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Les meilleurs films de 2015

Bilan de l'année 2015 au cinéma

En marge de nos collections de films français, de films d'amour, d'horreur ou de science-fiction, découvrez ici notre bilan des 20 meilleurs films de l'année 2015 selon nos critiques.

Les meilleurs films de 2015

1

Cemetery of Splendour

Que les amateurs du cinéma d’Apichatpong Weerasethakul se réjouissent : ‘Cemetery of Splendour’ prolonge avec autant de poésie que de cohérence l’œuvre du Thaïlandais, recroisant avec une impeccable maîtrise formelle les thèmes fétiches d’‘Oncle Boonmee’ (Palme d’or à Cannes en 2010) ou de ‘Tropical Malady’. Dans un hôpital de fortune perdu dans la jungle thaï, des dizaines de soldats semblent frappés d’une étrange narcolepsie, qui les fait roupiller pendant des jours, des semaines, des mois… Suivant le quotidien de ce centre médical, le long métrage s’attache bientôt à une jeune médium, seule capable d’entrer en contact avec les âmes des militaires assoupis, et à une infirmière plus âgée – non dénuées l’une comme l’autre d’un certain sens de l’humour.

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2

Au-delà des montagnes (Mountains May Depart)

Faisant suite à la colère jouissive, comique et contemporaine de ’A Touch of sin’, ce nouveau film de Jia Zhang-ke apparaît comme son complément formel, son double inversé : embrassant cette fois la course du temps sur trois époques et une trentaine d’années, ‘Mountains my depart’ se teinte, au fur et à mesure, d’une mélancolie non seulement individuelle, mais aussi collective, générationnelle, culturelle. Le récit débute en 1999. À l’aube du XXIe siècle, un triangle amoureux se dessine entre une jeune femme et deux hommes. Mais on est loin de 'Jules et Jim'... Écartelée entre le premier de ces prétendants, Lianzi, ouvrier doux et réservé, et le second, Zang, jeune affairiste profitant des opportunités du capitalisme émergeant en Chine, Tao – l’héroïne interprétée par la muse et compagne du cinéaste, Zhao Tao – va devoir faire un choix. De celui-ci naîtra un enfant, bientôt baptisé Dollar. On vous laisse deviner lequel des deux hommes en est le père...

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3

Réalité

A force d’absurde, Quentin Dupieux a su se faire un non. Un non ferme, comme celui de « non-sens », de ‘Nonfilm’, son très confidentiel premier long métrage, et du « no reason » expédié en ouverture de ‘Rubber’. Une négation absolue des logiques de narration traditionnelles, que le réalisateur a répétée tel un mantra tout au long du triptyque irréel conclu par ‘Wrong Cops’, et qu’il semble aujourd’hui avoir eu envie de taire avec son dernier ‘Réalité’. Non pas que Dupieux ait abandonné sa...

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4

Victoria

Alors que le plan-séquence bidonné d'un 'Birdman' passionnait les cinéphiles (mais pas les foules si l'on en croit ses entrées) à partir d'une histoire sans intérêt et nombriliste, 'Victoria' s'impose comme son antidote. Véritable plan-séquence réalisé sans trucages, le film étire ses 2h25 sans faillir et nous emmène avec lui, le spectateur devenant un protagoniste de plus qui ne quittera jamais les personnages principaux. Ici, pas de mise en abyme du cinéma sur lui-même, mais un...

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5

Listen Up Philip

Au cinéma, les misanthropes ont toujours la côte. Et pour cause ! Que ce soit Jean Yanne dans ‘Que la bête meure’ ou Jack Nicholson dans ‘As Good As It Gets’, les vrais salauds sont (la morale nous pardonnera ce jugement qui ne peut bien valoir qu’au cinéma ou en politique) les plus beaux êtres qui puissent être. Fabuleux affabulateurs, culpabilisateurs sans faille, atroces cœurs de pierre dont l’ethos a moins de valeurs qu’un bouquet de ronces, ces personnages maléfiques portent...

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6

Les Mille Et Une Nuits

On vous aura prévenus : ‘Les Mille Et Une Nuits’ restera l’un des films les plus importants de l’année. Labyrinthique à souhait, bordélique, imparfait, bricolé, certes ; mais plus contemporain – et original ! – qu’à peu près tout ce qu’on aura pu voir depuis… bah, depuis assez longtemps, en fait (pour faire vite, disons au moins depuis ‘Adieu au langage’, il y a un peu plus d’un an). L’idée de base de cet enchevêtrement de récits à tiroirs, qui se croisent, s’entremêlent, se superposent...

