un prétexte, un simple cadre narratif au sein duquel Fulci va tout faire pour bouleverser et horrifier ses spectateurs : des visages fondent inexplicablement, des tarentules viennent arracher des langues humaines, des zombies sortent de terre et des globes oculaires sont arrachés sans vergogne. Le résultat est sans doute le film le plus cauchemardesque de toute cette liste, une véritable descente dans les profondeurs du non-sens, et une horreur imprévisible, belle et terrifiante comme le dard dressé d’un scorpion furieux.

48

Kwaidan (1964)

de Masaki Kobayashi, avec Tatsuya Nakadai, Rentarô Mikuni et Michiyo Aratama

Inspirées de contes traditionnels japonais et tournées dans de superbes décors peints à la main, ces quatre histoires (de femmes aux cheveux corbeau, de spectres sensuels, de moines aveugles et chantant, ou de samouraïs fantomatiques) servirent de matrice à bien des productions postérieures au Pays du soleil levant. La femme éternellement jeune du premier segment (’Les Cheveux noirs’) préfigure en particulier les nombreuses héroïnes aux cheveux de jais et aux visages pâles des films de J-horror modernes – par exemple, ‘The Ring’ (1998). Chez Kobayashi, l’utilisation de la couleur, très stylisée, tend vers le symbolisme bien plus que vers le naturalisme. Ajoutez à cela la musique avant-gardiste de Toru Takemitsu (incorporant des éléments concrets et des samples de sons naturels), et vous obtiendrez une atmosphère habilement hantée, et quelques fantastiques frissons.

47

Les Diaboliques (1955)

de Henri-Georges Clouzot, avec Véra Clouzot et Simone Signoret

Il est commun de dire que la France se révèlerait incapable de donner dans le cinéma de genre. Si le terme est discutable (car d’abord, qu'est-ce qu'un « genre » ?), il est pourtant difficile d'oublier l'œuvre de cinéastes comme Franju, Verneuil, et surtout Clouzot, dont la contribution au septième art est époustouflante… ‘L'assassin habite au 21’, ‘Le Corbeau’ et ‘Quai des Orfèvres’ sont des classiques du thriller/polar, ‘Le Salaire de la peur’ un stupéfiant film d'action/suspense (dont le remake par William Friedkin, ‘Sorcerer’, est également estomaquant), et ce ‘Diaboliques’ un miracle de thriller dramatico-fantastique. Prenant pour décor une école pour garçons, ‘Les Diaboliques’ suit le complot de deux femmes pour se débarrasser de Michel, mari de l'une des deux et amant de l'autre, abusif et méprisant. L'assassinat réussit. Pourtant, sur une photo de classe, le visage du mari défunt apparaît dans le fond... Une atmosphère que le cinéma fantastique japonais récent ne renierait pas, mais Clouzot évite les effets et s'appuie essentiellement sur sa fragile et magnifique actrice principale, sa propre femme, Véra Clouzot. Les yeux habités de peur, elle est secondée par une Simone Signoret reptilienne, et le mari défunt joué par un Paul Meurisse brillant, utilisant avec virtuosité son regard froid, imperturbable. Délicieusement insidieuse, la mise en scène de Clouzot plonge sa Véra – et le spectateur – dans un cauchemar dont la résolution par un Charles Vanel goguenard ne dilue pas l'effroi. A noter qu'on y croise également un jeune Michel Serrault, et que l'un des enfants figurants n'est autre que... Johnny Hallyday !

46

Les Diables (1971)

de Ken Russell, avec Oliver Reed et Vanessa Redgrave

Entre d’autres mains, la sauvage théâtralité des ‘Diables’, histoire de persécution au XVIIe siècle en France (inspirée par l’affaire des possédées de Loudun), aurait tout simplement pu tourner au défouloir hystérico-gore. Au fond, ce qui est génial dans ‘Les Diables’, c’est précisément que le réalisateur Ken Russell (qui dirigera quelques années plus tard ‘Tommy’, l’opéra-rock des Who) parvient à créer, en marge de son atmosphère de folie furieuse, une réelle sensation de claustrophobie et d’anxiété – notamment due à la performance toute en retenue (en tout cas, comparée à la frénésie qui l’entoure) d’Oliver Reed. Ainsi, lorsque son personnage, le Père Grandier, se retrouve soumis à la torture, le spectateur éprouve toute l’horreur de la corruption religieuse et des caprices de l’Inquisition. Ceci dit, ‘Les Diables’ est aussi incroyablement jouissif, de la scénographie immense et écrasante de Derek Jarman à la performance de Vanessa Redgrave (‘Blow-Up’), en religieuse vulnérable et possédée. Un film à revoir, ne serait-ce qu’en hommage à Ken Russell, décédé récemment (novembre 2011).