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7

Mad Max : Fury Road

Ce quatrième épisode de la remuante saga post-apocalyptique de George Miller arrive en salles comme une tornade s’invitant dans un salon de thé. Alors que pas mal de blockbusters manquent d’ambition ou même d’un vrai propos, voilà un film qui rançonne 150 millions de dollars à Warner Bros pour fuir dans le désert de Namibie, et envoyer à Hollywood la bande accompagnée de moignons encore fumants. Ca faisait 30 ans que la silhouette de Max Rickatansky ne s’était...

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8

Un sort pour éloigner les ténèbres

Derrière son titre énigmatique et ses airs de triptyque arty élaboré à quatre mains, le film de Ben Russell et Ben Rivers (dont on a récemment mesuré le talent dans ‘Two Years at Sea’) s’avère bien plus accessible que prévu. Contemplatif sans verser dans l’autisme d’auteur, ‘Un sort’ prend en fait rapidement des airs d’‘Into the Wild’ lo-fi, sans violons ni grandiloquence, mettant simplement en scène l’Homme et la nature. Pour nous, le...

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9

Taxi Téhéran

En 2010, le cinéaste iranien Jafar Panahi, critique vis-à-vis du régime politique de son pays, a été condamné à ne plus réaliser de films ni sortir d'Iran pour une durée de vingt ans. Après 'Ceci n'est pas un film', coréalisé l'année suivante avec Mojtaba Mirtahmasb, le réalisateur brave une nouvelle fois les autorités avec ce 'Taxi Téhéran', film malin et minimaliste, aussi drôle que courageux. Reprenant un dispositif jadis exploité par son compatriote Abbas Kiarostami dans le formidable 'Ten' (2002), Panahi transforme ici sa voiture en studio de cinéma. Sous la casquette d'un chauffeur de taxi, le cinéaste joue, entre fiction et documentaire, à interagir avec le peuple de Téhéran...

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10

L'Ombre des femmes

Enigmatique et poétique (comme souvent chez Philippe Garrel), le titre de ce nouveau long métrage, ‘L’Ombre des femmes’, prend tout son sens au fur et à mesure que le film se dévoile : celui d’un féminisme ouvert, tendre et généreux dans les relations amoureuses, où les femmes, malgré la place qui leur paraît encore trop souvent assignée au sein du couple (dans l'ombre, donc), constituent bien l’avenir de l’homme. Pierre (Stanislas Merhar) est un héros typiquement « garrelien »...

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11

Birdman

Avant, Riggan Thomson était Birdman. Un super-héros de blockbuster adulé par des millions de fans. Un homme-oiseau redoutable qui pouvait sauver le monde et faire exploser plein de trucs en un battement d’ailes. Mais ça, c’était avant. Désormais, Riggan Thomson est juste Riggan Thomson : un type lunaire et dégarni, un ex-mari ingérable, un amant pataud, un père paumé de junkie paumée (Emma Stone, touchante), et surtout un acteur ringard obsédé par sa carrière haletante, et dont le...

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12

Star Wars : le réveil de la force

Luke Skywalker a disparu… Non, non, attendez, restez ! Ce n’est pas un spoiler, c’est à peine le point de départ du texte défilant sur fond étoilé au début du générique de ce ‘Réveil de la Force’ ! D’ailleurs, rassurez-vous : la critique qui suit ne vous révélera rien de l’intrigue de ce septième épisode… Cela dit, méfiez-vous quand même, il y aurait beaucoup à spoiler avec ce film, qui prolonge de façon maline – et parfois assez bluffante – la trilogie originelle de ‘Star Wars’. Devant la cohérence que réussit à instaurer le film avec les épisodes IV, V et VI, on se dit même que si les deux suivants parviennent à un niveau de qualité comparable, on pourra définitivement oublier la prélogie (épisodes I, II et III), décousue et passablement grotesque, réalisée par George Lucas au tournant des années 2000.

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13

21 nuits avec Pattie

Au fond, il n’y a pas trente-six façons d’aborder la sexualité au cinéma. Ou bien on la montre – à la manière, plutôt suggestive et hors-champ, des ‘Contes immoraux’ de Walerian Borowczyk, ou de façon nettement plus frontale (à l’image de cette fameuse éjaculation faciale en 3D du dernier Gaspar Noé). Ou alors, deuxième possibilité, on en discute, on en parle, en passant par le langage comme médiateur du désir ; et là, ça peut aller de Jean Eustache à Harmony Korine. C’est cette seconde piste – plus subtilement orale – que suit ce nouveau film des frères Larrieu, ‘21 nuits avec Pattie’, qui s’affirme bientôt comme l’une des propositions les plus solides et enthousiasmantes du duo de cinéastes.