45

Les Frissons de l'angoisse (1975)

de Dario Argento, avec David Hemmings et Daria Nicolodi

Les fans d’Argento se divisent généralement en deux catégories : ceux qui préfèrent ses films giallo – genre italien entre l’horreur et le policier –, et ceux qui ne se lassent pas de son surréalisme rêveur post-’Suspiria’. ‘Les Frissons de l'angoisse’ ('Profondo rosso' – « rouge profond » en VO) a l’avantage de mettre tout le monde d’accord, alliant une intrigue simple et puissante à des scènes de meurtre formidablement expressionnistes. Macha Méril y fait une apparition éclair en voyante terrorisée, mais la force du film réside surtout dans son duo principal – David Hemmings et Daria Nicolodi, particulièrement sympathiques en détectives amateurs sur la piste d’un tueur en série. ‘Les Frissons de l'angoisse’ reste ainsi sans doute le film le plus délectable d’Argento, s’attaquant à la masculinité italienne avec une désinvolture jouissive, et offrant des scènes d’effroi parmi les plus loufoques du genre, accompagnées d’une bande-son prog-rock complètement absurde signée par le groupe italien Goblin.

44

L'Heure du loup (1967)

d'Ingmar Bergman, avec Max von Sydow et Liv Ullmann

Difficile ici de retrouver l’acteur-fétiche de Bergman, Max von Sydow, en artiste torturé sans se souvenir de sa performance autoparodique en peintre misanthrope, dans ‘Hannah et ses sœurs’ de Woody Allen (1986). Hormis cela, ‘L’Heure du loup’ est on ne peut plus sérieux et angoissant : le réel et l’imaginaire s’y confondent en permanence et, tandis que les démons intimes de l’artiste malade prennent le contrôle du film, sa femme (Liv Ullmann) commence à sombrer dans une névrose assez complète. Conçu en même temps que le superbe ‘Persona’ (dont les thèmes sont extrêmement proches : duplicité, création, retrait, folie...), cet unique film d’horreur du réalisateur suédois est un cauchemar gothique où des monstres marchent sur les murs, et dans lequel de vicieux flashbacks viennent troubler un récit parcouru de visions de malaise (dont une, tétanisante, montrant le héros luttant contre un enfant-vampire sur une musique à vous rendre totalement schizophrène). Fantastique et habité – d’autant plus lorsqu’on sait que ‘L’Heure du loup’ s’inspire de la propre dépression nerveuse de Bergman, au milieu des années 1960.

43

Le Locataire (1976)

de Roman Polanski, avec lui-même et Isabelle Adjani

Dans ‘Rosemary’s Baby’, Roman Polanski faisait dire au personnage de Mia Farrow : « Cela existe, les gens qui vous veulent du mal, n’est-ce pas ? » Avec ‘Le Locataire’, parfait écho au film susmentionné, le réalisateur reprend ce thème de la paranoïa et fait de nouveau d’un immeuble le lieu central de l’action, sorte de petite société totalitaire où tout le monde surveille tout le monde. Certains critiques évoqueront d’ailleurs une « trilogie de l’appartement », puisque ‘Répulsion’ s’inscrit dans la même lignée. En adaptant un roman génial de Roland Topor, ‘Le Locataire chimérique’, et en prenant un point de départ trivial, les querelles de voisinages, Polanski laisse ici libre cours à ses démons habituels dans une veine toujours aussi subtile et terrifiante. Tout un symbole : le cinéaste joue lui-même le rôle du personnage principal, un petit immigré d’Europe centrale harcelé par ses voisins pour d’absurdes motifs kafkaïens. Et quand ce timide locataire dit au sujet de ses voisins : « Des choses idiotes s’enveniment et prennent d’énormes proportions », c’est finalement tout le sel de la mise en scène de Polanski qui est soudain décrit en une courte phrase.

42

Le Voyeur (1960)

de Michael Powell, avec Karlheinz Böhm, Moira Shearer et Anna Massey

Réalisé la même année que ‘Psychose’ (autre film sur un type solitaire et salement dérangé), ce long métrage marqua un assez net coup d’arrêt à la carrière de Michael Powell, réalisateur fameux, à l’époque, pour quelques grands classiques du cinéma britannique d’après-guerre (‘Une question de vie ou  de mort’, ‘Le Narcisse noir’, ‘Les Chaussons rouges’), co-réalisés avec Emeric Pressburger. L’histoire du ‘Voyeur’ est celle de Mark Lewis (Karl Böhm), cinéaste, photographe érotique à ses heures, que l’on découvre bientôt également tueur en série – sa caméra cachant une arme pour piéger et assassiner de jeunes femmes. A sa sortie en Grande-Bretagne, le film fut vilipendé pour ses dialogues de prostituées, pour ses scènes de semi-nudité, alors que sa modernité réside bien ailleurs : dans son propos, où la caméra est une prédatrice, et où nous-mêmes, en tant que spectateurs, participons d’une transformation de la vie privée en divertissement meurtrier. Ce ‘Peeping Tom’ (en VO) est le ‘Jack l’éventreur' d’aujourd’hui. Toute caméra est une goule. Voilà un grand film d’horreur sur l’horreur même du cinéma.