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14

Les Nouveaux Sauvages

L’humour a souvent du mal à passer les frontières. Pourtant, dès les premières minutes de cette cruelle satire des instincts humains, le cinéaste argentin Damián Szifron, 39 ans, réussit à inscrire son long métrage dans une dimension humoristique assez universelle. En optant pour une série de sketches (parfois inégaux) qui rappellent l’heure de gloire du genre dans l’Italie des années 1960, ‘Les Nouveaux Sauvages’ joue d’un humour ultra-noir, combinant avec aisance un net goût...

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15

The Duke of Burgundy

Après le malin ‘Berberian Sound Studio’ en 2012 (où s’affirmait déjà le goût formaliste de son réalisateur pour une certaine déconstruction suggestive des différents éléments, en l’occurrence sons et images, du médium cinéma), Peter Strickland propose avec ‘The Duke of Burgundy’ – qui tient son nom d’un fort beau papillon qu’on appelle en français la lucine – une forme narrative joueuse, provocatrice et finalement bien plus sensible qu’il n’y paraît. Apparemment, c’est une boucle que...

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16

L'Astragale

Leïla Bekhti et Reda Kateb, couple de hors-la-loi magnétiques à la fin des années 1950, pour un essai tendre et racé sur la frustration de la passion amoureuse – et un bel hommage au cinéma de la Nouvelle Vague. Avril 1957. Albertine (Leïla Bekhti), 19 ans, s’évade de la prison pour femmes où elle purge sa peine pour un hold-up et un meurtre accidentel. Lors de sa fuite, elle se fracture l’astragale, petit os du pied (au fort joli nom, incontestablement), et se voit recueillie, claudicante, par Julien (Reda Kateb), un repris de justice au grand cœur qui la cache chez une de ses amie à Paris. Mais tandis que Julien repart en province fomenter ses prochains gros coups, Albertine tente de réapprendre à marcher à Paris, se livrant peu à peu à la prostitution pour survivre...

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17

Amy

« Moi, devenir célèbre ? Je ne pense pas. Je ne pourrais pas gérer. Je crois que ça me rendrait complètement folle. » C’est le genre de propos glaçant qui émaille ce documentaire sur l’ascension et la chute tragiques d’Amy Winehouse. Avec ce film, chaudement salué à Cannes et violemment désavoué par la famille de l’artiste, Asif Kapadia, réalisateur de ‘Senna’, peint une fois de plus un portrait sensible, poignant et tout en nuances, à partir d’images préexistantes de la chanteuse. Un travail d’archives colossal, tissé avec beaucoup d’intelligence, de subtilité et de séquences filmées au téléphone portable ou au caméscope, qui saisissent à la volée quelques mots échangés sur la banquette arrière d’un taxi, les bouffées d’air englouties pendant les vacances ou les instants plus intimes – et cruels – enrobés de crack et d’aluminium.

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18

Jauja

Dès les premières secondes du nouveau long métrage de l’Argentin Lisandro Alonso (qui se révèle à la fois comme son plus accessible et son plus ambitieux), 'Jauja' est présenté comme une mythique terre promise, lointaine, au-delà d’un désert perdu au fin fond de la Patagonie, dont personne n’est jamais revenu – et où, paraît-il, pourrait résider le bonheur. Poésie décharnée, rêverie légendaire, laconisme sensuel : le film d’Alonso, merveilleusement étrange, ressemble à une...

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19

L'Image manquante

A 51 ans, Rithy Panh a des images plein la tête. Des instantanés de bonheur, mais aussi de désolation et d’horreurs. Le 17 avril 1975, le réalisateur franco-cambodgien a connu l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh, et les camps de travail à l’âge de 13 ans. Il y a d’ailleurs perdu plusieurs membres de sa famille, morts de faim ou de maladie. Hanté par son passé, tiraillé entre une enfance heureuse et une adolescence infernale, Rithy Panh a longtemps refoulé les atrocités qu’il a vues ou vécues pendant ses jeunes années. Avant de décider de mettre son art au service d’un devoir de mémoire.

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20

Trois souvenirs de ma jeunesse

Après l’escapade américaine de ‘Jimmy P. – Psychothérapie d’un Indien des Plaines’, Arnaud Desplechin revient au bercail dans sa ville natale de Roubaix, avec ces ‘Trois souvenirs de ma jeunesse’ qui fleurent bon l’autobiographie et un attachant retour du cinéaste à ses sources, entre marivaudage sentimental et roman d’apprentissage. Présenté comme un prequel à ‘Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)’ (le film qui fit connaître Desplechin au grand public en 1996), ce nouveau long-métrage balaye finalement même l’ensemble de son œuvre – ou, au moins, de la large part qui s’en trouve consacrée à son alter ego, Paul Dédalus.

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Commentaires

1 comments
zazie t
zazie t

Et Mustang ? Pour moi le meilleur film de 2015 !