41

Evil Dead (1981)

de Sam Raimi, avec Bruce Campbell et Ellen Sandweiss

Si ‘Massacre à la tronçonneuse’ avait déjà prouvé qu’une vieille caméra et un peu d’imagination pouvaient suffire à engranger des recettes phénoménales, le premier long métrage de Sam Raimi, en 1981, redonna un sérieux coup de fouet au genre des films d’horreur faits maison. ‘The Evil Dead’ fut en effet réalisé avec un budget minuscule par Raimi et ses amis d’enfance, le producteur Robert Tapert et l’acteur Bruce Campbell, adaptant leur propre court métrage ‘Within The Woods’. Résultat : un film d’horreur désormais culte, à la fois drôle, angoissant et férocement original. On y retrouve, entre autres, des scènes de possession, des zombies, et même des arbres violeurs (si, si). Alors bien sûr, les acteurs sont loin d’être oscarisables, et les effets spéciaux ont pris un bon coup de vieux. Mais la scène où Cheryl, première victime du film, se fait violer par des branches diaboliques reste l’une des plus vicieuseusement inventives du genre. En plus d’une source d’inspiration pour tout réalisateur débutant, ‘The Evil Dead’ demeure donc à ce jour un hommage retentissant au do it yourself, et au pouvoir incontestable du ketchup et de la pâte à modeler.

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L’avis des utilisateurs

7 comments

Le meilleur film d'horreur c EST     Candyman


d(ailleurs ya le remake  en 2014

Eric
Eric

Dommage qu'il manque à cette pourtant longue liste : le Nosferatu de Herzog, Shocker, Braindead, quelques vrais films de vampire ?, dont certains films avec Christopher Lee (tout de même), d'autres avec Bela Lugosi ! (quel oubli !!), et aussi Chucky, un vendredi 13. Et puis je rajouterai finalement aussi Orange mécanique.

Pissed_off
Pissed_off

C'est assez irritant, à chaque fois qu'une critique est faite du film Evil dead (l'original) sur le net, de retrouver les mêmes poncifs sur l'humour soi-disant présent dans le film. A croire que les critiques en viennent à confondre le premier avec les 2 suivants. Non, Evil dead n'est pas drôle, n'a pas du tout vocation à amuser, et si ce n'est quelques blagues entre les protagonistes lors du court premier acte (c'est à dire le quota standard de tout film d'horreur), il n'y a pas trace d'humour dans le film. Ce film est terrifiant, pas ou très peu drôle (en tous cas pas dans son intention, même si les vieux effets peuvent amuser mais c'est bien tout). La dimension texaveryenne de cette saga ne prend son envol qu'à partir du deuxième, qui opte pour un ton plus ambigu, pas avant ! Alors par pitié cessez d'employer l'adjectif "drôle" dès que vous commentez ce film. Ce n'est pas lui rendre hommage que de le vendre comme quelque chose qu'il n'est pas, cela donne l'impression de n'avoir vu que les épisodes 2 et 3 de la saga. C'est à peu près aussi pertinent que de dire que l'Exorciste est une comédie musicale...

Ranshin
Ranshin

je reste mitigé sur les choix du classement ! Certains Titres ont vraiment leur place, d'autres absolument pas, et je ne peux aussi que déplorer l'absence de certains.. comme déjà écrit dans les commentaires, et je m'insurge, Cannibal holocauste n'a vraiment rien d'un film d'horreur.. archi gore et immorale je veux bien.. mais pas d'horreur ! il n'a pas sa place dans cette liste, tout comme hostel ;) Le cinéma d'horreur ne se résume pas a des flot d’hémoglobine et des kilomètres de boyaux. le gore n’effraie pas.. ca me donne juste envie de manger des knackis. Ce n'est que mon avis, mais cette liste, même si pas exhaustive, est beaucoup trop axée sur l'horreur "sanguin" oubliant un little trop un cote de l'horreur, magnifiquement mise en scène par les japonnais : L'Horreur Psychologique ! oui c'est vrai que Psychose ou shining sont présent, mais ou sont Ring, Black Water, Kairo, the grudge, qui nouent les vicaires au gré des secondes s’écoulant ? (je parle bien-sur des versions japonaises et pas des versions americano-bisounours) je pardonne l'absence de Bad taste et de Braindead qui a mon sens sont plus gore qu'horrifiant :) et un grand merci de ne pas avoir mis Horribilis!!!!! xD

Phil2aaa
Phil2aaa

Et pas de Dracula de coppola avec le meilleur Dracula de tout les temps joue par Gary oldman

viktor
viktor

Des excellents films et d'infames navets dans ce classement, mais la définition de "film d'horreur" est surtout très large. Fantastique (Frankenstein), science-fiction (Alien)... on n'est pas dans l'horreur juste parce qu'il y a des morts violentes et bizarres. Les Dents de la Mer est plus dans la tendance "film catastrophe" des 70s avec un monstre comme accident naturel. Ceci dit un machin aussi mauvais ET ignoble que Cannibal Holocaust n'a sa place dans aucun classement supposé faire découvrir des films dignes d'intérêt.

frutaplanta
frutaplanta

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